Gargantua nous dévorera-t-il?

On nous annonçait récemment un projet de très grande envergure : un gazoduc de 750 km entre le nord de l’Ontario et chez nous servant à alimenter une future usine de liquéfaction de gaz et l’aménagement d’un terminal portuaire sur le Saguenay. Vue sous l’angle de notre avenir collectif — et surtout de celui de nos enfants et petits-enfants —, la nouvelle a de quoi donner froid dans le dos. Ou, pour mieux dire, de nous faire subir un coup de chaleur.

Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) le disait très clairement : nous devons réduire radicalement nos émissions de gaz à effet de serre. Il y a urgence ! Il faut avoir abaissé nos émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et les éliminer complètement d’ici 2050 pour espérer demeurer sous la barre du 1,5 °C de hausse de la température globale. Sinon, indique le même rapport, les conséquences sur tous les écosystèmes seront dramatiques.

Alors que l’heure serait à la mobilisation générale, que faisons-nous ? Nous continuons à vouloir développer de nouveaux projets pour utiliser encore plus de combustibles fossiles. Nous sommes tous dans un train qui fonce vers le précipice et au lieu de freiner, nous augmentons sa vitesse pour plonger dans le vide le plus vite possible ! C’est avec raison que le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, se fait le porte-parole du gros bon sens pour exiger que l’examen du BAPE porte sur l’ensemble de la filière du projet de liquéfaction de gaz, de l’extraction à l’exportation, en incluant l’impact de tous les GES générés.

Je parierais ma chemise que cet examen, s’il est sérieusement mené, montrera que le projet est complètement incompatible avec des mesures cohérentes de lutte contre le réchauffement climatique. Le projet est vraiment gargantuesque : ne laissons pas Gargantua nous dévorer tout rond.

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