Cannabis: une commission oubliée

Au moment où on légalise le cannabis, il convient sûrement de saluer les travaux exceptionnels faits par la commission LeDain, la Commission d’enquête sur l’usage non médical des drogues, il y a environ 50 ans. Mais en même temps, on ne peut que déplorer que toute la campagne sur la légalisation du cannabis se fasse sans que personne ne dise un mot du rapport de la commission.

Ce rapport a été salué et reconnu comme de loin le meilleur rapport à ce sujet au monde et il est encore abondamment cité à l’étranger. Il est vrai que certains aspects ont maintenant vieilli, à cause notamment de l’arrivée de nouvelles variétés de drogues et des changements des conditions du marché. Mais il s’agit d’un rapport tellement complet qu’il répond largement à des problèmes que l’on soulève maintenant et qu’en l’ignorant, on se prive de connaissances exceptionnelles, notamment la dissidence de la commissaire Marie-Andrée Bertrand, qui mériterait d’être abondamment citée et d’être saluée comme une visionnaire.

Comme ancien chercheur de la commission LeDain — dont j’étais l’un des deux ou trois francophones et pour laquelle j’étais responsable de projets de recherches, je regrette ce silence qui nous prive d’une masse de connaissances utiles et de très grande qualité.

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4 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 17 octobre 2018 00 h 56

    Tout à fait

    Et l'accumulation de règlements limitant son utilisation est en train d'enlever tous les aspects positifs de sa légalisation.

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 17 octobre 2018 04 h 42

    Marie-Andrée Bertrand et la dépénalisation de toutes les drogues

    Ayant fréquenté régulièrement Marie-Andrée Bertrand durant les deux dernières années de sa vie et contribué à un recueil de ses différents écrits, j'ai été en mesure de connaître son point de vue minoritaire à la Commission Le Dain, comme vous le rappelez et il serait certes très pertinent de reparler du travail considérable de cette Commission, dont les membres avaient sillonné tout le Canada et rencontré des centaines de milliers de personnes en tout, selon ce qu'en disait MAB qui, pour sa part, préconisait une dépénalisation de toutes les drogues. M. Myles, lors de son décès, avait mentionné son travail à la Commission LeDain. Elle était visionnaire en effet.

  • Cyril Dionne - Abonné 17 octobre 2018 16 h 37

    Justin, notre « pusher » favori

    Bon. Après être devenu un « bootlegger », voilà que le gouvernement de Trudeau deviendra notre « pusher » progressiste. Faut-il en rire ou en pleurer? On va le savoir très bientôt avec les coûts astronomiques que ceux-ci engendront en frais de santé. Désolé pour le crime organisé, celui-ci en vendra encore plus aux jeunes parce la marijuana pousse comme de la mauvaise herbe et on peut garder les coûts de production très bas. De toute façon, qui pourra affirmer que ce « pot » est légal et l’autre illégal?

    C’était plus facile de tenir cette promesse que de faire la réforme électorale promise. Notre adolescent en chef veut se faire réélire et la réforme de cette dernière aurait pu nous éviter encore ce calvaire. On imagine que, plus on progresse avec les libéraux, plus on retourne en arrière.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 18 octobre 2018 01 h 09

    «Faut-il en rire ou en pleurer? » (Cyril Dionne)

    En effet, faut-il rire ou pleurer en lisant la somme d'énormités que votre critique recèle?