Bravo Monsieur Hulot!

Voilà quelqu’un qui manifeste le courage de se soustraire d’un système politique qui ne cesse de tourner en rond, qui ne cesse de patiner et de louvoyer quand il s’agit d’opérer de radicales conversions écologiques.

Monsieur Macron rétorque qu’il faut être réaliste alors qu’il ne l’est absolument pas en niant l’urgence d’agir pour contrer le dérèglement du climat ; oui, irréaliste, en fermant les yeux sur les catastrophes qui se pointent de plus en plus. Monsieur Hulot nous rappelle que, depuis plus de 25 ans, les conférences mondiales sur le climat n’ont engendré que voeux pieux et résolutions non contraignantes pour personne. Est-ce encore réaliste que de prioriser à tout prix la croissance économique en misant sur la préservation des emplois ? C’est comme affirmer qu’on pourra se permettre d’être malade de la pollution du moment qu’on aura une job.

On reproche à Québec solidaire de promettre des revirements irréalistes ; il a le courage et l’audace de Nicolas Hulot en prônant des conversions radicales au risque de perdre des appuis politiques. Le patinage politique actuel quant à l’urgence environnementale n’agit que sur papier et dans de belles déclarations et, pire encore, on ose souhaiter que ce patinage perdure jusqu’à la résignation passive.

J’ai été profondément blessé et choqué par les réactions de Steven Guilbeault, d’Équiterre, en réponse à la question d’un journaliste lui demandant ses réactions face à la fracassante démission de Nicolas Hulot. Sa réponse fut du patinage truffé d’hésitations et de « oui… mais ». De telles réactions ne nous mèneront pas très loin, alors que l’heure est plutôt aux engagements radicaux pour la qualité de vie de tout le monde, y compris de ceux et celles qui viendront après nous.

19 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 30 août 2018 01 h 05

    Les vœux pieux

    Les vœux pieux de plusieurs politiciens et des écologistes comme M. Guilbeault en incluant nos kamarades de Québec solidaire, ne pèsent aucunement dans la balance des changements climatiques. La Chine et l’Inde produisent à eux seuls, plus de la moitié des gaz à effet de serre. Le scénario entrevu en 2025 est encore pire pour ses deux pays. Et qu’ont-ils en commun? La surpopulation.

    Cela dit, même si demain les Québécois devenaient des exemples à suivre dans la lutte aux changements climatiques, cela ne ferait aucune différence. C’est l’ensemble de la planète qui doit s’unir pour essayer d’enrayer l’inévitable. Et ça aussi, c’est un vœu pieux de ma part.

    En revenant à nos kamarades de QS, les moteurs de leur caravane électorale fonctionnent avec des produits fossiles. Ils utilisent des technologies dont le plastique dérivé du pétrole est l’élément essentiel. Honnêtement, quelle famille peut se payer une voiture électrique de 50 000$ et qui en plus, est tout de même subventionnée par les contribuables? N’en déplaise à nos écolos « boboesques », l’auto électrique produit autant de CO2 lors de sa fabrication qu’une auto conventionnelle. En plus, leurs propriétaires ne paient pas leur juste part dans le maintien des routes. En fait, ce sont les énergies fossiles qui subventionnent les voitures électriques. Et c’est bien beau le transport en commun mais en région, soit qu’il est inexistant ou bien simplement inefficace.

    Tous nos gens aux vœux pieux entretiennent toujours des discours utopiques mais sont absents lorsqu’il y a des tâches à accomplir le lendemain. C'est comme signer des ententes sur le climat à Paris pour ensuite annoncer la construction de pipelines qui transportent le pétrole le plus sale de la planète. Oh! Clair-obscur et intelligence militaire quand tu nous tiens.

    • Patrick Boulanger - Abonné 30 août 2018 07 h 50

      «Cela dit, même si demain les Québécois devenaient des exemples à suivre dans la lutte aux changements climatiques, cela ne ferait aucune différence. C’est l’ensemble de la planète qui doit s’unir pour essayer d’enrayer l’inévitable. Et ça aussi, c’est un vœu pieux de ma part. »?

