Ils s'en tirent

La nouvelle taxe sur le carbone sera transférée aux consommateurs et non extraite des profits des pétrolières qui exploitent la ressource au détriment de l’avenir de la planète.

Et même si Trudeau, à même nos taxes, rembourse aux foyers un montant supérieur au coût de la taxe perçue, c’est à l’État encore une fois, et non aux exploitants du pétrole, de payer pour les dommages causés à l’environnement. Il n’y a donc pratiquement aucun incitatif pour les transnationales du pétrole à désinvestir dans cette ressource devenue éminemment dangereuse pour la planète entière.

Trudeau a beau jeu de dire à la suite du GIEC qu’il y a urgence, il ne s’attaque pas à la bonne cible. On ne fait que culpabiliser les consommateurs qui n’ont rien à voir avec les dommages engendrés par les changements climatiques. Comme la plupart des sinistrés, ils courent un plus grand risque d’en être les victimes que de s’accuser eux-mêmes d’être responsables des émissions de gaz à effets de serre. [...] Nous n’en sommes responsables que pour avoir élu un gouvernement qui manque de courage face aux pétrolières.

En effet, la décision d’orienter les investissements urgents vers les énergies renouvelables se prend dans les conseils d’administration des compagnies, là où il n’y a aucun consommateur représenté comme tel. Ni aucun travailleur d’ailleurs.

Lentement, trop lentement, les investissements se tournent vers les énergies renouvelables au rythme où le marché en décide. Ce n’est pas assez vite. L’ONU appelle à une accélération de la transition énergétique, mais la résistance vient justement de ceux à qui Trudeau refuse toutes pénalités.

La taxe sur le carbone est donc une fausse solution, car le libre marché permet d’en transférer les coûts au public. Et une décision toute politique en remboursera les frais aux contribuables. Ce qui est un déni de responsabilité et un coût public supplémentaire pour des profits privés.

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3 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 26 octobre 2018 00 h 25

    Offre et demande

    Il faut agir des deux côtés. Et si on considère l'augmentation absolument ridicule des ventes de VUS, entre autres, il est clair qu'il faut agir sur la demande, ce qu'une taxe, que j'aimerais bien plus élevée, peut contribuer à ralentir. Et si la demande baisse, l'offre le fera... Mais, je ne rêve pas en couleur.

  • François Beaulé - Abonné 26 octobre 2018 08 h 44

    Une courte lettre remplie de faussetés

    De toute évidence ce lecteur du Devoir ne comprend rien à la fiscalité et interprète erronément les informations qu'a rapportées Hélène Buzzetti le 24 octobre, https://www.ledevoir.com/politique/canada/539740/taxe-carbone-ottawa-epargnera-les-citoyens : «Les 2,3 milliards de dollars qui proviendront en 2019 de la redevance sur les combustibles seront retournés à 90 % aux citoyens par la déclaration de revenus. Les 10 % restants seront destinés à un fonds que pourront utiliser les municipalités, les hôpitaux, les écoles, les petites entreprises, les organismes à but non lucratif et les communautés autochtones pour financer des projets d’efficacité énergétique».

    Guy Roy prétend que les consommateurs n'ont rien à voir avec les GES et leurs conséquences !

    La taxe sur le carbone est un élément incontournable pour faire la lutte aux émissions de GES. Tous les groupes environnementalistes le reconnaissent. Ainsi que Mme May, chef du Parti vert. Le problème est que cette taxe aurait dû être imposée plus vite et que les taux prévus sont trop faibles pour produire des changements suffisants.

    • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2018 08 h 36

      Merci, M. Beaulé.

      D'autres part, le ton de cette lettre est revanchard et ridicule.

      "Ils" s'en tirent! Ah! Les écoeurants! Faut leur pitcher des roches! "Ils" décident "là où il n’y a aucun consommateur représenté comme tel. Ni aucun travailleur d’ailleurs.".

      Et au nom de quoi ? De qui ? Au nom des consommateurs et des travailleurs, youpi! Bonjour le narcissisme aigu qui permet à M. Roy de parler en leur nom.

      Se mettre ainsi 80% de la population dans sa poche, comme raccourci de pensée, faut le faire! Ça me rappelle quelqu'un qui se permet de parler "au nom des pauvres". Manon j'sais-pus-qui...

      Ce radicalisme fait de hargne ne consiste au bout du compte qu'à remplacer quelques puissants un peu cons par d'autres, pas moins cons mais plus puissants.