Chronique d’une mort annoncée

Dans un article publié dans Le Devoir du 29 juin dernier et intitulé « Quelle perspective pour les Franco-Ontariens sous Doug Ford?», Jean-François Nadeau mettait en doute la volonté du premier ministre nouvellement élu Doug Ford d’appuyer les revendications des Franco-Ontariens concernant le renforcement des services en français et la création d’une université française à Toronto. Dans cet article, la professeure Linda Cardinal de l’Université bilingue d’Ottawa exposait crûment la situation : « Il [Ford] juge que les Franco-Ontariens sont des Ontariens comme les autres et qu’ils ne souhaitent qu’une réduction des impôts. »

Pour justifier sa décision toute récente d’abolir le Commissariat aux services français et d’abandonner le projet d’université française, le même Ford invoque le déficit budgétaire de 15 milliards du gouvernement ontarien. Or, la création de l’université ne nécessiterait qu’une mise de fonds de 20 millions, une somme dérisoire lorsqu’on la compare aux coûts de la moindre infrastructure. Comme le suggèrent Axel Fournier et Jean-Michel Laliberté dans Le Devoir d’hier [20 novembre], le Québec pourrait aisément prendre le relais, habitué qu’il est à financer des projets de centaines de millions, voire de milliards de dollars. Il démontrerait ainsi sa solidarité à l’endroit des Franco-Ontariens, ces Ontariens pas comme les autres.

8 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 21 novembre 2018 01 h 53

    Narcisse et le miroir aux alouettes (!)

    Misère. Sans autre commentaire.

    JHS Baril

    Ps. Entendu sur les «z'ondes» hier: «Nous sommes fiers d'être «franco-ontariens (petit «f») et «Canadiens». Ils sont «Canadiens»!? Qu'ils le restent. Point barre. Rideau.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 21 novembre 2018 17 h 22

      Oui, message à M Legault: que le Québec cesse de subventionner les Ontariens et les Français qui viennent étudier en anglais au Québec et augmente la subvention de ceux qui s'inscrivent dans une université francophone du Québec.

      Notre bonnasserie a assez duré.

      Si on ne réagit pas, le ROC va continuer à nous rapetisser et à nous mépriser.

  • Hélène Paulette - Abonnée 21 novembre 2018 07 h 17

    Pardon?

    Les universités québécoises francophones sont sous-financées, dois-je vous le rappeller? Et le Québec paie déjà une partie des frais des étudiants ontariens qui viennent étudier au Québec, le plus souvent en anglais d'ailleurs... Je propose donc que le Québec cesse de subventionner les ontariens qui viennent étudier en anglais et augmente la subvention de ceux qui s'inscrivent dans une université francophone du Québec... Ça va comme ça?

    • Cyril Dionne - Abonné 21 novembre 2018 09 h 08

      Bien d'accord avec vous Mme Paulette. Mais en même temps, est-ce qu'on pourrait arrêter de subventionner les étudiants de France lorsqu'ils viennent envahir les universités québécoises, et souvent, à suivre un programme en anglais. Ce n'est pas de notre faute si leurs universités gratuites chez eux sont d'une telle médiocrité. Cela coûte moins cher pour un étudiant français qu’un étudiant francophone du ROC puisque le dernier paie trois fois les frais de scolarité d'un Québécois parce qu'il est vu comme un étudiant international.

    • Denis Carrier - Abonné 21 novembre 2018 09 h 14

      Excellente suggestion. Tout à fait d'accord.

  • Cyril Dionne - Abonné 21 novembre 2018 08 h 46

    Un poids historique qui dérange dans le merveilleux monde du ROC

    « Il [Ford] juge que les Franco-Ontariens sont des Ontariens comme les autres et qu’ils ne souhaitent qu’une réduction des impôts. »

    Bien oui les petits amis. Pour les Anglos, les francophones hors Québec ne sont qu’une autre minorité au même titre que les autres dans un Canada multiculturaliste. L’histoire, les faits n’existent plus à part pour les Autochtones. Personne du Canada anglais ne va déchirer sa chemise pour le sort réservé aux francophones hors Québec. En fait, c’est le silence radio de toute cette élite anglo-saxonne parce que dans le multiculturaliste, toutes les ethnies sont sur un même pied d’égalité. Les revendications historiques comme peuple fondateur n’existent plus. Même si votre famille est établit en Amérique depuis plus de 14 générations, celui qui fait demande pour devenir un citoyen aujourd’hui aura le même poids politique que vous. Peuple fondateur, ils ne connaissent pas cela.

    C’est pour cela que Doug Ford a dit que les communautés chinoises ou italiennes avaient le même poids que celle des Franco-Ontariens. Dans son imaginaire multiculturaliste qui ne parle que l’anglais, la communauté francophone hors Québec est un poids historique qui dérange dans le merveilleux monde du ROC. En fait, la Loi sur le multiculturaliste a été instituée par Trudeau père pour noyer les francophones au Canada suite au rapatriement de la constitution d’Angleterre. Il a réussi son pari hors Québec. C’est la louisinisation des francophones.

    Alors, où sont nos Anglo-Saxons loyalistes et orangistes prêts à déchirer leur chemise sur le sort des francophones hors Québec? Où est Québec solidaire dans toute cette histoire parce que les Franco-Ontariens ne font pas partis de leur définition de minorité selon les dogmes de la très Sainte rectitude politique? Le problème avec les francophones hors Québec, c’est qu’ils ont réussi à s’adapter comme « Canadian ». Alors, pas de pitié pour eux; ils ne sont pas des victimes, génocide linguistique et culturel oblige.

  • gaston bergeron - Abonné 21 novembre 2018 15 h 53

    Au fait, que fait Québec solidaire?

    J'entends voler une mouche...

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 21 novembre 2018 17 h 43

      Demandez-donc un POGO dégelé à un certain M Montmarquette, un fervent de QS si volubile dans ces pages. Ce dernier a dépensé tant d’énergie à combattre le PQ qu’il pourrait en utiliser une partie maintenant pour défendre les Franco-ontariens.