La parole à nos lecteurs

L’immigration ne décimera pas notre langue, M. Legault

 

 

À Monsieur François Legault, chef de la Coalition avenir Québec.

M. Legault, je suis fort étonné de voir à quel point vous vous évertuez à nous dire que les immigrants sont un réel danger pour notre langue française. Vous qui voulez freiner les élans de l’immigration au Québec. Ce ne sont pas tous ces gens venus d’ailleurs qui menacent le plus le français sur notre territoire.

À moins que je me goure, j’ai parfois l’impression que vous ne savez pas quoi inventer pour vous attirer la faveur d’une frange d’électeurs, par exemple celle qui penche habituellement du côté du PQ et qui souhaite de tout cœur la survie du français chez nous. Ce qui menace le plus notre langue M. Legault, c’est notre indifférence envers elle. C’est nous !

C’est Montréal qui s’anglicise honteusement et qui bouscule nos acquis dans le domaine de la sauvegarde du français et qui bafoue la loi 101. Ce sont nos stations de radio commerciales qui n’en ont que pour la chanson anglophone. C’est l’américanisation de notre culture […] Donc, pour ce qui est des immigrants, c’est à nous de leur dire qu’ils sont les bienvenus au Québec pourvu qu’ils respectent notre langue officielle. Pourvu qu’on exige qu’ils apprennent les rudiments du français dès les premiers mois de leur présence sur notre terre, qui se veut une terre d’accueil après tout. Voilà une exigence minimale. Voilà une marque de respect du même coup qui nous est redevable de leur part.

Donc, si jamais vous êtes élu premier ministre le 1er octobre, dès votre premier mandat, ce sera à vous d’y voir, M. Legault. Ce sera à votre gouvernement de faire du français une de ses priorités au Québec. [...] Parce que pour le moment, vous parlez du français à des fins strictement électorales, dirait-on. 


Yvan Giguère
Saguenay, le 12 septembre 2018

 

Personne n’a demandé à être pauvre

 

La pauvreté est une question sociale importante, car elle nuit aux perspectives de développement des enfants et des adultes. Les gens laissés en marge économiquement ont aussi tendance à être en marge socialement.

Certaines personnes sont ruinées du jour au lendemain, pour cause de dettes, de rupture familiale ou à la suite du décès de leur conjoint. Le manque de qualifications ou les problèmes de santé, physiques ou mentaux, sont aussi des causes fréquentes de pauvreté. C’est surtout l’emploi qui permet d’éviter la pauvreté, et la réinsertion sur le marché du travail devrait être la priorité pour les pouvoirs publics.

L’accès à l’emploi est une chose ; avoir un bon emploi, et le conserver, en est une autre.

En effet, les liens entre la pauvreté et la santé sont bien établis : plus on est pauvre, pire est notre état de santé. Un enfant sur cinq vit dans la pauvreté au Canada. Et si cet enfant vit avec un parent seul, il y a 50 % de risques qu’il vive dans la pauvreté. Nous devons adopter des mesures ciblées parallèlement à une approche universelle.

Cessons au moins de cibler les gens et occupons-nous plutôt des circonstances qui les rendent vulnérables à la pauvreté. La pauvreté est beaucoup trop coûteuse pour tout un chacun d’entre nous.

Le Canada fait piètre figure au chapitre de la pauvreté des enfants. Selon une étude de l’UNICEF, sur les 23 pays les plus riches, le pays se classe au 18e rang. La réalité, c’est qu’on ne vit pas sur une île déserte sans avoir de considération pour les autres. Il existe quelque chose qui se nomme la société.

La justice sociale n’est pas l’égalité matérielle pour chacun, c’est d’assurer à chaque personne une place sur la ligne de départ. Personne n’a demandé à être pauvre.


Mario Leclerc
Pointe-Claire, le 12 septembre 2018