Les contradictions de Trump sur la gestion de l’offre

Au moment où ces lignes sont écrites, on ne connaît pas encore les résultats de la négociation concernant une nouvelle mouture de l’ALENA. Il semble cependant que les négociateurs américains ont ciblé la gestion de l’offre, l’exception culturelle ainsi que le règlement des différends. S’il devait y avoir des compromis sur ces questions, le Québec en sortirait perdant.

Lorsque cela fait son affaire, Trump n’hésite pas à se contredire pour gagner la mise. Quelle politique commerciale applique-t-il envers ses voisins : tarifs sur le bois d’oeuvre, sur l’acier, sur l’aluminium, sur l’auto, etc. Ces mesures protectionnistes n’ont-elles pas pour but de protéger les emplois et l’économie américaine quant aux concurrents étrangers ? La gestion de l’offre ne vise-t-elle pas les mêmes objectifs pour le Québec ? En voulant soustraire le lait, les oeufs et le poulet de la concurrence étrangère, ces secteurs veulent maintenir une stabilité de l’emploi et permettre la survie de leurs industries. Si c’est bon pour Trump, cela devrait l’être aussi pour les producteurs du Québec.

Dans cette joute, Trump désire choisir les joueurs adverses, fixer les règles du jeu, nommer les arbitres et accuser ses adversaires de tricherie. Dans ce climat de confusion et de contradictions, Trump ne risque-t-il pas de compter dans son propre filet, tellement sa volonté de gagner à tout prix le biaise dans son jugement et dans ses comportements ?

1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 5 septembre 2018 12 h 56

    Les contradictions du gouvernement Trudeau sur la gestion de l’offre

    Pour essayer de sauver l’industrie automobile de l’Ontario, le gouvernement Trudeau sacrifiera les modalités de la gestion de l’offre jusqu’à il n’existe plus aucun petit producteur laitier, de volaille et d’oeufs au Québec. En des mots peu voilés, ils ont mentionné qu’il y avait une certaine flexibilité dans la marge qui existait en ce qui a rapport avec le pourcentage de marché disponible pour les Américains. Cette partie a déjà été négocié même si nos représentants « canadians » nous affirment le contraire. Ils ont déjà chiffré à quatre milliards les compensations pour les fermiers touchés. Tout cela a été mentionné, sous le couvert de l’anonymat bien sûr, dans les journaux « canadians » et américains.

    Reste la question sur le chapitre 19, le véritable litige dans cette négociation. Les Américains n’en veulent plus. Ils l’ont fait disparaître dans leur entente avec le Mexique. Alors, si le Canada veut un accord, celle-ci devra aussi disparaître.

    En ce qui concerne la culture, ici on parle de la culture québécoise parce que la culture canadienne n’existe pas (c’est la culture américaine qui fait feu de toute part au ROC), eh bien, disons qu’on ne peut pas être optimiste si on veut un accord bilatéral avec les Américains.

    Nous sommes dans une position de perdant/perdant. C’est ce qui arrive lorsque vous mettez tous vos œufs dans le même panier avec plus de 75% de nos exportations qui vont aux États-Unis. Si nous concluons l’entente bilatérale, nous allons sacrifier la gestion de l’offre au Canada, le chapitre 19 en plus des mesures culturelles. Pas d’accord, cela sous-entend surtout des tarifs à la hauteur de 25% pour l’industrie automobile ontarienne et d’autres qui n’ont pas encore été nommées. La plupart des fermiers préfèrent n’avoir aucune entente. Nous aussi.