Avant de voter, levons vite l’ambiguïté

Le vote est fondamentalement un exercice citoyen. Et chaque vote devrait compter pour un seul. Malheureusement, force est de constater que certains citoyens votent plusieurs fois. Ce sont les chroniqueurs, journalistes politisés et « analystes » privilégiés. Ils votent par la diffusion de leurs opinions et l’infusion de leur religion. Et, pire, de puissants intrus, des non-citoyens votent. Les sondages votent, massivement. Qui sont-ils, notre miroir ? Supposément. Hélas ! Les sondages ont beau s’appuyer sur la science, ce sont des sortes de baguettes magiques, bonnes pour orienter, voire pour manipuler le vote. Ainsi votons-nous comme des girouettes, pour confirmer les prédictions de ces grands sorciers électeurs.

Que dire d’autre du présent exercice ? L’économie va bien, très bien. Au Québec, mais pas seulement ici. Elle a le vent dans les voiles au Canada, quai à quai ! De Vancouver à Halifax, c’est le plein emploi. Quelle lecture en faire, alors ? Quand l’économie respire bien, les politiques gouvernementales doivent être réajustées. Et lorsque le scrutin se prépare sur un plancher de coffres communs bien remplis, les enveloppes de promesses électorales se livrent grandes et ouvertes. Finie la sauvage austérité, bienvenue la sociale collectivité. Est-ce aussi simple que cela puisse apparaître ? Non. La question cruciale est de savoir à qui confier les choix politiques sous la prospérité, pour la consolider tout en éliminant les causes de la pauvreté.

9 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 27 septembre 2018 01 h 43

    N'importe quoi...

    «De Vancouver à Halifax, c’est le plein emploi. »

    Avec un taux de chômage de 13 % et un taux d'emploi de 53 %, les Terreneuviens doivent applaudir!

    • Jordi Pourcher-B. - Abonné 27 septembre 2018 08 h 09

      il est écrit de Vancouver à Halifax, pas de Vancouver à Saint-John!

    • Mario Jodoin - Abonné 27 septembre 2018 14 h 33

      J'avais remarqué, mais la phrase précédente est plus emglobante : «Elle a le vent dans les voiles au Canada, quai à quai !»

      Et avec un taux de chômage de 8,3 % en août en Nouvelle-Écosse et un taux d'emploi de 58,1 %, c'est loin du plein emploi aussi!

  • Jordi Pourcher-B. - Abonné 27 septembre 2018 08 h 10

    Tellement vrai!

    C'est tellement bien dit!

  • Denis Carrier - Abonné 27 septembre 2018 09 h 26

    Élection clefs en main

    Comme vous avez raison monsieur Munyabagisha de soulever l’importance de l’opinion des commentateurs pas toujours neutres et dont l’influence équivaut à voter plusieurs fois. La télévision, cette «big sister» des temps modernes, donne à ceux qu’elle a choisi de favoriser une élection clefs en main. Présentement, pour diffuser, il faut être plus que neutre. Il faut obtenir d’Ottawa un permis répondant évidemment à certains critères dont le plus important est d’être favorable à ce que Trudeau père et Mme Coops ont appelé «contribuer à l’unité canadienne». On comprend alors dans quelle situation se retrouve un parti prônant l’indépendance. À quand un CRTQ plutôt qu'un CRTC?

  • Monique Girard - Abonnée 27 septembre 2018 10 h 11

    Effectivement...

    Effectivement, vous avez raison de soulever ce point fort important. On dirait que les citoyens ne peuvent plus penser par eux-mêmes. Ils ont besoin qu'un grand nombre de supposés experts, chroniqueurs, des gens que j'appelle des opinieux, sans compter les SONDAGES leur disent quoi penser pour savoir pour qui voter.
    Est-ce trop demander aux médias de simplement nous parler des programmes des partis politiques, de les comparer, de ressortir les principaux enjeux, de certes suivre les chefs en campagne électorale et de traiter des problèmes régionaux sans nous montrer tel chroniqueur ou tel journaliste faire son analyse personnelle avec son supposé humour ou son sarcasme?
    Et que dire du temps mis à nous rabattre les oreilles avec les sondages, à les décortiquer, à les analyser de tout bord, de tout côté! C'est dommage car le travail des médias est essentiel et ils sont plusieurs à faire leur travail avec professionnalisme mais pourquoi les sondages ont-ils tant pris de place dans les campagnes électorales? D'autant plus qu'un sondage n'est que le portrait d'une situation à un moment donné et que tout peut changer, quelle est cette ardeur mise à tant en parler?

  • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2018 10 h 23

    La manipulation des sondages et le populisme de l'extrême gauche

    Les sondages ne sont que des instruments pour essayer de manipuler l’opinion publique. On l’a vu aux États-Unis avec les élites de l’establishment aux souliers cirés, oui les mêmes mondialistes, libre-échangistes et néolibéralistes de Wall Street qui publiaient sondages après sondages que leur candidate préférée, Hillary Clinton, avait 92% des chances de l’emporter. Les journaux se sont prêtés à cette manipulation odieuse, notamment le New York Times et le Washington Post. On le voit aussi avec un groupe d’extrême gauche populiste marxiste-léniniste qui se targue d’être les élus qui ne peuvent être critiqués et où le chef se compare à René Lévesque. On n’est pas sorti du bois.

    L’économie va très bien à cause de l’influence américaine. Mais ces temps-ci sont résolus avec l’ALÉNA qui ne sera plus. Ajoutez-y quelques députés de Québec solidaire qui risquent d’avoir la balance du pouvoir et vous allez voir l’endettement, l’économie et les services sociaux donnés à la population se rétrécir comme une peau de chagrin. Et que dire de la cote de crédit du Québec qui va en prendre pour son rhume. Pour ceux que ça intéresse, lorsque celle-ci est dévaluée, nos intérêts sur la dette montent en flèche et donc moins d’argent pour les services à la population. L’exode de ceux qui paient pour tout le monde, la classe moyenne, commencera.

    • André Labelle - Abonné 27 septembre 2018 15 h 09

      Vous écrivez :«L’économie va très bien à cause de l’influence américaine.» Attendez que la bulle économique pette. Elle se prépare ...
      La santé économique des USA a été dopée par les déclarations de guerre économique de Trump. C'est comme quand on annonce une tornade, les épiceries se vident.
      Vous jouez aux Cassandres et êtes incapable de faire la part des choses. L'extrème-gauche, si tant est qu'elle existe au Québec, n'a rien à envier à l'extrème droite, si tant est qu'elle existe au Québec (bis ;-) ).
      En ces jours je pense qu'un gouvernement minoritaire arrive à Québec serait une excellente nouvelle. On pourra alors compter sur un plus large éventail d'opinions.
      «Gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare!»
      [Michel Audiard]

    • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2018 18 h 14

      Cher M. Labelle,

      « La bulle économique a déjà pettée » en ce qui concerne le Québec et le Canada. Il n’y aura aucun accord économique et l’ALÉNA est un vestige du passé. Les citoyens américains achètent les produits des autres alors qu’ils pourraient les fabriquer eux-mêmes. En passant, 80% des produits québécois sont exportés vers les États-Unis. Tout cela pour dire que l’Amérique de Trump n’a pas besoin du Québec. Les Américains vont connaître une période de croissance économique historique alors que nous, nous allons nous appauvrir.

      Cela dit, au Québec, c’est l’extrême gauche qui est dangereux. L’extrême droite se résume à quelques t-shirts avec des pattes de loups. L’ascension d’un parti comme Québec solidaire devrait en faire réfléchir plusieurs. Ce sont des politiques marxistes dogmatiques et doctrinaires qu’ils mettent de l’avant. Ils nous font penser à ces religions doctrinaires qui n’acceptent pas la critique, islam oblige.

      Et désolé pour vous, je suis de la droite-gauche en passant le centre. Je critique les absurdités tant à droite qu’à gauche. Mais au Québec, ce sont les « niaiseries enfantines gauchistes » d’un parti totalement déconnecté de la réalité qui retient mon attention. Et je ne ferai pas dans la dentelle parce que je ne communie pas à l’autel de la très Sainte rectitude politique multiculturaliste.

      En passant, la maison de sondage Mainstreet est une fraude.