Hommage à Philippe Couillard

Je n’ai jamais voté pour Philippe Couillard, le trouvant un peu trop fermé aux aspirations légitimes du peuple québécois et insensible à la fragilité de cette petite nation perdue au milieu d’un continent anglophone. Je n’ai pas aimé non plus plusieurs de ses politiques, mais je respecte l’homme droit et intelligent qu’il a toujours été. Et ces qualités se sont de nouveau manifestées avec éclat lors de son discours d’adieu.

Il me semble qu’on n’apprécie pas assez chez M. Couillard l’élégance, la retenue, son ouverture aux aspirations des minorités non plus que cette capacité d’affirmer calmement ses plus profondes convictions sans drames ni coups bas portés à ses adversaires. Ce qui laisse ouverte la possibilité d’un dialogue, aussi difficile soit-il. Au moment de son départ, nous découvrons un homme dont la sensibilité nous avait été cachée durant toutes ses années de vie publique. Voir ce politicien perdre avec dignité et passer le flambeau sans ressentiments excessifs nous console des tristes spectacles qu’offrent certains politiciens au sud et à l’ouest de nos frontières. Cela me conforte dans l’image d’un Québec qui, malgré les tensions qui l’habitent, réussit à maintenir un espace commun où les gens peuvent se parler et peut-être même quelquefois se comprendre.

Le hasard a voulu que j’écoute les paroles du premier ministre juste après avoir vu l’émission animée par Pénélope McQuade nous révélant la brutalité vulgaire des trolls sur Internet. Quel contraste ! Il est rassurant de voir qu’à côté de cette lie nauséabonde, il y a dans notre société des gens qui sont aux antipodes de ces nouveaux barbares.

Monsieur Couillard, vous demandez aux Québécois de vous comprendre et de vous laisser prendre congé en paix. Voilà exactement ce que je vous souhaite : une paix bien méritée éclairée par votre satisfaction d’avoir servi le Québec avec compétence et authenticité.

10 commentaires
  • Yvon Lacasse - Inscrit 9 octobre 2018 11 h 13

    Non mais......

    "l’élégance, la retenue, son ouverture aux aspirations des minorités non plus que cette capacité d’affirmer calmement ses plus profondes convictions "
    Avons-nous connu le même homme? Si vous le comparez aux "trolls", je pourrais dire qu'il y a plusieurs façon de manquer de respect envers autrui, et que le côté manipulateur de ce Prime Minister était à vomir. Il est facile de dire des énormités calmement, mais ça demeure tout de même des énormités. Franchement!

    • Cyril Dionne - Abonné 9 octobre 2018 16 h 12

      Que vous avez raison M. Lacasse.

      Avant de mettre sur un piédestal Philippe Couillard, comme héros de la nation, il faudrait un peu de retenu. Ce personnage triste semblait avoir plus d’affinités avec la majorité anglophone qu’avec ceux qui parlaient français. D’accord pour dire qu’il a été digne dans la défaite, mais il en a rajouté lors de son discours d’adieux. L’essentiel de son discours semblait « souffler sur les braises de l’intolérance ». En des mots peu voilés, il accusait les Québécois de manquer d’ouverture envers les minorités les plus choyées de la planète.

      Celui qui a été le maître d’œuvre de cette austérité qui a fait très mal aux gens ordinaires, ne devrait pas s’annoncer comme donneur de leçons. Ce médecin sans frontière à but lucratif qui a œuvré dans un pays dictatorial, misogyne, intolérant et homophobe, grand ami d’Arthur Porter, ne mérite que d’être oublié, lui qui a été probablement le pire premier ministre du Québec.

      Philippe Couillard dans le panthéon de René Levesque? Pardieu, on pensait que le « pot » devenait seulement légal le 17 octobre prochain. Nous connaissions M. Lévesque et M. Couillard ne lui arrive même pas à la cheville.

  • Claude Gélinas - Abonné 9 octobre 2018 11 h 42

    Le PLQ devenu le parti des anglais !

    L'homme cultivé et brillant a fait une excellente camapgne électorale. Malheureusement, l'usure du pouvoir, le nombre et l'importance de coupures de même que l'enrichissement indû des médecins spécialistes peuvent expliquer en partie le tusnami caquiste.