      « Les vœux pieux de plusieurs politiciens et des écologistes comme M. Guilbeault en incluant nos kamarades de Québec solidaire, ne pèsent aucunement dans la balance des changements climatiques. La Chine et l’Inde produisent à eux seuls, plus de la moitié des gaz à effet de serre. Le scénario entrevu en 2025 est encore pire pour ses deux pays. Et qu’ont-ils en commun? La surpopulation. »?

      « Tous nos gens aux vœux pieux entretiennent toujours des discours utopiques mais sont absents lorsqu’il y a des tâches à accomplir le lendemain. C'est comme signer des ententes sur le climat à Paris pour ensuite annoncer la construction de pipelines qui transportent le pétrole le plus sale de la planète. Oh! Clair-obscur et intelligence militaire quand tu nous tiens. »?

      M. Dionne, pourquoi vous vous en faite avec l'oléoduc du du parti libéral fédéral de M. Trudeau? Le Canada est peu peuplé et selon vous, l'inévitable va se produire.

    • Jean Richard - Abonné 30 août 2018 09 h 33

      En faisant publiquement sa profession de foi envers la voiture à batteries, QS a raté une belle occasion de se démarquer des vieux partis. En matière d'émissions de GES, la voiture à batteries sort grande perdante de l'usine car sa fabrication entraîne des émissions nettement plus élevées, et compte tenu qu'à l'échelle globale l'électricité provient majoritairement des usines thermiques (charbon, gaz, pétrole), ce n'est qu'au bout de 80 000 km qu'elle finit par avoir un bilan neutre. Et là, on ne tient pas compte du fait que la voiture à batteries contribuera à la congestion et à des émissions additionnelles de GES. Les calculs sont plutôt complexes, mais il y a une probabilité élevée qu'après une analyse scientifique, on en arrive à la conclusion que la voiture à batteries, telle qu'on nous la vend actuellement (et QS s'est joint au club des vendeurs de batteries) aura totalement raté sa cible de réduction des émissions de GES. Et pire, elle nous laissera avec un surplus de déchets, à nous qui ne savons même pas comment recycler le verre, le papier, le plastique, bref, le plus facile.
      Dommage qu'il s'en défende, mais QS est un parti montréalais. Et au Québec, la ville qui a probablement le plus de problèmes avec ses déchets et sa capacité de recyclage, c'est peut-être Montréal. Le problème n'est pas que municipal : il est aussi provincial.
      QS veut bonifier les subventions (mises en place par le PQ) à l'achat de voitures à batteries. Ça va à l'envers de la protection de l'environnement. Un vrai parti dit vert aurait plutôt annoncé que désormais, le coût de son élimination (y inclus le recyclage) allait être inclus dans le prix de vente, ce qui gonflerait la facture de plusieurs milliers de dollars.
      Quant à la mise à la casse prématurée des voitures à essence, ça ressemble à des politiques hypocrites servant à défendre l'intérêt des constructeurs et non celui de l'environnement. Ça s'est vu en France, où il y a Peugeot, Renault, Citroën...

    • Jean Richard - Abonné 30 août 2018 09 h 52

      Ces précisions apportées, il ne faut pas voir l'erreur de parcours de QS ouvrir la porte à de la petite démagogie facile. Oui, l'autocar de QS a un moteur diesel et des éléments de carrosserie en matériaux composites issus du pétrole. Mais y voir une manifestation d'incohérence entre l'action et la pensée est un raccourci à éviter.

      Et une parenthèse à propos du transport en commun.

      J'ai vécu mon enfance entre deux petits villages. À l'époque (pas si lointaine), on pouvait accéder à la ville la plus proche en prenant l'autocar, qui y passait plusieurs fois par jour. L'autocar pouvait nous cueillir ou nous permettre d'en descendre n'importe où le long de la route. Outre l'autocar, il y avait des taxis collectifs et, le train. Aujourd'hui, entre ces deux mêmes villages, l'autocar ne passe plus qu'une seule fois par jour, il ne s'arrête qu'à un seul endroit au centre de chaque village. Les taxis collectifs n'y sont plus. La gare ferroviaire n'existe plus et l'unique train quotidien a son plus proche arrêt à 40 kilomètres ou plus. Enfin, ceux qui avaient une voiture la partageaient : le covoiturage ne date pas d'hier.
      On a donc déjà vécu en région sans cet esclavagisme de l'auto individuelle, avec des transports en commun qui n'étaient pas nécessairement un autobus ou un métro. Les régions sont probablement encore capables de redéfinir leurs façons de se déplacer. Ce n'est qu'en s'affranchissant de la dépendance à la voiture individuelle que des solutions adaptées à chaque environnement feront surface.

