Élections et plus bas soumissionnaire

La règle du plus bas soumissionnaire a fait son chemin jusqu’à la campagne électorale. En effet, son abolition se trouve dans le programme de QS. Cette idée d’abolition présuppose qu’accorder un contrat au plus bas soumissionnaire constitue une probabilité de collusion, d’ouvrages de mauvaise qualité et de risque pour la sécurité publique. Pourtant, cela n’est basé sur aucune étude sérieuse démontrant qu’il y a intérêt à abolir cette méthode. L’expérience de plus de 30 ans de conception et de réalisation d’ouvrages d’infrastructures publiques permet d’affirmer que le choix de l’entrepreneur qui a présenté la plus basse soumission est la règle qui représente le moins d’inconvénients.

Les interventions faites récemment dans les médias ne semblent pas faire différencier les contrats aux entrepreneurs et ceux qui s’appliquent aux services professionnels. Ces derniers peuvent être accordés sur base horaire pour les études et en tarifs négociés ou standardisés pour la conception et la surveillance des travaux, mais non sur la base du prix. Quant à la collusion ou à tout autre dérèglement comme ceux rapportés à la commission Charbonneau, cela relève de la police et non de la méthode de gestion.

Certains architectes et ingénieurs rejettent le système du plus bas soumissionnaire et proposent de choisir un entrepreneur sur la base de critères qui ne peuvent être totalement objectifs. C’est ouvrir la porte aux contestations devant les tribunaux, aux retards dans les travaux et à des coûts supplémentaires de toutes sortes. La règle du plus bas soumissionnaire fonctionne bien lorsque la bonne marche des travaux est assurée par la qualité des documents préparés par les professionnels et une surveillance compétente et assidue par ces derniers. D’autre part, la décision du gouvernement de confier le sujet du plus bas soumissionnaire à un comité d’ingénieurs et d’architectes et non à un groupe indépendant me semble tout à fait inappropriée.

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 11 septembre 2018 08 h 28

    Bon sens

    L'octroi au plus bas soumissionnaire n'est pas sans défaut, mais c'est le moins mauvais des systèmes. Autrement, c'est l'arbitraire.

  • Claude Gélinas - Abonné 11 septembre 2018 10 h 22

    Critères d'excellence à considérer dans l'octroi des contrats.

    Le plus souvent qu'autrement l'octroi d'un contrat au plus bas soumissionnaire s'accompagne de dépassements qui une fois comptablisé dépasse le montant du plus haut soumissionnaire.

    Car, de nouveaux entrepreneurs dépourvues d'expertise soumissionnent pour décrocher la mise et se faire connaître.

    Dans ce contexte, en plus du prix des critères reposant sur la réputation et l'excellence devraient être exigés
    dans l'octroi des contrats.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 11 septembre 2018 11 h 31

    Il existe une autre méthode plus équitable et garante de qualité.

    Plutôt que d'accorder le contrat systématiquement au plus bas soumissionnaire et risquer de se retrouver avec des travaux bâclés, pourquoi ne pas faire comme dans certaines sociétés dites "évoluées" et procéder de manière équitable comme suit

    1. Écarter d'entrée de jeu la soumission la plus basse et celle la plus haute;
    2. Faire la moyenne des soumissions restantes et retenir celle qui se rapproche le plus de la moyenne établie tout en restant inférieure à celle-ci.

    Dans ce système, les soumissionnaires n'ont pas intérêt à "casser les prix" et à tordre le bras de leurs sous-traitants pour y parvenir. Ils doivent viser la moyenne en y allant le plus possible avec les tendances du marché, ce qui devrait garantir une compétition plus saine et des travaux de qualité au final.