Gargantua nous dévorera-t-il?

On nous annonçait récemment un projet de très grande envergure : un gazoduc de 750 km entre le nord de l’Ontario et chez nous servant à alimenter une future usine de liquéfaction de gaz et l’aménagement d’un terminal portuaire sur le Saguenay. Vue sous l’angle de notre avenir collectif — et surtout de celui de nos enfants et petits-enfants —, la nouvelle a de quoi donner froid dans le dos. Ou, pour mieux dire, de nous faire subir un coup de chaleur.

Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) le disait très clairement : nous devons réduire radicalement nos émissions de gaz à effet de serre. Il y a urgence ! Il faut avoir abaissé nos émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et les éliminer complètement d’ici 2050 pour espérer demeurer sous la barre du 1,5 °C de hausse de la température globale. Sinon, indique le même rapport, les conséquences sur tous les écosystèmes seront dramatiques.

Alors que l’heure serait à la mobilisation générale, que faisons-nous ? Nous continuons à vouloir développer de nouveaux projets pour utiliser encore plus de combustibles fossiles. Nous sommes tous dans un train qui fonce vers le précipice et au lieu de freiner, nous augmentons sa vitesse pour plonger dans le vide le plus vite possible ! C’est avec raison que le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, se fait le porte-parole du gros bon sens pour exiger que l’examen du BAPE porte sur l’ensemble de la filière du projet de liquéfaction de gaz, de l’extraction à l’exportation, en incluant l’impact de tous les GES générés.

Je parierais ma chemise que cet examen, s’il est sérieusement mené, montrera que le projet est complètement incompatible avec des mesures cohérentes de lutte contre le réchauffement climatique. Le projet est vraiment gargantuesque : ne laissons pas Gargantua nous dévorer tout rond.

4 commentaires
  • Nadine Tremblay Institut formation théologique et pastorale - Abonnée 26 novembre 2018 10 h 34

    Tout à fait d'accord avec Anne-Marie Chapleau, il faut se mobiliser et agir maintenant. Il est grand temps d'ouvrir les yeux sur cette catastrophe. Merci à Sylvain Gaudreault de continuer à lutter!

  • Nadine Tremblay Institut formation théologique et pastorale - Abonnée 26 novembre 2018 11 h 45

    Une éthique économique à revoir

    Il s'agit de projets qui feraient de la région du Saguenay-Lac-St-Jean et du circuit de pipeline qui y mène ainsi que du majestueux fjord, un simple transit pour des produits fossiles qu'il faut impérativement réduire. La région doit se mobiliser et faire le choix éthique qui s'impose, en se fermant aux chants des sirènes qui font miroiter des retombées économiques. S'il y a des milliards à investir, que ce soit dans des projets d'économie durable. Nous devons cela aux générations qui montent.

  • Robert Laroche - Abonné 26 novembre 2018 11 h 50

    Un cercle vicieux à dépasser

    Nous sommes de plus en plus prisonnier d'un cercle économique vicieux ... offrant des investissements qui créent des emploies pour vivre l'illusion du bonheur et de la liberté et consommer de plus en plus.

    Le tout sans égard au développement d'une culture écologique, démocratique et humaine.

    Ce cercle, cette systémique concentre les pouvoirs économiques et l'avenir de l'humanité dans les mains d'un petit nombre d'oligarques qui conditionnent et rendent esclave le plus grand nombres d'individus.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 novembre 2018 18 h 17

      Une culture écologique, démocratique et humaine avec une surpopulation planétaire, n'existe tout simplement pas. Alors, il ne nous reste plus qu’à couper les deux tiers de notre consommation et le tour sera joué comme dans les contes de décroissance à la Québec solidaire, SUV et limousine compris. Comme disait l’autre, on n’est pas sorti du bois.