Rien n’est réglé en Catalogne

Il y a un an se déroulait un affrontement violent et surréaliste dans un pays qu’on croyait démocratique entre le pouvoir central espagnol et les indépendantistes catalans. Reconnaissons d’abord l’énorme bêtise d’une déclaration unilatérale d’indépendance (ou d’ailleurs de n’importe quoi quand plusieurs partenaires sont impliqués) — surtout avec moins de 40 % d’appuis. La réaction de Madrid était cependant complètement cruelle et déraisonnable quand on sait que le mouvement indépendantiste catalan s’est nourri de l’intransigeance bête du gouvernement central et qu’il s’est toujours comporté de façon pacifique et démocratique, contrairement aux Basques de l’ETA, qui se sont longtemps engagés dans une lutte armée. Une des choses les plus tristes dans toute cette histoire restera sans doute l’appui des pays de l’Union européenne donné au pouvoir madrilène. Comme l’écrivait fort justement François Brousseau, la solitude catalane est poignante — ce qui est d’autant plus injuste que la Catalogne est un pays ouvert sur le monde avec une contribution d’une grande richesse à la culture européenne et mondiale.

Un an plus tard, malgré un nouveau gouvernement central en apparence un peu plus conciliant que son prédécesseur, rien n’est réglé et l’impasse juridico-politique qui n’en finit plus a créé un milieu propice au développement de conflits internes au sein des indépendantistes. Un beau gaspillage d’énergies et de talents.