La sympathie alléchante

Dans un système démocratique pluraliste, les révolutions sociales sont vouées à l’échec si elles s’attaquent bille en tête au système économique dominant ; d’autant plus si elles sont générées par une gauche extrême. Si les Solidaires ne sont solidaires que dans leur parti, ils ne pourront jamais participer au pouvoir s’il n’y a pas une alliance avec un parti réellement démocratique. Ils ne feraient peut-être pas LA révolution, mais ils pourraient aider à faire passer quelques réformes sociales importantes. C’est ce qui s’est passé en France en 1936 avec le Front populaire et en 1981, d’une moindre façon, avec le Programme commun de la Gauche de François Mitterrand. Dans les deux cas, le Parti communiste y était associé. Les dirigeants de QS le savent très bien, mais ils ne veulent pas du pouvoir. Ils préfèrent favoriser l’arrivée ou le maintien d’un parti de droite pour présenter une opposition sans compromis. QS, préfère jouer la sympathie impuissante sur des propositions alléchantes qu’ils ne pourront jamais mettre en oeuvre.

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8 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 24 septembre 2018 00 h 17

    N'empêche...

    ... que les autres partis ont copié un bon nombre des engagements de QS. Cela indique que l'influence peut s'exercer sans nécessairement prendre le pouvoir. En plus, il reste une semaine, et les appuis sont en hausse, comme le montrent les attaques et les mensonges de plus en plus fréquents contre lui.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 septembre 2018 13 h 37

      N'empêche que QS est le meilleur ami des fédéralistes. N'empêche qu’avec nos kamarades socialistes, il n’y aurait jamais d’indépendance par le pays du Québec. N'empêche que les promesses de QS ne font aucun sens. Bien oui, dépenser 22 milliards. L'argent pousse dans les arbres pour nos kamarades. N'empêche que QS est un parti aux accents communistes qu'ils tentent d'occulter, nationalisation de tout ce qui bouge oblige. N'empêche que les politiques de QS conduiraient le Québec à sa ruine économique. On viendrait à envier les Vénézuéliens. N'empêche que les politiques écologiques de QS ne changeraient absolument rien sur l'échiquier mondial dans le dossier des changements climatiques, mais les Québécois en seraient plus pauvres. N'empêche que tous les investissements privés et les développements économiques ne viendraient plus au Québec. N'empêche que dans le cadre financier de QS, aucune mention pour les aînés. N'empêche qu'il y aurait des centaines de milliers de gens par année qui quitteraient le Québec ne voulant pas vivre dans un état socialiste/communiste parce qu’ils seraient étouffés par les impôts. N'empêche que les gens sensés ne voteront jamais pour une telle lubie politique, ceci avec ou sans les sondages de Mainstreet. N'empêche que le jeunes ne vont pas voter…

  • Jean-François Trottier - Abonné 24 septembre 2018 09 h 09

    En général...

    La haine est contre-productive.
    La haine sous-tend entièrement le cadre financier de QS. C'est pas rêveur, c'est dangereux.

    Il y a à peine 5 ans Marois a voulu augmenter un peu les impôts des riches, sachant parce qu'elle a une assez bonne expérience qu'elle devait faire très attention. Les banques ont répliqué sec. Un coup de fil, la preuve que tout était prêt pour sortir des millions du Québec en quelques minutes, Marois a compris.
    Mais voilà, les jounalistes ne s'occupent que d'actualité. Regarder cinq ans en arrière ne fait aucun titre flamboyant.

    La solution n'est JAMAIS de "faire payer les riches" mais d'investir. Exactement ce que disent et veulent faire Lisée et Aussant. tout comme Parizeau que j'ai suivi longtemps.

    Je ne sais pas quels partis seront en présence dans quatre ans. Mais je le dis, absolument : jamais je ne voterai pour un parti communiste. QS est communiste.

    La nationalisation des mines a été assez citée. Regardons sous la rubrique 7.1, "Un programme démocrate",
    Une belle organisation de quartier, bien structurée, totalement pensée par le haut et qui aura des entrées directes vers le gouvernement. En toutes lettres.

    Exactement ce qui se faisait en URSS, dans le détail. De chefs d'îlots qui rapportent aux autorités compétentes les volontés des citoyens, mais aussi leurs failles, leurs petites histoire d'amour, leurs petits négoces au noir...
    Évidemment dans un premier temps tout va bien.
    Normalement ça dure deux ans, le gouvernement Chavez nous le démontre dans des circonstances plus faciles qu'ici : le Vénézuéla était extrêmement riche au départ, hé oui.

    La délation ne commence qu'avec le premier semblant d'opposition.
    Parce que d'opposition, QS n'en prévoit pas sauf chez les "méchants". Hé! Quand on a "forcément" raison, on est les "bons"!

    "Un programme démocrate" ? Un slogan. Orwell en a pondu queques-uns lui aussi.

    Les pires gouvernements ont toujours de belles intentions au départ.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 septembre 2018 09 h 37

      À Jean-François Trottier,

      "La haine sous-tend entièrement le cadre financier de QS. C'est pas rêveur, c'est dangereux. -Jean-François Trottier

      Il est aussi contradictoire que paradoxal de voir les péquistes brandir sans cesse l'irréalisme de Québec solidaire d'un côté, en lui volant un paquet de ses propositions de l'autre.

      Ici comme ailleurs, ce n'est pas la cohérence qui les étouffe.

      Quant au 13 milliards de son cadre financier..

      Plutôt que de nous lancer des chiffres par la tête comme un épouvantail à moineaux..

