L’anglais de Manon

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, aura beau invoquer les difficultés qu’elle éprouve avec sa « langue de Shakespeare toute mélangée », on ne peut imaginer qu’elle puisse mélanger les mots « marxist » et « marxiste ».

Dans une entrevue accordée à CBC, Mme Massé n’a pas rejeté les étiquettes que certaines adversaires tentent de coller au parti de gauche. Elle a expliqué que son parti souhaite une révolution en matière de changements climatiques. « Si vous appelez ça être socialistes, bien sûr que nous le sommes. S’ils appellent ça du marxisme ? Oui, ça l’est », a-t-elle affirmé… en anglais. Or, à l’occasion d’un point de presse à Rouyn-Noranda, Mme Massé a précisé que ce qu’elle souhaitait exprimer à CBC, c’est que les étiquettes n’étaient pas importantes pour elle.

Dans le même ordre d’idées, rappelons-nous qu’en début de campagne, Mme Massé avait plaidé ses défis avec la langue de Shakespeare après avoir déclaré que l’anglais « is an official language in Quebec ». Avouons que la traduction française ne demande pas un cours de traduction 101 !

Finalement, dans tout cet « imbroglio », Mme Massé s’est engagée à continuer à améliorer son anglais. Pourtant, si je me fie aux exemples précités, je n’en vois aucunement la nécessité… la traduction littérale ne prête à aucune confusion !

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11 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 28 septembre 2018 07 h 08

    C'est pas les ''gros chars''!

    Manon Massé, forte au plan des sentiments, mais faible au plan intellectuel et des connaissances. Comme François Legault. Ainsi va la vie politique québécoise en 2018.
    M.L.

  • Jean-François Trottier - Abonné 28 septembre 2018 08 h 36

    L'exemple de l'URSS

    L'URSS était marxiste.

    Il n'existe aucun, aucun cas de "marxisme mitigé" au monde, et SVP ne mêlez pas la social-démocratie au marxisme!! Je suis un peu pas mal écoeuré de la confusion qui règne autour de ces visions sociales aux antipodes l'une de l'autre.

    Le marxisme est extrémiste ou n'est pas. La mesures proposées par Manon et QS, qui passent toutes par faire payer les riches, ne feront que les faire fuir. Hé! Y a pas (encore) de mur autour du Québec!
    Alors pour continuer il faudra imposer les moins riches, et les encore moins riches. Exactement ce qui arrive maintenant à Maduro suite à Chavez. Ça, c'est du marxisme.
    La marxisme a prouvé mille fois qu'il est bien plus contre les riches que pour les pauvres. Les pauvres, il les utilise en otages moraux.

    L'URSS, mais aussi la Chine et pas mal tous les pays marxistes ont, pour le "bien commun", fini par laisser tomber complètement l'écologie.
    Que ce soit Tchernobil ou les nuages de pollution sur Beijing, le marxisme n'a pas dans son étroite grille quoi que ce soit sur le respect de l'environnement. Ils doivent avant tout démontrer que leur modèle économique est viable, alors l'environnement prend le bord.
    (La Chine est encore une dictature et a conservé bien des structures de son passé communiste)

    Toutefois, ces pays restent encore aujourd'hui les "plus grandes défenseurs de l'environnement" quand il s'agit de condamner les autres!!
    Et que fait QS ?

    C'est ça, QS condamne, QS accuse, et QS sera pire que tout.
    Aux mêmes comportements surviennent les mêmes effets, où que ce soit.

  • Bernard Dupuis - Abonné 28 septembre 2018 10 h 05

    Améliorer son anglais ou son français?

    Après le débat en anglais, de nombreuses personnes autant francophones qu'anglophones m’ont fait remarquer qu’il était inconcevable qu’une personne qui aspire à devenir premier ministre ait tant de difficultés avec la langue anglaise. Toutefois, personne ne s’offusquait que le français de Manon Massé faisait encore bien pitié. On lui conseillait de perfectionner son anglais, mais on acceptait la pauvreté de son français sans rien dire.

    Il a fallu attendre que Gilles Duceppe fasse une remarque pour prendre conscience que Manon « parle mal en viarge ». Je veux bien que Manon Massé suive des cours d’anglais, mais il serait impératif qu’elle en suive aussi en français.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 septembre 2018 10 h 27

      Mme Massé sait exprimer avec une grande clarté des idées complexes et a une syntaxe généralement correcte - j'avoue même avoir été agréablement surpris aux débats - et quelquefois le parler populaire ressort, que je ne qualifie pas de "mauvais parler".

      Très franchement, j'entends des fautes aussi fréquentes et graves chez Couillard et Legault, bien que de nature différente - ça passe inaperçu parce que beaucoup ne connaissent pas la langue (Lisée est meilleur, j'en conviens). Par exemple, sur l'usage abusif et quelquefois hors-sens du mot "enjeu" - sur les circonlocutions dues à l'ignorance de syntagmes tels que "auxquelles, desquelles, quant auxquels, dont" - mais je ne le leur reproche pas - ce sont les idées et les programmes qui comptent.

      Mais le parler populaire est plus facilement identifiable et plus facilement stigmatisé. Duceppe en est encore à la période pré-"Belles-sœurs" du "bon-perler" - pré libération culturelle québécoise.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 septembre 2018 10 h 30

      Question indirectement reliée: l'anglais et le français de Jean Chrétien l'ont-ils empêché d'être premier ministre? Je ne me souviens pas d'avoir entendu Duceppe le critiquer là-dessus pendant qu'il était dans l'opposition.

    • Bernard Dupuis - Abonné 28 septembre 2018 19 h 18

      À Raymond Labelle

      Ce n’est pas parce que Couillard, Legault et Chrétien font des fautes que cela justifie Manon Massé de se ficher de la langue française. C’est tomber dans l’ornière du populisme linguistique.

