La parole à nos lecteurs

Tutoyer M. Landry
 

Cinq ans après mon arrivée au Québec au tout début des années 1980, j’ai connu M. Landry. Au début, on se vouvoyait, petit à petit on a commencé à échanger et de plus en plus, les liens d’amitié se consolidaient. De par sa simplicité et son approche terre-à-terre, je me suis rendu compte que je le tutoyais. Ayant essayé de réparer ma bourde, il m’a mis à l’aise. Avant que nous nous séparions, il m’a dit : « C’est comme toi que j’aime le Québec. » Pour un immigré, c’est des paroles qui marquent. Les rencontres se succédaient avec notre ami commun Claude H. Roy jusqu’au décès de ce dernier et après. Il y a trois semaines, je lui ai parlé en apprenant la mauvaise nouvelle, dans les journaux, sur son état de santé. [...]

Aujourd’hui, c’est à mon tour de te dire que « c’est comme toi que j’aime les Québécois ». À notre amitié éternelle, repose en paix cher ami.

 

Mohand Yahiaoui
Montréal, le 6 novembre 2018
 

Un coup au cœur

 

Radio-Canada, qui vient de me demander une brève entrevue, m’a appris la mort de Bernard Landry, un ami des Franco-Ontariens. Moi qui revenais d’un rendez-vous chez mon cardiologue, ça m’a donné un coup au coeur. Je le rencontrais souvent. C’était un homme de service qui se souvenait de sa devise scoute, « toujours prêt », et la mettait en pratique pour le rayonnement de la langue française, et un homme qui aimait parler de la patrie. En 2001, au grand rassemblement du tricentenaire de la signature de la Grande Paix, je lui demandais : « En tant que premier ministre d’un État français, qu’allez-vous faire pour les Franco-Ontariens ? » Il m’avait répondu : « Nous allons d’abord parler de l’indépendance chaque jour, jusqu’à ce qu’elle se fasse, mais nous continuerons à soutenir le mieux-être du fait français chez vous. » Déjà, en tant que ministre québécois, il nous appuyait depuis le premier gouvernement Lévesque, et encore nous a-t-il soutenus financièrement dans notre lutte SOS Montfort. L’Assemblée des Patriotes de l’Amérique française lui avait déjà fait part de notre volonté de lui remettre le Grand Prix Honoré-Mercier. Nous allons vouloir lui rendre cet hommage, à titre posthume, aux Lundis de l’histoire que nous tenons à la Maison Ludger-Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, dont il est le président honoraire.


Yves Saint-Denis, président de l’Assemblée des Patriotes de l’Amérique française
Le 6 novembre 2018
  

Landry et Nadeau-Dubois
 

Pour souligner le décès de Bernard Landry, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, y est allé d’un bon mot : « Bernard Landry fait partie de la génération des bâtisseurs du Québec moderne. Son sens de l’État, sa grande culture et son infatigable dévouement pour le Québec nous manqueront. »

Voilà qui nous change de sa déclaration de l’année dernière voulant que la classe politique des trente dernières années ait trahi le Québec, ce qui avait notamment scandalisé M. Landry, qui avait alors rappelé certaines des réalisations du gouvernement du Parti québécois (les CPE, la Paix des Braves et le rattrapage économique par rapport à l’Ontario) et déclaré : « Quand il aura fait le quart du huitième de ça, il pourra en reparler. »

 

Sylvio Le Blanc
Montréal, le 7 novembre 2018

Gloria in excelcis Trudo

 

M. le Premier Ministre,

Fin octobre, lors d’une visite guidée à l’Assemblée nationale, j’ai découvert un document portant sur les « origines de la caricature et de l’image satirique au Québec ». À la page 19, on retrouve une bien drôle de crèche. Il s’agit d’une caricature de Pierre Dupras qui date de 1972. Entre papa-PET-Joseph et maman-Margaret-Marie, on aperçoit… bébé-Justin-Jésus ! Dans son dessin, l’artiste a écrit : « Le messie canadien a maintenant un an ! »

Après l’ère glaciale de Stephen Harper, vous vous êtes pointé à Ottawa, en 2015, avec des allures de véritable Messie. En ce qui concerne les droits de la personne, vous avez suscité l’espoir dans mon coeur. Trois ans plus tard, le seul mot qui me semble définir avec justesse votre performance est… pitoyable ! Je pense entre autres aux dépenses militaires qui explosent, surtout à cet astronomique contrat de blindés maintenu avec l’Arabie saoudite. Et que dire de votre tiédeur quant au meurtre du journaliste arabe Jamal Khashoggi.

En 2016 et 2017, comme je l’ai fait pour d’autres politiques, je vous ai adressé une lettre vous invitant à porter le coquelicot blanc, qui signifie que l’on n’oublie point les nombreuses victimes civiles des guerres. Mais, comme la majorité des femmes et des hommes qui nous gouvernent, vous avez des oeillères. En portant le coquelicot rouge sang, vous exhibez votre indifférence face à la mort de milliers d’innocentes personnes. Dites-moi, M. Trudeau, les armes que vous vendez aujourd’hui, qui vont-elles tuer demain ?

Finalement, vous, arborant un coquelicot blanc à la boutonnière, vous auriez eu l’air vachement hypocrite…


Martine Lacroix
Montréal, le 6 novembre 2018
 

Bêtes et bêtises, ou le choix du chien

 

La SEPAQ, alléchée par l’appât d’une nouvelle clientèle payante, se prépare, à la suite d’une expérimentation qui semble avoir comblé les canidés en laisse, à ouvrir la presque totalité des parcs de son réseau aux chiens… accompagnés, bien entendu. Un désastre dans la mesure où lesdits parcs sont des lieux de préservation et de conservation — dans lesquels des animaux sauvages survivent à l’envahissement humain (et à ses bêtes domestiquées). Ces parcs constituent l’un des rares lieux non envahis par le syndrome de l’enfant-chien avec des laisses pouvant atteindre une dizaine de mètres !

Si une exception à cette mansuétude commerciale et toute bête quant aux visées des parcs pouvait être mise en avant, ce serait assurément au parc du Mont-Saint-Bruno qui, tellement proche des plus grands centres urbains du Québec, se trouve déjà sursollicité. En plus, le sommet du mont Saint-Bruno possède des tours de communication exigeant que des véhicules s’y rendent et la présence de plusieurs résidences privées dans le parc génère des va-et-vient de la part des propriétaires et des employés des compagnies, nombreuses, qui les desservent. Ces nuisances sont spécifiques à Saint-Bruno.

Soit dit en passant, on aurait tort de nous voir comme des ennemis des « animaux » alors que c’est une gestion assurément trop étroite et à courte vue, selon nous, que nous dénonçons. Nous réclamons que les chiens demeurent sur la parcelle privée de ceux qui les ont choisis — pour le meilleur et pour le pire. On se souviendra que la SEPAQ, pas toujours rigoureuse dans son approche clientéliste, avait pourtant refusé l’accès de ses parcs aux chevaux ! À cette étape [...] plutôt que de laisser les langues saliver sur de gigantesques « parcs à chiens », il faudrait [...] laisser aux animaux sauvages leur territoire, déjà riquiqui, et préserver pour les humains épris de nature un peu de quiétude par-delà les jappements et autres grincements de dents. Il est urgent d’exclure les chiens, et ce qui vient avec, du parc du Mont-Saint-Bruno avant la date fatidique du 17 mai 2019. Notre NON est catégorique !


Ramon Vitesse
Saint-Bruno de Montarville, le 26 octobre 2018