Le coup final

Ça y est. 20 h. Mon coeur serre malgré cette décision bien réfléchie.

Je n’y serais pas allée de toute façon.

« Mon droit fondamental de citoyen vivant dans un système démocratique », « la seule façon de me faire entendre », « mon droit », « mon obligation » : toutes ces phrases maintes fois entendues n’auront eu aucune influence sur mon choix final.

Ni les fausses promesses. Ni les discours vides. Ni les appels de pointage. Ni ma bonne conscience de « pouvoir chialer parce que j’ai voté » ne m’auront fait changer d’idée.

C’est arrivé comme ça. Un matin. Je me suis dit que le cirque était fini pour moi. Que j’arrêtais de faire semblant.

Après des années de militantisme, de réflexion et d’implication, à vouloir y croire sincèrement, je décroche.

Le mandat du PQ suivant le Printemps érable avait commencé à m’achever.

Mon vote pour Valérie Plante m’a amortie.

Cette présente campagne électorale a été le coup final.

Aucune innovation. Aucune confiance envers ces paroles répétitives et vides. Envers ces beaux sourires de confiance en l’avenir, envers ces images toutes préparées de « bisou au bébé », de « croquage de pommes au verger »…

Plus rien à cirer. Plus d’énergie à mettre dans cette grosse farce dans laquelle les citoyens embarquent en se disant que c’est la meilleure (et la seule) façon de s’exprimer.

De ces commentateurs qui s’enflamment pour un oui ou un non en ayant en tête les cotes d’écoute.

Tout cela sonne faux. Et tout le monde sait que ça l’est.

Je serai toujours une citoyenne impliquée, mais dans le concret et dans le réel. Pas à distance d’un parlement, les bras ballants.

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5 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 3 octobre 2018 15 h 29

    « Je me suis dit que le cirque était fini pour moi. » (Élizabeth Gagnon-Whear)

    La même pensée s'est imposée à mon esprit! Depuis 1976, c'est la première élection où je m'abstiens de voter. Cette dernière campagne électorale fut une mascarade. Tout parti confondu, le slogan de ces élections vaudevillesques se résumait par: «À boire et à manger pour tous! On vous le promet!»

    L'exercice « démocratique » qui se résume à déposer simplement un bout de papier dans une boîte de carton une fois tous les quatre ans ne demande aucune réflexion.

    Or, le vote ne doit pas être un automatisme qui résulte d'une impression et qui répond à un slogan. Il faut qu'il soit l'aboutissement d'une réflexion. Si aucun parti ne nous interpelle, si aucun candidat ne suscite notre adhésion, eh bien! on ne vote pas! Pour l'instant, les partis peuvent bien promettre n'importe quoi, en sachant qu'ils récolteront toujours le vote des ingénus qui participent au scrutin par réflexe conditionné…

    Pour quelle raison me serais-je déplacé pour voter, alors que l'on m'offrait le choix entre Bonnet blanc, Blanc bonnet et Kif kif bourricot?

    Par exemple, le PQ, le PLQ et la CAQ ne veulent pas revoir à la hausse les redevances minières. Pour ces partis, la «juste part» que reçoit le Québec s'élève à 1, 25% de la valeur de la ressource minière extraite… De ce pourcentage minime, il faut soustraire «le coût des études d’impact social et environnemental» ainsi que les dépenses «d’exploration»… Autrement dit, les compagnies minières empochent d'énormes bénéfices sans véritablement verser de redevances. Pour couronner le tout, ces trois partis cesseraient de soumettre les projets miniers à une évaluation environnementale. De même, les journaux rapportaient que M. Lisée jugeait trop contraignantes les règles de conservation des milieux humides.

    L'accès à la justice et l'exportation de nos ressources naturelles manufacturées aux USA n'ont pas non plus été débattus.

    Pour ce qui est de QS, il dénature le progrès social en amalgamant la religion avec les enjeux sociaux.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 3 octobre 2018 15 h 42

    Prenons un autre exemple qui touche le débat qui n'a pas eu lieu sur l'exportation manufacturée de nos ressources naturelles


    Prenons un autre exemple qui touche le débat qui n'a pas eu lieu sur l'exportation manufacturée de nos ressources naturelles, alors que la question était d'actualité dans le contexte de la lutte tarifaire qui nous oppose aux USA :

    L'industrie agro-alimentaire québécoise utilise des contenants qui sont fabriqués aux États-Unis avec de l'acier et de l'aluminium canadien. Trump a imposé un tarif douanier sur notre aluminium et notre acier.

    En conséquence, les contenants (les canettes et les boîtes de conserve) fabriquées aux États-Unis avec nos ressources se vendent plus chers dorénavant au Québec. Serait-on incapable de fabriquer des contenants? Pour quelle raison notre acier et notre aluminium ne seraient-ils pas transformés au Québec?

    De même, le PQ, le PLQ et la CAQ n'ont pas débattu sur les véritables enjeux sociaux que sont l'accès à la justice et les «poursuites-bâillons» ainsi que sur l'inutilité onéreuse des parcs éoliens et des petits barrages hydroélectriques qui grèvent les finances publiques. Le reste est à l'avenant.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 3 octobre 2018 16 h 48

    … lâche pas la patate !

    « Après des années de militantisme, de réflexion et d’implication, à vouloir y croire sincèrement, je décroche. » (Élizabeth Gagnon-Whear)

    Bien sûr que, parfois, se décrocher d’une quelconque cause, salutaire ou selon ?!?, peut en libérer d’autres et avec des moyens susceptibles, une fois le recul comblé de sagesse ou selon, d’épauler tout cheminement citoyen personnel ou collectif !

    Tout le monde sait que le milieu politique, accaparant !?!, est un endroit difficile à parcourir tant et si bien qu’il n’intéresse personne sauf tout le monde !

    Sur ce, et comme il se dit en québécois, …

    … lâche pas la patate ! - 3 oct 2018 –

    Ps. : Notre principale cause aurait été (et l’est toujours) celle de l’Enfance de Duplessis-Léger et du Monde de la « déficience intellectuelle », deux joyaux de la Nation du Québec à démystifier et comprendre de sagesse citoyenne et démocratique !

  • Jean-Charles Morin - Abonné 3 octobre 2018 17 h 11

    Tout ce blabla pour dire ça?

    Si je comprends bien le sens de votre texte, vous n'êtes pas allée voter lundi dernier.

    Et puis après? Près du tiers des électeurs potentiels ont fait comme vous. Ils n'en sont pas morts que je sache.

    Je suis sûr que vous allez vous en remettre d'ici la prochaine fois.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 3 octobre 2018 19 h 39

    «Tout ce blabla pour dire ça?» (Jean-Charles Morin)



    … Ce laconique blabla qui commente la raison pour laquelle nous n'avons pas voté.