Le PQ doit demander l'aide à mourir

À ses débuts, le PQ venait jouer dans les plates-bandes d’un autre parti souverainiste, soit le RIN de Pierre Bourgault. Ce dernier, voyant le tapis lui glisser sous les pieds, proposa de fusionner les deux formations, mais Lévesque ne voulait pas en entendre parler. Le RIN était trop radical pour lui.

Plaçant l’intérêt de la nation en premier, Bourgault décida de saborder son parti, en demandant à ses membres de joindre le PQ pour l’influencer de l’intérieur. Résultat, la gauche souverainiste devint la plus grande force de changement au Québec, pour deux générations.

Aujourd’hui, les jeux sont inversés. Le PQ a encore un nombre important de membres, mais il est vieillissant et n’attire plus les jeunes. Presque moribond, victime d’acharnement thérapeutique, il risque de suivre la recette du bon vieux Brassens, mourir pour ses idées, mais de mort lente. Sa meilleure chance de voir sa vision survivre est de « noyauter » QS par sa base. Sans lui enlever ses rêves, les péquistes pourraient lui injecter une dose de pragmatisme et offrir ainsi aux Québécois une véritable force de gauche souverainiste.

Il me semble que Véronique Hivon serait la personne toute désignée pour administrer cette aide à mourir.

20 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 4 octobre 2018 00 h 53

    Deux partis

    Il y a beaucoup de va-et-vient entre la CAQ et le PLQ. Pourtant, il est rare qu'on en vienne à les confondre. Pourquoi tient-on absolument à confondre QS avec le PQ? Cette page le montre quotidiennement, il s'agit de deux partis qui permettent à des gens qui ont des valeurs différentes d'avoir un véhicule politique qui leur convient. Et c'est bien comme cela. Avec le scrutin proportionnel, j'espère que ce genre de confusion cessera.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 4 octobre 2018 07 h 00

      Je suis bien d'accord avec vous, d'autant plus que QS sert de repoussoir pour une bonne partie de la population, celle qui ne partage pas les "charte des valeurs" de la gauche. Je ne m'explique toujours pas cet empressement, de la part de certains péquistes, à continuer à faire des appels du pied à cette formation malgré le fait d'avoir été éconduits et humiliés une prmière fois. Comme le disait Victor-Lévy Beaulieu il y a quelques années: "le PQ désapprend". Malheureusement il continue de désapprendre.

      Toutefois il serait bien utopique de penser que le scrutin proportionnel sera adopté dans un avenir prévisible: ce genre de réforme demande l'aval de tous les partis mais le PLQ s'y opposera mordicus, clientélisme oblige. Mieux vaut oublier ça (de toute manière, nommer d'office des députés à partir de listes partisanes et les imposer à la population ne fait pas vraiment démocratique).

    • André Joyal - Abonné 4 octobre 2018 08 h 14

      M. Jodoin, même si vous n'aviez que 20 ans et dussiez vivre jusqu'à 100 ans, sachez que le scrutin proportionnel vous ne verrez pas ça de votre vivant. À 30 ans, j'y croyais, j'ai présenté un mémoire lors du passage d'une commission mise sur pied par le PQ lors de son 2è mandat. Il ne s'est rien passé. Et, comme c'est la 20è priorité de la population, il ne se passera jamais rien dans ce sens malgré tous les efforts des Claude Béland de ce monde et des promesses de la CAQ. Dommage.

  • Gaston Bourdages - Abonné 4 octobre 2018 05 h 17

    Votre image monsieur Léger est....

    ....à mon humble avis, très forte et représentative de l'actuel état de santé du Parti Québécois. Un état de santé chacelant, très. J'ai ici le goût d'ironiser. Et si, pour cette mort à venir diagnostiquée, le PQ et ses membres demandait au Dr. Gaétan Barrette d'intervenir ?
    Monsieur Brian Myles dans un de ses éditoriaux de cette semaine écrivait entre autre : « La politique ne fédère plus l'agora politique avec des projets collectifs d'avenir ». C'est, à mon sens, beaucoup, énormément dire. Cette phrase de monsieur Myles j'ai transmise à madame Hivon avec .c.c. à messieurs Pascal Bérubé et Sylvain Gaudreault en leur mentionnant que j'avais modifié « La politique ne fédère plus l'agora citoyenne par LE politique ne fédère plus l'agora citoyenne....» pour ici mieux identifier que ce sont les acteurs du monde politique qui ne fédèrent plus. Le PQ est dans le flou, dans le mal ou pas défini. Il joue aussi le jeu des « autres » : « un trou, une cheville » ou un bobo...un diachylon. Y-a-t-il une pensée profonde chez le PQ ?
    Quelles sont les forces et faiblesses personnelles de celles et ceux du PQ ayant été réélus ? Avant de laisser un dernier souffle, qui au PQ a le goût d'en faire un diagnostic ? Pourquoi ces neuf ( pour le moment ) ont-ils été réélus alors que pour le reste, ce fût la débandade ?
    Que diraient, en pareilles circonstances feue madame Payette et feus messieurs Bourgault, Lévesque, Parizeau et autres anciens décédés ?
    Aux survivantes et survivants au PQ, la meilleure des réflexions possible. Dehors le potentiel sentiment de culpabilité. Investissez sur vos forces tout en étant conscient de vos faiblesses. La force de l'un.e compensera pour la faiblesse de l'autre et l'inverse.
    Sans prétention,
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

  • Raynald Rouette - Abonné 4 octobre 2018 05 h 47

    Jamais QS ne remplacera le PQ!


