Le bon, le saint et le méchant!

Après Québec solidaire, le bon docteur Couillard rejoint le panthéon autour de René Lévesque, auquel il ressemblerait, par son respect absolu des minorités. C’est l’avis de Konrad Yakabuski dans sa chronique de samedi dernier : « Il faut (sic) reconnaître que le fondateur du Parti québécois se fit un devoir d’éviter de faire de la politique sur le dos des minorités linguistiques et religieuses. »

Bref, M. Lévesque devient un modèle pour l’ensemble des Canadiens. Pardonnée, sa saute d’humeur sur les Rhodésiens de Westmount. Célébré désormais pour la loi 101, pourtant dénoncée par les ancêtres libéraux de M. Couillard, leurs cousins d’Ottawa et l’ensemble de la classe politique anglophone du pays comme la pire ignominie jamais perpétrée contre une minorité au Canada. Acquitté de l’accusation de « crime contre l’humanité » pour avoir prôné la souveraineté de son peuple.

Au contraire, François Legault est un boutefeu qui replongerait le Québec dans des débats déchirants et mettrait de l’huile sur le feu. Pire encore, il utiliserait, à l’instar de cet autre méchant, Robert Bourrassa, la « clause nonobstant » pour valider une ignoble loi sur le port de signes religieux par certains fonctionnaires, mesure que d’autres « extrémistes », MM. Bouchard et Taylor, jugeaient un temps opportune.

Élever en sainteté René Lévesque pour se sanctifier soi-même ou mieux conspuer les adversaires ne nous mènera pas très loin. Discutons du projet de François Legault selon son mérite. Ne refusons pas tout débat au nom de principes que même la Cour suprême de l’Union européenne n’a pas considérés comme intangibles.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 octobre 2018 11 h 02

    Une mauvaise foi indigne du Devoir

    Il y a quelques semaines, Konrad Yakabuski écrivait : « l’idée de QS de vider le Fonds des générations pour financer sa lutte contre les changements climatiques a de quoi faire sourciller. »

    Cela était faux. QS ne voulait pas _vider_ le Fonds des générations, mais plutôt cesser d’y contribuer pour quelques années afin que les versements prévus servent plutôt à des fins environnementales jugés plus importantes que le combat contre la dette.

    Samedi dernier, le même chroniqueur présentait René Lévesque comme un grand défenseur des droits des minorités.

    S’il est vrai que René Lévesque a toujours été respectueux des droits de la minorité anglophone, son principal legs est la Loi 101. Or celle-ci est une loi révolutionnaire qui consacre la suprématie du droit collectif du peuple francoQuébécois d’assurer la pérennité de sa langue et de sa culture.

    À cela, l’ethnie dominante du pays s’est empressée d’imposer au Québec une camisole de force constitutionnelle qui, au contraire, consacrait la suprématie des droits individuels, dont celui de tout citoyen de s’assimiler à la langue de son choix.

    Suggérer que René Lévesque n’aurait jamais osé invoquer la clause dérogatoire d’une constitution qu’on a traîtreusement imposée au Québec, est d’une mauvaise foi indigne du Devoir.