La souveraineté est la raison d’être de l’État

La présente campagne électorale ne semble pas soulever un enthousiasme fou chez les électeurs, comme si nous assistions à une espèce de grosse élection municipale, à une surenchère de promesses plus ou moins triviales, dignes des enjeux qui concernent le quotidien des gens dans un milieu donné, à un certain endroit, ce que l’on nomme habituellement « la scène locale ». Des lunchs peu chers, des billets d’autobus ou des permis de pêche gratuits, 300 $ par-ci, par-là. Navrant.

La nation a pour objet l’État, dont la raison d’être est la souveraineté. À vouloir évacuer la souveraineté, on ramène l’État aux dimensions d’un gros village. Que fait Justin Trudeau lorsqu’il négocie les accords de l’ALENA, que fait Theresa May lorsqu’elle négocie le « Brexit », ou Emmanuel Macron lorsqu’il tente de recadrer la France dans l’Europe ? Tous sont dans l’exercice de la souveraineté.

Ici, on entend le dernier commentateur patenté déclarer : « Moi, je ne suis pas souverainiste. » Ah bon ! Mais, en attendant il faudrait tout de même décider ce qu’on fera, comment on le fera et qui décidera lorsque des entreprises étrangères voudront acquérir Bombardier et pourquoi pas Hydro-Québec, ou lorsque d’autres réclameront l’accès à nos lacs et rivières pour forer des puits de pétrole.

Pendant que l’on s’éloigne de la raison d’être de l’État, nos politiciens prétendent faire de « l’économie », alors que c’est la stricte prérogative des entreprises. Non pas que la création de la richesse ne doive pas être la priorité de la politique, puisque la création de la richesse passe prioritairement par la lutte contre la pauvreté, l’éducation nationale et le maintien d’une population en santé, mais constatons que négocier avec Netflix ou Uber, c’est ramener l’État aux situations du tiers monde. Quant aux 300 $ par-ci, par-là, c’est du clientélisme pour consommateur.

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