Un toast au cynisme

Le cercle des égoïstes, roman d’Eric-Emmanuel Schmitt, présente un philosophe croyant que le monde n’est que l’unique reflet de ses pensées. Le monde provenant de lui, tout était dans les faits sa possession (hommes, animaux, végétaux, etc.). Rapidement, dans le roman, un cercle d’individus, dont chacun persistait à croire qu’ils étaient le foyer du monde, s’est formé autour de sa philosophie.

Lors de la soirée électorale, cette image ne pouvait en aucun moment quitter mon esprit. Si les résultats des élections n’ont prouvé une seule chose, ce n’est pas la mort du souverainisme ni celle du Parti québécois, mais bien l’égoïsme des Québécois comme décrit plus haut. Qu’est-ce qui me permet de dire cela ? Le faible intérêt pour les enjeux environnementaux des Québécois moyens illustré notamment par l’élection du parti ayant un des programmes environnementaux les moins développés, oui, mais aussi par une campagne générale ne l’abordant uniquement qu’à reculons. Un mot ici, un mot là et c’est fini !

L’enjeu de l’environnement se caractérise chez la jeunesse par une grande mobilisation et un désir de s’exprimer. C’est d’abord nous qui allons être principalement affectés par les impacts environnementaux. Or, l’élection de la Coalition avenir Québec comme gouvernement majoritaire a été d’une désillusion foudroyante. Ce qui a suscité tant d’émotions chez la jeunesse en a laissé de marbre plusieurs.

Le Québec ne s’est donc pas seulement prononcé sur le blason qu’il allait arborer pour les quatre prochaines années, mais aussi sur sa philosophie. La soirée électorale 2018 marquera la journée où le Québec devenu un membre à part entière du cercle des égoïstes. Comme quoi l’étoffement du portefeuille l’emporte sur des enjeux bidon tels que l’écosystème.

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