      — Expliquez-nous donc en quoi ce 13 milliards de revenus supplémentaires "en 4 ans" est si irréaliste?

      Quand on sait que le Québec accorde plus de subventions à l'entreprise privée que l'ensemble des provinces canadiennes réunies, soit, plus de 6 milliards par année (24G par mandat!) d'argent public donné en cadeaux aux banques, aux multinationales et à l'entreprise privée?

      Pour ce qui est question du 20 milliards additionnels...

      Les péquistes mêlent de manière démagogique le budget d'opération et les dépenses d'investissements, alors que ces derniers sont rentables et s'autofinancent à moyen terme.

      Autrement dit,

      C'est comme si les péquistes plaçaient leur commande d'épicerie dans le même budget que leur hypothèque.

      Aussi risible que non crédible.

      L'irréalisme du PQ....

      J'ajouterai qu'il est pas mal plus irréaliste de croire que le PQ pourrait changer vraiment les choses sans augmenter fortement le budget opérationnel du Québec. Ce qui est à toutes fins pratiques aussi irréaliste que la CAQ qui tente de nous faire croire qu'on peut baisser les impôts en améliorant les services publics.

      À noter aussi que Jean-Martin Aussant candidat du PQ défend la nationalisation des ressources naturelles dans une vidéo facilement retraçable sur Youtube.

      Christian Montmarquette

  • Claude Gélinas - Abonné 24 septembre 2018 10 h 07

    QS : Attention, danger. (Partie 1)

    Quelle est belle la prestation de Manon Massé !

    Tellement belle et surprenante que contrairement à leur habitude plusieurs journalistes tombés sur le charisme de le nouvelle égérie de QS ont baissé les bras, déclaré forfait, abandonné l’examen critique du programme ainsi que l’évaluation de ses promesses électorales déraisonnables et irréalistes voire économiquement ruineuses. En se faisant, ces journalistes ont accordé un traitement privilégié à QS.

    Dans ce contexte de préjugé favorable envers QS, il s’impose de s’en remettre à l’excellent travail de compilations faites dans la Presse par la journaliste Lysiane
    Gagnon qui énumère les grandes lignes de ce programme qu’elle qualifie de « véritable révolution « alors que dans le journal de Montréal Denis Bombardier considère que QS constitue une « réelle menace pour la démocratie ». Déclinons.

    • Nationalisation des banques, des mines, des forêts, des distributeurs d’internet. Emplois subventionnés. Reconnaissance par l’État de l’emploi non rémunéré, notamment dans « la reproduction de la force de travail » (c’est la conception marxiste de la maternité)
    .
    • Tolérance de l’entreprise privée si le personnel est autogéré. Semaine de 32 heures pour tous sans diminution de salaire. Interdiction du mécénat et des fondations philanthropiques dans les services publics. Hausses de salaires et augmentation des postes dans la fonction publique. Administration des écoles et des services de santé par des « assemblées citoyennes ». Gratuité totale des universités et des transports.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 septembre 2018 09 h 21

      "Ce que semble avoir oublié le chef péquiste, c’est qu’un programme électoral, c’est un idéal tandis qu’une plateforme électorale, ce sont les engagements qu’on veut mettre en avant pour les quatre années d’un mandat. Comme dans tous les partis, il y a une différence entre les deux." - Amir Khadir, Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/politique/quebec/537555/les-observateurs

    • Jean Jacques Roy - Abonné 25 septembre 2018 12 h 24

      Monsieur Gélinas, vos mises en garde me font revenir en arrière dans mes souvenirs...
      Quel parti, dans les années 60 et 70, criait aux malheurs et au dangers devant la montée du jeune Parti Québécois?
      Les “Bonnets Blancs” écrivaient des phamphets pour accuser les péquistes d’être des “socialistes-communistes-soviétiques”! Il est vraiment cocasse de voir Lisée suivi par les péquistes réactionnaires adopter la bonne vieille méthode de la peur des nationalistes provincialistes catholiques que furent les “Bonnets Blancs”.

      cc: Cyril Dionne, Jean-François Trottier

  • Claude Gélinas - Abonné 24 septembre 2018 10 h 10

    QS : Attention, danger. (Partie 2)

    Suite du programme;

    Règlementation de la publicité en fonction des « valeurs morales de QS ». Abolirait des subventions aux écoles privées, lesquelles, même non subventionnées, seraient soumises aux mêmes exigences que les écoles publiques. Tous les médecins seraient salariés et les immigrants auraient le droit de vote. Retraite à 60 ans pour tous et régime unique d’État pour les retraités. Fin du libre-échange international et création de 300 000 emplois avec la sortie du pétrole.

    Reconnaissons que ce programme utopique ne doit pas être qualifié de détail ou de programme inoffensif et sans danger pour la démocratie.. Et Denise Bombardier de mettre les choses en perspective en rappelant une vérité qui dérange « QS est un parti qui vomit sur le libéralisme économique sur lequel reposent les économies occidentales. (Journal de Montréal, 22 septembre 2018)

    Partant delà, si QS détenait la balance du pouvoir sa capacité de nuisance deviendrait une réalité.

    D’abord, si appliqué, son programme pourrait provoquer un véritable chaos. Ensuite, étant donné la réputation de QS de ne pas être ouvert au compromis, À preuve son retrait du projet d'entente avec le PQ.
    il est raisonnable le de penser que le Québec serait rapidement replongé dans une nouvelle élection.

    Pour ces raisons, les électeurs tentés par l’élection d’une candidate ou d’un candidat de QS seraient bien avisés d’y réfléchir à deux fois avant de poser ce geste. Une réelle menace pour l’avenir de la démocratie.