Protéger ou ouvrir d’autres horizons

« Protéger les minorités » est devenu, au Québec tout comme au Canada, un slogan général pour, entre autres, justifier inconsciemment le fait que l’on n’aidera pas les femmes voilées à se libérer d’une contrainte ambiguë dans ses motivations et explications. Bien au contraire, notre société va les encourager à garder ces signes rétrogrades et archaïques, ce qui les renferme sur elles-mêmes.

Pourtant, l’une d’elles disait qu’elle serait contente d’enlever son voile au moins pendant son travail; sa voix et les voix qui vont dans le même sens semblent ne pas susciter d’intérêt. Certains politiciens parlent aussi de « tolérance ». Pourtant la tolérance peut devenir « lâcheté » lorsque nous accordons des accommodements qui vont à l’encontre de nos valeurs et de notre dignité, ou au détriment des personnes immigrantes qui le demandent, les empêchant d’évoluer, de s’intégrer, de s’épanouir et de s’émanciper. La CAQ veut faire un grand premier pas pour la laïcité, mais notre grande tolérance fera en sorte que certains individus feront le choix d’agir contre la loi, défiant ainsi la société non raciste qui les a accueillis avec amour.

Il faut élargir nos horizons. Mettons sur place une équipe d’aide pour aider les nouveaux arrivants à comprendre et à se conformer aux lois que le Québec se donnera. Ils doivent être invités à voir cette loi sur la laïcité non pas comme une contrainte, mais bien comme un mieux-être-du-vivre-ensemble pour elles-mêmes et les autres. Ce ne serait pas normal que ce soit une minorité qui mène au détriment d’une majorité qui réclame la laïcité et l’absence de signes ostentatoires chez les personnes en position d’autorité, plus spécialement les enseignantes et les enseignants afin de protéger nos enfants et adolescents de toutes influences religieuses. Faisons appel à la conscience collective pour l’application de la laïcité et la neutralité là où il y a lieu. La laïcité, c’est la séparation de l’Église et de l’État. Il serait, selon moi, nuisible à la société que les religions influent sur les décisions qui reviennent à l’État. Notre statut de citoyennes et de citoyens doit passer avant notre religion.

6 commentaires
  • Paul Gagnon - Inscrit 29 octobre 2018 09 h 57

    Le pouvoir aux minorités agissantes

    « Ce ne serait pas normal que ce soit une minorité qui mène au détriment d’une majorité »
    Mais c'est hélas la réalité d'aujourd'hui.
    Depuis les Chartres des Droits qu'on a oublié d'accompagner de Chartes des Devoirs, ce sont des juges non élus ainsi que les médias et les groupuscules de pressions qui dirigent ce pays.

    • Pierre Desautels - Abonné 30 octobre 2018 12 h 10


      Encore la victimisation. Dans la vie de tous les jours des Québécois, qu'ils soient de souche ou non, qui détient le pouvoir ou les vrais pouvoirs dans tous les aspects de notre vie sociale? C'est assez ce pleurnichage, alors que nous-mêmes, comme peuple minoritaire, avons baissé les bras devant le pouvoir fédéral, dans des dossiers pas mal plus importants que le voile porté par quelques femmes, et autres distractions.

  • Michel Lebel - Abonné 29 octobre 2018 10 h 05

    La démocratie


    Le fondement de la démocratie de nos jours réside dans le respect des droits de la personne; ce sont donc des droits et libertés à chérir et à protéger. La liberté religieuse en fait partie. Ces libertés ne sont pas absolues, mais il faut des motifs sérieux et impératifs pour les restreindre. Ce qui n'interdit pas aux États d'adopter un certain régime de laïcité, régime qui doit toutefois respecter les droits et libertés. C'est le prix à payer pour vivre en démocratie.

    Michel Lebel

  • Pierre Robineault - Abonné 29 octobre 2018 10 h 37

    Cri du coeur

    Un vrai cri du coeur que le vôtre.
    Mais que voulez-vous, les religions sont encore et resteront toujours source de désagrément de la vraie vie. Tant de chimère qui nous afflige tous. Anecdotiquement j'ajoute le fait suivant. De magnifique jeunes dames portant, par choix obligé ou pas, le voile coloré et joli dont le motif premier est celui de bien cacher leurs cheveux pour qu'ils n'attisent pas l'oeil de l'homme-maître, mais qui pourtant se maquillent comme toute autre fille bien de son temps. Quel paradoxe! Pire encore lorsqu'elles sont accompagnées de mâles copains portant leurs jeans au fond de culotte à peine au-dessus des genoux avec caleçon apparaissant derrière! Quelle tristesse!
    Mais peut-être l'ai-je tout faux et que ces jeunes dames ne sont nullement pratiquantes mais simplement attirées par un plaisir de provoquer autrement.

  • Christian Roy - Abonné 29 octobre 2018 18 h 31

    Victimisation comme thème ?

    Mme Richard, je suis d'accord avec vous: "La laïcité, c’est la séparation de l’Église et de l’État. Il serait, selon moi, nuisible à la société que les religions influent sur les décisions qui reviennent à l’État." N'est-ce pas le déjà cas ?
    D'autres parts, je trouve que vous avez une position maternaliste et une certaine condescendance envers les "femmes voilées", un peu comme si vous les considériez comme des objets victimes de leurs décisions. Elles n'ont aucun libre-arbitre, croyez-vous ? Ces femmes semblent faire bien pitié à vos yeux. Il faut les aider...
    Je trouve étrange également votre position qui consiste à dire que ce sont les minorités qui mènent ! Cela revient à dire que ce ne sont pas seulement les femmes voilées qui sont victimes mais, contre toute attente, la majorité des Québécois victimes des intransigeantes minorités !
    Il est clair que votre position est basée sur une profonde méfiance et un certain mépris envers la religion - dont il faut notamment protéger notre jeunesse. Encore une fois, une jeunesse qui peut rapidement devenir victime... Vous trouvez votre voie de salut dans une vision laïciste de la société. C'est la direction que vous aimeriez voir prendre le gouvernement Legault. Vous menez votre combat avec opiniâtreté. Là où se trouve une victime, se tient pas loin un sauveur.

    • Andréa Richard - Abonné 30 octobre 2018 20 h 54

      -Ce ne serait pas normal...c.à.d. si cela devenait...donc pas du présent. L'interprétation que vous faites de mes propos n'est pas objective, cela ne reflète pas mes sentiments. Mon objectif pour une démarche diplomatique humaniste est dans le but d'obtenir que la laicité dans toute sa significtion soit si non voulue (par une minorité) acceptée par tous et toutes, parce que légitime et pressante pour le bien-vivre ensemble de tout le monde! Que dire de plus...