    Se pourrait-il comme le prétend Denise Bombardier, comme personne n'est parfait, qu'il ait un déficit d'intelligence émotionnelle. Ce qui pourrait expliquer qu'une majorité de Québécois ait délaissé le PLQ prompt à défendre la minorité mais insensible aux inquiétudes de la majorité, minorité francophone en Amérique

    • Cyril Dionne - Abonné 9 octobre 2018 16 h 21

      C'est pire que cela. Le PLQ est devenu un parti francophobe où les votes ne parviennent que des anglophones et des allophones de l’île de Montréal et de l’ouest de l’Outaouais. Lorsque qu’un groupe ethnique vote à plus des trois quarts pour un même parti, élections après élections, on se penserait dans une dictature de bananes. Bonjour intégration.

      M. Couillard n'a jamais cessé de vilipender les Québécois en les traitants de racistes et d’islamophobes. Pire encore, il a eu le culot de commander une enquête sur le racisme systémique. Il ne manquait plus qu’il dise « Allahu Akbar ». Misère.

  • Yvon Bureau - Abonné 9 octobre 2018 12 h 09

    J'aurais tellement aimé ...

    J’aurais tellement aimé lui rendre hommage aussi. Pour avoir permis à sa ministre de la Justice, secondée pleinement par son ministre de la Santé, d’aller contester la Loi C-14/Aide médicale à mourir, en allant directement à la Cour d’appel du Québec, en route vers la Cour suprême du Canada.

    Par COMPASSION pour les personnes qui se présentent péniblement et cruellement à la Cour supérieure, présentement, Par compassion pour les personnes rendues à la fin de leur vie, ayant été discriminées par le Gouvernement Trudeau en adoptant C-14 (malgré le Jugement unanime de la Cour suprême de février 2015); que de drames cruels et inhumains ont eu lieu (dommage++), ont lieu et auront lieu!

    Pour une CLARTÉ juridique et clinique optimale pour les proches, pour les soignants et pour les établissements de soins.

    Pour une SÉRÉNITÉ maximale pour tous.

    Pour une SOLIDARITÉ avec tous nos soignants; ils méritent tellement plus et mieux; plus nos Gouvernements prendront mieux soin d’eux, mieux nos soignants prendront soin des finissants de la vie et de leurs proches (environ 175 personnes québécoises terminent leur vie à chaque jour).

    J’aurais tellement aimé rendre hommage à l’ex-Premier Philippe Couillard pour tout CELA. Dommage+++

  • André Joyal - Abonné 9 octobre 2018 13 h 13

    De Bourassa à Couillard

    Heureux de pouvoir commenter cette lettre, car ce matin nous n'en avions pas la possibilité. À l'instar du signataire de cette lettre, je n'ai jamais voté pour P. Couillard ni même pour le PLQ.

    «Je n’ai pas aimé non plus plusieurs de ses politiques, mais je respecte l’homme droit et intelligent qu’il a toujours été.»
    Bon sang! Comme s'il suffisait d'être droit et intelligent pour marquer l'histoire!. Heureusement, «Le Devoir» ne manque pas de collaborateurs et de lecteurs dotés de ses qualités. Moi, j'ai zappé vite fait quand j'ai vu venir une première petite larme qui a réussi à faire tomber M. Albert dans le panneau. C'est Robert Bourassa qui, dans sa tombe, doit se porter bien aise de la contribution de P. Couillard en politique. En effet, la grande insensibilité de P. Couillard envers l'identité franco-québécoise (oublions l'ordinaire ministre de la santé qu'il fut) nous conduit à idéaliser son prédécesseur Robert Bourassa à qui plusieurs commentateurs ont été induits à le comparer (Brourassa) trop favorablement.

    Or, j'invite tout un chacun à se procurer le passionnant ouvrage de Rodrigue Tremblay «La régression tranquille du Québec , Fides, 2018. En p. 218, une section s'intitule: « Le caractère de Robert Bourassa ou l'homme qui manqua son rendez-vous avec l'histoire. » S'il en est ainsi, de toute évidence, P. Couillard, lui, se fera facilement oublier, ce qui serait mieux pour lui et ses rares admirateurs.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 9 octobre 2018 13 h 23

    Couillard vs les "trolls".

    Ce n'est qu'en comparant Philippe Couillard aux trolls qui sévissent dans la blogosphère qu'on arrive enfin à lui trouver quelque mérite. Pour le reste la carrière politique de ce fossoyeur sermonneur vaut pas qu'on s'y attarde davantage.