On est laïque ou on ne l’est pas

Je ne suis ni analyste politique ni spécialiste de la laïcité. La CAQ affirme que l’État doit être laïque. En contrepartie, le nouveau gouvernement indique que le crucifix à l’Assemblée nationale y est pour rester, prétextant qu’il s’agit d’un objet patrimonial. Je suis convaincu que plusieurs musées voudraient récupérer et mettre en valeur cet objet patrimonial s’il est décroché. Soit l’État est laïque, soit il ne l’est pas. Sinon, nous sommes en droit de nous demander si le gouvernement est véritablement laïque ou s’il vise la discrimination de groupes ciblés.

20 commentaires
  • Jacques-André Lambert - Abonné 11 octobre 2018 00 h 27

    Laïcité d'État

    Moi, je veux bien qu’on enlève les signes religieux du salon du peuple.
    Mais alors «tous» les signes religieux.

    À commencer par la croix anglicane qui surmonte les représentations de la couronne royale britannique au somment du fauteuil du président, sur la masse et, bien entendu, sur les armoiries royales enchâssées de la devise monarchique « Dieu et mon droit ».

    Comme vous dites, on est laïc ou on ne l’est pas.

    • Christian Roy - Abonné 11 octobre 2018 17 h 55

      Que l'Assemblée nationale siège plutôt dorénavant dans une salle de congrès grise et drabe... on est laïc ou on l'est pas ! "Je me souviens" de quoi au juste ?

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 octobre 2018 09 h 30

      M. Roy,

      Je me souviens de 200 ans de brimade collective décidée par London et Rome et exécutée par les évêques au nom d'une entente tout ce qu'il y a de terrestre : à London les richesses, à Rome les âmes.

      Que ce soit l'excommunication des Patriotes, l'abandon des Métis, la nomination d'évêques anglais au Manitoba très majoritairement francophone, l'obscurantisme qui a régné au Québec pendant au moins 150 ans depuis Mgr Bourget sinon plus tôt, l'Église a tout donné aux Anglais du Canada. C'est presque caricatural.

      Avec son immense pouvoir elle aurait pu aider la situation des francophones à la longue. NIet : elle a sciemment tenté d'en faire une nation-martyre. Et presque réussi.
      Son grand geste pour aider un certain développement a été... une campagne orchestrée pour la revanche des berceaux!! Aller jusqu'à contrôler la sexualité, c'est fort de ketchup.

      Le crucifix, je m'en suis foutu royalement pendant des années. L'Église avait enfin pris la place qu'elle mérite, très loin de la politique, donc ce truc était pour moi un genre de fétiche conservé là pour plaire à quelques personnes âgées nostalgiques. Pourquoi leur aurais-je enlevé ce truc sans signification ?
      Maintenant c'est moi la personne âgée, et ce truc m'insulte.

      Nous assistons à une immense montée des religions partout dans le monde depuis Tokyo jusqu'à Calgary en passant par Vienne. L'élection de Trump, celle de Ford, sont dûes à des groupes religieux, aussi dément que ça puisse paraître.
      On discute d'ajouter une prière musulmane la chrétienne aux Communes. Une était de trop, alors deux...

      Le crucifix n'est pas seulement présent à l'assemblée Nationale, il trône!

      Par respect pour l'histoire, le crucifix pourrait être dans une anti-chambre attenante, placé sous verre et pas trop haut.
      Par respect pour ceux qui ont enduré son omniprésence pendant 8 à 10 générations, vaudrait mieux qu'il soit mis à la poubelle, mais bon...

    • Pierre Raymond - Abonné 12 octobre 2018 11 h 48

      Totalement d'accord avec vous.

  • Claude Bariteau - Abonné 11 octobre 2018 05 h 32

    D'accord.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 11 octobre 2018 05 h 47

    Le crucifix et aussi les symboles anglicans ?

    D'accord que, pour respecter la laïcité de l'État, le crucifix peut être replacé dans un lieu patrimonial à l'intérieur de l'enceinte de l'Assemblée nationale, mais en autant que tous les symboles affichés et incrustés de la religion anglicane, dont la Reine d'Angleterre est le chef suprême, soient aussi remplacés par des symboles neutres...Tous ces symboles se trouvent sur la chaise du Président de l'Assemblée nationale et dans les décors derrière cette même chaise...En outre, tous serments d'allégeance à la dite Reine, chef de l'Église anglicane, devrait être remplacé par un serment d'allégeance à la population du Québec, confirmant ainsi la souveraineté du peuple sur les Élus et les devoirs qui leur incombent...

  • Réal Boivin - Inscrit 11 octobre 2018 05 h 49

    Le temps est venu de l'enlever.

    Le crucifix a été placé à l'Assemblée nationale pour marquer la présence de l'église dans les affaires de l'état. Alors que la majorité des québécois parle de la laïcité de l'état, il est impossible de garder ce crucifix en place. Après quelque temps, plus personne n'en parlera et la question sera réglé une fois pour toute.

  • Pierre Deschênes - Abonné 11 octobre 2018 06 h 43

    Baptême politique

    Le crucifix de l’Assemblée nationale représente l’accord passé entre Duplessis et l’Église catholique pour des raisons de pouvoir et de politique. Insister pour le laisser en place, fut-ce pour des raisons « patrimoniales », revient à officialiser à nouveau le lien entre l’État et cette même Église, une sorte de nouveau baptême politique et donc de refus implicite de réelle laïcité.