Lettre à la gouverneure générale du Canada

La Citadelle de Québec est le lieu d’hébergement du Royal 22e Régiment dont vous êtes la commandante en chef et aussi celui de votre deuxième résidence au Canada. Depuis l’an 2000, des travaux de restauration des murs de la Citadelle érigés entre 1820 et 1832 sont devenus nécessaires et furent réalisés sous la surveillance de Parcs Canada et de la Défense nationale, qui ont toujours été respectueux des devis dressés par les architectes et les ingénieurs concernant les propriétés physiques et esthétiques de la pierre de remplacement et en conformité avec la règle de l’art en restauration patrimoniale qui est d’utiliser la pierre d’origine, le grès de Sillery, amplement disponible dans les carrières de la région de Québec. Cette règle est clairement décrite à la page 213 dans le document fédéral du BEEFP (Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine).

Un nouveau chantier sera ouvert prochainement pour restaurer les murs du Bastion du roi, à courte distance de votre deuxième résidence, et les devis dressés par des professionnels ont été envoyés aux soumissionnaires. Surprise, voilà que la Défense nationale a choisi un soumissionnaire qui utilisera la pierre américaine Bluestone, qui ne respecte pas les propriétés physiques des devis. De plus, sa couleur bleu pâle est fortement contrastante avec le vert de la pierre d’origine, le grès vert de Sillery.

La Défense nationale doit renoncer à l’usage de cette pierre Bluestone, non conforme aux devis, incompatible pour être mise en contact avec le grès vert de Sillery à cause de son fort coefficient d’absorption d’eau, des cycles gel/dégel de notre environnement, et une couleur qui affecte l’apparence esthétique de ce monument patrimonial faisant partie du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Défense nationale doit respecter la règle qui consiste à utiliser la pierre d’origine afin d’assurer la préservation de l’intégrité du patrimoine militaire de la Citadelle de Québec. Il faut agir pour éviter que ces travaux de restauration avec une pierre américaine non conforme se réalisent sur le lieu de votre résidence à Québec.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 novembre 2018 02 h 10

    À genoux devant la représentante de nos conquérants

    En 2016, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il investirait 37 millions$ pour la rénovation de la citadelle et des fortifications de la Vieille Capitale.

    Cette dépense représente 1,2% d’un vaste programme de trois-milliards$ que Parc Canada réalisera à travers le pays d’ici 2021.

    Ce programme vise à réaliser des travaux d’infrastructure dans les installations patrimoniales situées dans les lieux historiques de juridiction fédérale, dont les parcs nationaux et les aires marines de conservation.

    Du 37 millions$ dépensés au Québec, 16,5 millions$ le sera pour saccager la citadelle en la transformant en édifice bicolore.

    Si le Pensylvania Bluestone coute la moitié du prix du Grès vert de Sillery (dont les carrières sont situées à Lévis), les contribuables n’économiseront que trois pour cent de la facture, la différence étant empochée par les frais de transport de la pierre jusqu’au Québec et les profits de l’entreprise qui a obtenu le contrat en violation de l’appel d’offres.

    Non seulement cette rénovation québécoise ne représente que 1,2% du programme de Parc Canada, mais Ottawa a trouvé le moyen de faire en sorte que près de la moitié de la dépense fédérale à Québec soit représentée par l’achat de pierre américaine.

    Après la délocalisation de la construction navale de Lévis vers deux provinces anglophones, il me semble que les gens de Québec, si fédéralistes, devraient avoir compris le message.

    Les Québécois paieront 18,9% d’un programme de trois-milliards$ de Parc Canada, mais n’en recevront que des bénéfices de l’ordre de 0,7%.

    Voici un autre exemple du prix du fédéralisme.