Un Trump humilié

J’ai regardé à la télévision samedi les funérailles à Washington du sénateur John McCain. J’ai compris alors pourquoi j’aime toujours les États-Unis. Pas ceux d’un Trump, mais des Obama, Clinton et Bush (maintenant). Ces trois anciens présidents étaient là, dignes, défendant l’honneur et la réputation des États-Unis. Certes, ils ont reconnu, non sans un certain humour, que McCain n’était pas parfait et qu’eux-mêmes ne l’étaient pas non plus, mais que le sénateur de l’Arizona les avait aidés à devenir de meilleures personnes et présidents. C’était très beau à entendre. Et ce n’était pas gnangnan.

McCain, en chorégraphiant sa cérémonie d’adieu et en excluant Trunp de celle-ci, voulait sans aucun doute démontrer que les États-Unis demeuraient un grand pays, fondé sur le respect des lois, l’honneur, et la dignité égale de tous ses habitants. Les discours tenus visaient et critiquaient à bien des égards la manière Trump de concevoir et de faire la politique. L’Amérique (America) méritait beaucoup mieux que cela, affirmaient-ils. Et pendant le temps de ces funérailles nationales, le président Trump jouait au golf… Trump, un homme petit et mesquin, aux antipodes d’un John McCain. C’est ainsi que l’histoire sans doute le jugera.

8 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 4 septembre 2018 03 h 16

    Oui, oui, oui

    mais combien d'années et de générations pour réparer les dommages que cette présidence étriquée et ce président indigne et vulgaire auront causé aux USA? Car il n'est pas dit que les «mid-terms» vont changer tant que cela le Congrès et même que Trump ne sera pas ré-élu en 2020. Il déraille le Trump, mais une large partie des américains aussi; ne l'oublions pas...

  • Nadia Alexan - Abonnée 4 septembre 2018 03 h 53

    Une démocratie par les riches et pour les riches!

    Vous avez tort, monsieur Lebel. Les États-Unis n'ont jamais étaient «un grand pays, fondé sur le respect des lois, l’honneur, et la dignité égale de tous ses habitants,» comme vous le dite. C'est un pays impérialiste, guerrier, inégalitaire et raciste, qui a été fondé sur le dos de l'esclavage.
    Trump, petit et mesquin, comme vous le dites, traduit bien l'état d'âme américain, la cupidité et l'égoïsme des riches et des mieux nantis qui accaparent tout et ne laissent rien pour le peuple ordinaire. C'est la meilleure démocratie que l'argent puisse acheter. (The best democracy that money can buy)

    • Claude Gélinas - Abonné 4 septembre 2018 11 h 37

      Votre analyse est juste. Ce pays carbure à l'argent, aux vedettes et aux télé-réalités. Il faut voir la composition du Cabinet du 45ème pour comprendre le lien qui les unit. Des capitalistes sauvage dépourvues de compassion qui ne pensent qu'à s'enrichir. Il faut voir avec quel empressement après avoir annoncé défendre la classe moyenne le Président s'est empressé d'accorder une réduction fiscale aux riches. S'avantagant ainsi directement !

      Par contre, l'autre côté de la médaille : des prix Nobels, des chercheurs, de grands auteurs, des journalistes d'enquêtes parmi les meilleurs au monde, des médias de grande qualité, des philantrophes, des lanceurs d'alertes, des mouvements en faveur de la défense de l'environnement etc.

      Une Amérique plus divisée que jamais !

      Ce qui réjouit le Président. Un voyou selon l'écrivain Philip Roth. Un moron selon Rex Tillerson, Un Président qui demeure de plus en plus isolé sous l'épée de Damoclès de l'enquêteur spécial Mueller III sans oublier le chantage possible du Président Poutine qu, si les informations sont avérées, détiendraient des vidéos compromettantes des parties de jambes en l'air du Président avec des prostitués russes. Avec le poison, une méthode reconnue du KGB.

      Mais pour juger du manque de civilité, de grossiereté et de savoir vivre du 45ème, ce dernier a décidé de jouer au golf alors que la nation reconnaissante rendait hommage à un grand Patriote.

      Qualificatif mérité que le 45ème conteste, lui, froussard, intimidateur et gueleur qui a échappé à l'enrôlement à la suite d'un discutable problème au talon et de l'intervantion probable du Père auprès des autorités, un père ex-membre du Klux Klux Klan, condamné pour refus de louer ses logements à des personnes de race noire.

      Une belle famille et un Président semeur de chaos devenu la honte de l'Amérique.

      Il fallait voir les mines refrongnée de sa fille Ivanka et de son gendre dans l'assistance pour comprendre la honte du Père qu'ils doivent ressentir.

  • Cyril Dionne - Abonné 4 septembre 2018 07 h 41

    Celui qui était capable de donner raison à l’establishment aux souliers cirés

    Bon. On semble penser que le sénateur John McCain malgré ses quelques fautes, était supérieur moralement à Donald Trump. On en vient encore au paradigme du combattant de la liberté ou du terroriste; tout dépend de notre point de vue.

    McCain cadrait bien dans cette philosophie que les États-Unis sont la lumière du monde et que l’exceptionnalisme américain était plus qu’un mythe. Il a été un faucon apportant guerre et désolation partout dans le monde. Cela, il faut le dire. Et les autres présidents, de Clinton à Obama en passant par Bush, disons poliment qu’ils n’ont pas les mains propres. Faut-il le mentionner encore, Georges W. Bush est responsable de plus d’un million de morts iraquiens? Si la morale politique occulte les faits, que faut-il penser de tout ce cirque médiatique et cette mise en scène pour un sénateur qui a été un des architectes du Congrès à violer sciemment, avec la contribution de la CIA, la souveraineté de l’Irak? Cela, on n’en parle pas.

    John McCain a toujours voulu être président. Il savait fortement bien que son passage obligatoire dans le service militaire allait le servir plus tard. Mais il échoué à plusieurs reprises. De voir un mal élevé comme Trump faire ce qu’il n’a jamais pu accomplir, cela, il ne l’a jamais accepté. Lorsqu’il a voté contre la répudiation de l’Obama Care, eh bien, c’est le même qui poussait pour la marchandisation du système de santé avec une plate-forme radicale axée sur le libre marché (voir élections 2008). En fait, dans le dossier de la santé, il était à la droite de Trump.

    La personne religieuse n’est pas plus apte à devenir un saint qu’un soldat/politicien devenir un héros. Et c’est plus facile de devenir un héros une fois mort. Ce qui irrite tout le monde, c’est que Trump, jusqu’à la fin de son 2e mandat, n’aura fait aucune guerre et apporté la mort nulle part dans le monde. Mais pour McCain, le héros, c’est celui qui était capable de donner raison à l’establishment aux souliers cirés.

  • Yvon Bureau - Abonné 4 septembre 2018 13 h 33

    D'accord avec vous, monsieur Lebel

    Pour une fois, monsieur Lebel, j'ai beaucoup de plaisir à être d'accord avec vous. Pleinement.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 4 septembre 2018 17 h 30

    Décidément, M. Lebel a un faible pour John McCain. Difficile à comprendre.

    Il ne me viendrait pas à l'idée de parler en bien de l'ami de Sarah Palin et de l'interventionniste à tous crins, même s'il n'est pas mauvais sur toute la ligne.

    Je me souviens, lors des débats entre lui et Obama, en 2008, comment ce dernier cachait mal son mépris pour ce va-t'en-guerre de McCain.