    Si René Lévesque avait voulu travailler avec Pierre Bourgault, le Québec serait libre aujourd’hui.

    Le seul moment dans l’histoire du Québec où il y eu un véritable rapport de force entre Québec et Ottawa, c’est lorsque le PQ a été au pouvoir, majoritaire.

    De 1976 à 1995 le Québec a été respecté, craint, plus que jamais par Ottawa et le ROC. Ce n’est plus le cas et nous en payons chèrement le prix, même si nous refusons de l’admettre.

    Le Québec est redevenu une province comme les autres, dans la colonie du Canada.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 octobre 2018 09 h 39

      En politique, il ne faut jamais dire ‘jamais’.

      Pour n’importe quel indépendantiste du Québec, le grand avantage de Québec Solidaire, c’est qu’il a l’oreille des Millénariaux.

      Si ces derniers sont très majoritairement fédéralistes, ils le sont pour des raisons superficielles. Bref, QS est en mesure de les convaincre et de redonner un second souffle au mouvement indépendantiste. Ce qui aidera le PQ à renaitre de ses cendres.

      Mais si QS veut égaler ou dépasser le PQ, il lui faudra tenir compte de ce qui suit.

      Ce qui suit est un discours de 60 secondes que j’aurais aimé entendre de la bouche de Jean-François Lisée au cours de cette campagne.

      « Depuis sa création, le Parti Québécois a révolutionné le Québec:
      • la loi 101,
      • les garderies publiques,
      • la loi de protection des consommateurs,
      • le zonage des terres agricoles,
      et bien d’autres mesures dont on ne pourrait plus se passer aujourd’hui.

      Après des années d’immobilisme, je vous propose un grand bond en avant.

      En plus de faciliter la tâche des jeunes familles, prendre soin des ainés, construire des logements sociaux, réparer notre système de santé et nos écoles, je vous propose d’assurer la survie du français par une politique migratoire audacieuse.

      Tout comme René Lévesque a électrifié tout le Québec, je veux répandre l’internet à haute vitesse dans toutes les régions.

      De plus, je veux entamer la création d’un réseau futuriste et panquébécois de monorails électriques et, de manière plus immédiate, électrifier le transport en commun à Montréal.

      Bref, voyons grand.

      Aidez-moi à bâtir un pays à la hauteur de ce que nos ancêtres espéraient pour nous.»

  • Jacques Pellerin - Abonné 4 octobre 2018 05 h 55

    L'obsession d'etre à gauche

    Et combien de votes le PQ a-t-il perdu de par l'obsession de Lisée envers Québec Solidaire....entre la gauche et le nationalisme, c'est la gauche qui prévalait

    • Jacques Gagnon - Abonné 4 octobre 2018 12 h 59

      On se voit cantonnés obligatoirement à gauche pour devenir indépendants. Comme si nous voulions fonder un pays à gauche. Pour fonder un pays, il faut des valeurs profondes consensuelles qui rallieront toutes les tendances. La Charte québécoise des droits et liberté en contient l'essentiel, auxquelles il faut greffer des éléments qui nous distinguent comme la langue, socle de la culture à préserver. Il n'y a ni gauche ni droite là-dedans.

  • Jean Lapointe - Abonné 4 octobre 2018 07 h 55

    Le Parti québécois ne mourra pas tant que l'indépendance ne sera pas acquise.

    «Presque moribond, victime d’acharnement thérapeutique, il risque de suivre la recette du bon vieux Brassens, mourir pour ses idées, mais de mort lente.» (Benoit Léger)

    Monsieur Léger ne doit pas être un souverainiste et encore moins un indépendantiste.parce que, s'il l'était vraiment, il ne dirait pas de telles conneries. C'est que l'idée de l'indépendance, c'est-à-dire de la liberté pour un peuple, ne disparaîtra sûrement pas. L'idée d'indépendance du Québec ne sera jamais dépassée à moins que tous les Québécois subissent un lavage de cerveau.

    La meilleure chose qui pourrait arriver ce serait que Jean-François Lisée se preprésente lors de la prochaine course à la chefferie s'il le désire bien sûr. Moi pour un qui suis membre du parti depuis longtemps je voterais pour lui sans hésiter parce qu'il est le meilleur dans tous les domaines. S'il n'a pas été réélu ce n'est pas parce qu'il a été mauvais mais bien plutôt pour d'autres raions sur lesquelles je reviendrai une autre fois.

    Le Parti québécois avec ses 80,000 membres ne mourra pas. Maintenant que les libéraux ont été battus nous pouvons passer à autre chose. La CAQ ne fera pas long feu à mon avis. Il y a au sein du Parti québécois des gens très déterminés qui ne lâcheront pas tant que l'indépendance ne sera pas acquise.

    Il ne faut pas écouter les prophètes de malheurs tel que Benoit Léger. On dirait que ce monsieur préfère la mort à la vie.