Intervenir au mauvais endroit

François Legault propose d’abolir 5000 postes dans la fonction publique. Dois-je comprendre que le stéréotype du fonctionnaire qui se « pogne le beigne » ou qui travaille inutilement est en vogue chez les caquistes ? Selon M. Legault, cette opération est tout à fait « raisonnable », car elle représente l’abolition de « 1 % du total des employés ». 1 %, est-ce que ça vaut même la peine d’en parler ? Ironiquement, ce pourcentage évoque une autre strate de la population en mesure de faire des sacrifices au profit du bien commun, sans trop se priver. Il m’apparaît tout aussi raisonnable de mettre cette dernière à contribution par une refonte de la fiscalité et en faisant vigoureusement échec à l’évasion fiscale. Les fameux gestionnaires de la CAQ sont des mystificateurs de première classe quand ils ajoutent sans rire que les réductions de personnel se feront « sans diminuer l’offre et la qualité des services aux citoyens ». Ce serait du gaspillage de porter au pouvoir un parti aussi irrespectueux envers à la fois les employés de l’État et notre intelligence collective.

3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 31 août 2018 06 h 32

    Le courant populiste

    Taper sur les fonctionnaires, les médecins et le seuil d'immigration, voilà bien des recettes gagnantes! C'est ainsi que le Québec s'en va encore plus à droite avec la CAQ. Tel est le type de changement voulu par bien des Québécois. Changement fondé sur la peur de l'autre et le ressentiment devant les ''privilégiés''. Un courant populiste et de droite semble bien vouloir balayer tout l'Occident. Rien de bien joli et édifiant en perspective! Danger.

    M.L.

  • Jean-François Trottier - Abonné 31 août 2018 09 h 37

    En effet!!

    La grosse légende développée et nourrie depuis 1946 par les "penseurs" (marketeux) du néolibéralisme est devenue un lieu commun.
    Hé oui, quand vous les voyez dans un bureau, "ils" ont l'air de prendre leur temps. "ils" ont l'air de vous traiter de haut, et en effet parfois ça arrive : à force de se faire engueuler, les fonctionnaires aux guichets ont développé un masque qu'ils présentent pour se protéger. Ils n'ont AUCUNE reconnaissance, AUCUN droit de discuter des règles qu'ils appliquent.
    Leur "lenteur" s'appelle prudence, pour ne pas se tromper. Et ça dans le stress écrasant inhérent à leur travail.

    L'efficacité-avant-tout (EAT), surtout basée sur le marché, est stupide.

    Aucune région au monde ne peut concurrencer sur tout avec toutes les autres régions du monde.
    Alors, chaque région vend "sa" salade et s'approvisionne aileurs pour le reste : ainsi va la logique EAT.
    Résultat, le monde entier devient interdépendant.
    Comme c'est bôôô, dirait Justin! Bin non. C'est cataclysmique.

    Chaque région devient totalement dépendante des marchés internationaux.
    Au moindre soubresaut du marché, quelques régions viennent de tomber en crise.
    Les grandes crises ne peuvent que se succéder à un rythme suivi.
    Ces crises étant cycliques, les plus riches, des individus ou compagnies (mais aucun pays) peuvent en profiter pour améliorer leur position relative.
    Aucune région ne peut protéger son environnement (ou quoi que ce soit) face à ces rois du marché. Hé! Faut manger, dirait Couillard.

    Cette hideuse structure "organique", c'est EAT, qui applique dans tous les cas la loi du plus fort.

    Contre EAT, une organisation pas inefficace mais plus lente, dont le capital est étalé sur un grand nombre de personnes. Plus la base est large, moins on peut faire bouger l'édifice, moins il y a de crise.

    Ça implique le capitalisme d'État. Et des fonctionnaires pour le faire rouler. Le contraire des âneries de Legault.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 31 août 2018 18 h 08

    Un air de déjà-vu

    Oublions QS, dont peut-être pas un seul député ne sera élu.

    Pour le reste, entre le PQ, le PLQ et la CAQ, peu importe lequel de ces trois partis remportera le scrutin, après nous avoir promis des lendemains qui chantent, à coup sûr comme de coutume au terme de ce vaudeville on va encore serrer la ceinture du simple citoyen pendant quatre ans, soit jusqu'à la veille de la prochaine campagne électorale où de nouveau les partis en lice nous serinerons avec leur refrain des lendemains radieux…