Les engagements douteux des partis en transport

L’article sur les engagements douteux des partis en transport par M. Sylvain Sauvé (Le Devoir, 24 septembre 2018) est un bijou. Entre autres, son analyse sur l’efficacité de prolongements de métro tous azimuts, comme outil pour réduire la congestion et augmenter l’utilisation du transport en commun, est particulièrement éclairante.

Je voudrais ajouter à son analyse un facteur qui à mon avis nuit beaucoup à l’adoption de mesures performantes en transport. Le gouvernement du Québec applique une politique de financement du transport en commun qui, dans ses grandes lignes, subventionne à 100 % les coûts d’investissements mais ne contribue pas aux frais d’exploitation des réseaux, qui sont laissés à la charge des municipalités. Cette formule incite les municipalités à préférer indûment les projets intensifs en capital, dont les mégaprojets sont le premier exemple. Parallèlement, elles coupent à l’os dans les frais d’exploitation, plaidant l’incapacité financière de faire mieux. La formule biaise donc le choix entre les modes comme le métro ou d’autres services, dont le bus, qui offrent des services plus proches des quartiers, créent de l’emploi à long terme et peuvent être mis en service plus rapidement.

Un autre effet pervers du financement à 100 % est que les municipalités étant déresponsabilisées concernant les projets d’investissement, le ministère des Transports se sent obligé de scruter les projets de plus près, au prix de retards chroniques.

Je crois que le programme réussi lancé en 2006, mentionné par M. Sauvé, comprenait un principe de partage à 50/50 des déficits d’exploitation entre le ministère des Transports et les municipalités. Ne serait-il pas préférable, afin d’atteindre les objectifs cités par M. Sauvé, d’adopter une approche similaire ailleurs ? Ainsi on devrait équilibrer toute contribution, à la fois aux investissements et à l’exploitation, à 50/50 entre le gouvernement du Québec et les municipalités.

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