      Pour certains, Manon Massé peut faire des fautes, utiliser des calques de l’anglais (come on gang) des anglicismes (free pass) n’est pas très grave, car ce n’est que du mauvais français. Toutefois, faire des fautes en anglais mérite de retourner sur les bancs d’école par respect pour les concitoyens anglophones. Les francophones peuvent bien aller se rhabiller.

      Dire que Gilles Duceppe n’a pas évolué depuis les « Belles-sœurs » n’a aucun sens. Tremblay a inventé une langue pour ses besoins artistiques et théâtraux comme on le fait aujourd’hui pour le « slam ». C’est une autre généralisation abusive de dire que nos grands-mères et nos mères parlaient comme dans les pièces de Tremblay. Elles ne parlaient pas le « jument ».

      Manon Massé comme beaucoup de jeunes montréalais ne parlent pas le « joual », mais le « horse », car ils ne font même pas l’effort de trouver le mot de vocabulaire français pour exprimer leurs idées « clairement ». Si le français disparaît tranquillement de Montréal, ce n’est pas à cause des Anglais ou des Immigrants, mais à cause des modes anglicisantes chez les jeunes.

      Utiliser Michel Tremblay pour justifier la médiocrité du français de Manon Massé m’apparaît n’avoir aucun sens.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 septembre 2018 22 h 45

      Les reproches de Duceppe: "Il enchaîne en donnant quelques exemples d’expressions fautives employées selon lui par la députée solidaire et qui lui écorchent les oreilles : « Ça l’a beaucoup d’importance » (au lieu de « cela a »), « les travailleurs social » (au lieu de « sociaux »), et « les vingt “zemployés” ». (Voir: https://www.ledevoir.com/politique/quebec/537687/au-tour-de-gilles-duceppe-de-lancer-une-attaque-frontale-contre-manon-masse )

      Il s'agit bel et bien de langage populaire.

      De plus, généralement, elle accorde ses pluriels "al" - elle en a échappé une. J'ai écouté les débats - vous aussi - vous savez très bien que Duceppe exagère et va chercher les erreurs occasionnelles de Manon Massé, qui sont vraiment l'exception - il va chercher les poux - généralement, elle ne fait pas ces erreurs.

      Dans la petite bourgeoisie, l'ignorance de la langue est mieux dissimulée. On prononce plus près du français normatif. La nature des fautes sont différentes. Les orteils me retroussent très souvent en écoutant même Couillard.

      Je ne justifie pas ces fautes. Je dis que les fautes du langage populaire sont plus facilement identifiables et stigmatisables. C'est ce que fait Duceppe - il stigmatise le langage populaire. Je maintiens.

      Duceppe dit que cela n'est pas digne d'un PM - je n'ai jamais entendu Duceppe critiquer le français ou l'anglais de Jean Chrétien quand ce dernier était premier ministre quand Duceppe était dans l'opposition. Et quand bien même aurait-il dit que cela empêche JC d'être PM...

      Bien entendu, ô comme je préférerais que tout le monde maîtrise mieux la langue. Comme vous, j’imagine. Je dis juste que Manon Massé n’est pas pire que les autres.

  • Yvon Lacasse - Inscrit 28 septembre 2018 12 h 22

    QS nous prend pour qui?

    Faire semblant de ne pas connaître le lien entre "Marxist" et "marxiste", eh bien, c'est présumé que les gens sont caves en torrieu, comme elle dit.
    J'ai consulté la définition de démagogie sur Wikipedia, et on pourrait changer le terme pour "campagne QS 2018", c'est sidérant!
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Démagogie C'est à lire!
    On y parle de "manipulation des peuples", "discours flatteurs", "appel aux passions", "argumentation simpliste", "paresse intellectuelle" et bien sûr la "satisfaction immédiate des souhaits du public ciblé"
    Que voilà un portrait saisissant d'une approche biaisée qui mène irrémidiablement au statu quo, en divisant les votes au profit du supposé ennemi néolibéral (qui ne fera rien pour lui nuire, bien sûr).

  • Raymond Labelle - Abonné 28 septembre 2018 13 h 05

    Retour aux faits

    Voici la citation texto à la source de cette controverse: "I think that the revolution that Québec Solidaire brings up, it's a revolution [that] puts climate change and people at the centre of our target,""If you call that socialism, of course we are. If you call it — what did you say, Marxism? — yes, it is," (Voir:https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/manon-mass%C3%A9-misses-the-marx-1.4837793

    Ça veut dire que, peu importe comment vous l'appelez, notre idée est celle-ci - ça veut dire, on s'en fout des étiquettes.

    Puis, parlant de cette citation, Mme Massé a dit: « Dans ma langue de Shakespeare toute mélangée [ce que je voulais dire], c’est que les étiquettes, pour moi, ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est ce qu’on veut faire pour le peuple », a-t-elle indiqué." (Voir: https://www.ledevoir.com/politique/quebec/537602/qs-marxiste-manon-masse-rectifie-le-tir )

    Dans cette phrase son anglais n'était pas si mauvais, et ce sens transparaissait clairement. C'est juste que le gros mot "Marxist" fait freaker ben du monde et, ce faisant, distorsionne l'interprétation et "Si vous vous voulez appeler ça marxisme nous le sommes" devient "nous sommes marxistes".

    • Richard Legault - Abonné 28 septembre 2018 18 h 14

      Tous ceux qui montent aux barricades dès qu'il est question d'un peu plus d'humanité et de respect pour la Nature, aiment bien brandir l'épouvantail du marxisme et du communisme. Réveillez-vous, ce système va nous détruire, tous et toutes, si nous ne faisons rien!