UBUNTU, Chrystia Freeland!

Madame la Ministre,

Je ne vous connais pas personnellement. Je vous ai même jugée sévèrement quand, sur les parvis des palais de Bruxelles, vous donniez un spectacle étrange, mélange rare d’émotions et de géopolitique. La formule fut gagnante et le lien transatlantique, mis à mal depuis, s’en est trouvé renforcé. Merci.

Je vous connais un peu mieux aujourd’hui. Mieux, nous vous connaissons un peu mieux aujourd’hui. Vous entrez tous les soirs dans nos maisons avec des messages subliminaux de résilience et de confiance. Votre agenda qui vous conduit à Washington huit jours par semaine est un grand livre ouvert. À Washington ou ailleurs dans le monde, vous parlez aux Canadiens dès votre arrivée, et juste avant votre départ. Vous leur parlez dans les deux langues du pays et au sujet des trois dossiers majeurs en cause qui, ensemble, soutiennent des millions d’emplois : l’énergie, l’automobile et l’agriculture. Soudain, où que l’on soit, vous êtes des nôtres. J’aime qu’il y ait du monde dans votre monde. Merci pour cet effort que cachent vos sourires. Merci pour cette disponibilité qui nous fait oublier votre famille que, je le sais, vous n’oubliez pas. Vieille formule peut-être, nous sommes plusieurs à compter sur vous. Tout le pays, je crois, compte sur vous.

La comparaison est saugrenue, j’en conviens. Mais en suivant votre service pour nous toutes et tous, l’Afro-Canadien que je suis, pense à Mandela. Vos résiliences ne se comparent pas. Ce qui ne m’empêche pas de saluer la vôtre. Le grand homme sud-africain évoquait un concept majeur de la philosophie bantoue, l’une des grandes traditions intellectuelles de mon continent d’origine.

UBUNTU !

Je vous lance ce mot-doctrine qui marque notre interdépendance, ce fait primordial qui fait dépendre notre existence de celle de tous les autres. UBUNTU, Madame, vous illustrez cette philosophie avec un naturel, une constance, une hauteur et une ferveur exemplaires. Votre service public est un aimant qui a la vertu de rassembler.

Soyez remerciée ! UBUNTU, Chrystia Alexandra Freeland !

5 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 24 septembre 2018 09 h 14

    Hyme à la capitulatrice en chef

    J’ai fait une recherche sur l’internet pour m’assurer qu’il n’y avait pas deux Chrystia Freeland.

    Eh bien non, l’auteur parle bien de cette ministre libérale qui s’apprête à capituler devant les exigeantes américaines mais qui fait de son mieux pour que l’annonce de nouvelles concessions au sujet de la gestion de l’offre se fasse une fois que sera passée l’élection québécoise.

    Les stratèges d’Ottawa veulent éviter que les cultivateurs québécois ne soient incités à manifester leur colère contre le fédéral en votant pour un parti indépendantiste.

    Depuis longtemps, l’économie québécoise est la monnaie d’échange que le régime colonial canadian sacrifié afin de protéger l’industrie pétrolière de l’ouest où l’industrie automobile ontarienne.

    On peut s’attendre que ce soit le cas une fois de plus.

    • Christian Roy - Abonné 24 septembre 2018 12 h 15

      Très intéressant point de vue M. Martel.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 septembre 2018 13 h 20

      Bien dit M. Martel. La gestion de l'offre et les producteurs de lait, œuf et volaille seront sacrifie sur l'autel de l'industrie automobile de l'Ontario. Chrystia Freeland n'a aucun respect des Américains aux États-Unis. Justin l’adolescent n’est pas très loin derrière, lui qui voue un culte à Fidel Castro, l’ennemi juré des Américains qu’il soit mort ou vivant.

    • Gilbert Troutet - Abonné 24 septembre 2018 15 h 20

      Vous avez raison, M. Martel. Il faut être naïf pour célébrer aussi béatement les vertus de Mme Freeland. On peut s'attendre, en effet, à des nouvelles moins réjouissantes dès que les élections québécoises seront passées.

      Cela dit, il faudrait que les producteurs du Québec commencent à penser à une agriculture moins industrielle, où les animaux seraient élevés avec un certain respect. Le « porc du Québec » qu'on exporte au Japon, ce sont des animaux entassés dans des cages, où ils peuvent à peine bouger et qui ne voient jamais la lumière du jour. Pour la volaille, c'est pareil.

  • Serge Turmel - Abonné 24 septembre 2018 16 h 23

    Le Québec encore et toujours floué...

    J'abonde tout à fait dans le sens de M. Martel, encore une fois, le Québec sera floué sur l'autel des intérêts "canadian".