L’école privée et la ségrégation scolaire: un discours à revoir

Je suis directeur d’une école primaire privée à Montréal. J’ai auparavant dirigé des écoles publiques. Dans les deux cas, j’ai eu, parmi mes élèves, des enfants ayant des besoins particuliers : difficultés d’apprentissage, troubles du langage, difficultés d’adaptation, retards scolaires, etc. Dans les deux cas, j’ai toujours travaillé avec mon équipe pour élaborer des plans d’intervention afin de permettre à ces enfants de surmonter leurs difficultés et de leur offrir des conditions favorisant la réussite.

La grande différence entre l’école privée et l’école publique ne se situe pas sur le plan des élèves ni du personnel. Elle se situe sur le plan de la gestion de l’école. L’école privée est autonome. Cela lui permet d’avoir une agilité quant à la mise en oeuvre de moyens pour accompagner chaque élève qui lui est confié.

Cette année, notre école offre pour la première fois le programme ID+, créé pour les élèves qui, depuis le début de leur parcours scolaire, ont rencontré des difficultés sur le plan des apprentissages. Ce programme vise à offrir, à travers le programme de formation ordinaire, des conditions avantageuses en vue de favoriser leur réussite. Ainsi, plusieurs adaptations sont proposées pour que l’expérience scolaire de ces élèves soit positive et qu’ils soient en mesure, à la fin de leur primaire, d’entrer au secondaire en étant bien outillés pour réussir.

Dès l’annonce de la mise en place de ce programme, nous avons reçu plusieurs demandes de parents à bout de souffle, à la recherche de ressources pour leur enfant en difficulté. Il est clair qu’il y a un besoin criant de solutions pour ces élèves.

L’école privée offre une solution de rechange à bien des familles qui souhaitent que leur enfant puisse réussir malgré un diagnostic ou de réelles difficultés. Couper le financement aux écoles privées sous prétexte que cela permettrait d’éliminer la ségrégation scolaire, c’est bien mal connaître la réalité des écoles privées, qui sont nombreuses à offrir des solutions intéressantes aux élèves ayant des besoins particuliers, et ce, même si la subvention pour ces EHDAA qui fréquentent l’école privée n’est pas ajustée comme elle l’est pour ceux qui fréquentent l’école publique. Mais ça, c’est un autre débat.

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