    • Nadia Alexan - Abonnée 30 août 2018 11 h 23

      Alors, selon vous, monsieur Dionne, on croise les mains et on ne fait rien?
      La solution réside dans le transport en commun. Il faut que nos politiciens arrêtent de mettre leurs têtes dans le sable et faire de l'aveuglement volontaire.
      Si l'on veut vraiment sauver notre planète de la disparition qui nous attend, il faudrait sortir de la logique de la croissance éternelle et du capitalisme sauvage avec ses profits à tout prix.

    • Raymond Labelle - Abonné 30 août 2018 12 h 57

      QS ne propose pas seulement de remplacer la voiture individuelle à essence par la voiture électrique. Il s'agit d'une mesure complémentaire adoptée en conjonction avec d'autres, lesquelles se complètent mutuellement. QS propose aussi de diminuer par deux le coût du transport en commun pour l'usagère partout au Québec et s'est opposé à la création d'autoroutes qui encouragent l'étalement urbain dans la région de Québec - ce qui est un bon changement de culture électorale. De plus, QS entend investir dans les infrastructures, i.e., dans l'augmentation de l'offre de transport en commun.

      Il s'agit de limiter le plus possible l'utilisation de la voiture personnelle mais celle-ci ne disparaîtra pas nécessairement, et mieux vaudrait que ce qui en reste soit électrique, en tout cas au Québec. Car le Québec est en surplus de production d'électricité d'origine hydro-électrique - qui ne crée pas de gaz à effet de serre. Comme il y a déjà surproduction, il ne serait peut-être pas nécessaire de construire de nouveaux barrages pour satisfaire à la demande. Utiliser une surproduction d'électricité qui n'accroît pas la pollution, tout en diminuant la consommation globale d'énergie, semble préférable à l'importation d'essence pour cet usage. Aussi, la technologie devrait s'améliorer..

      En effet, la clef de la solution est plutôt dans la diminution globale de consommation d'énergie - en matière de transport des personnes, une source importante, le développement du transport en commun et la diminution maximale des VUS, de quelque source d'énergie, sont les voies à prendre. Encore une fois, le remplacement de la voiture individuelle à essence, en tout cas au Québec, par l'électrique, ne doit être vu que comme un complément.

      Peut-être que d'autres partis ont des choses à proposer à ce sujet - j'interviens parce que je me souvenais d'avoir lu cet article qui précise les propositions de QS: https://www.ledevoir.com/politique/quebec/535487/qs

    • Raymond Labelle - Abonné 30 août 2018 15 h 19

      M. Richard, je vous avais bien lu, mais on dirait que vos paroles ont pris un temps à se faire digérer par mon cerveau. Je ne suis pas sûr que toutes vos considérations présentent un tableau complet des avantages et des inconvénients dans la situation québécoise, le déterminer exigeant une expertise que je n’ai pas, mais vous m’avez fait réfléchir et convaincu que la question des voitures électriques est plus complexe qu’il ne peut y paraître à prime abord.

      Il n’est pas impossible que l’argent qui serait investi pour subventionner l’achat de voitures électriques (plus chères que les ordinaires) ne soit mieux investi de d’autres manières.

      Ce sont des considérations pas si simples qui permettraient de le déterminer. P. ex. : pollution supp pour la production de voitures électriques – essence de moins que ça impliquerait comme consommation – montant qu’il faudrait investir pour inciter à un achat suffisant, lequel dépend de d’autres facteurs (mesure de l’utilisation de la voiture individuelle, et donc, usage général du transport en commun) - effet plus ou moins grand d’investissement d’un même montant (pas si facile à déterminer) d’une autre manière pour avoir un résultat donné (p. ex.: si un même montant supp était consacré au transport en commun), et j’en passe.

      Dans le doute, mieux vaut tout consacrer les montants destinés à combattre les GES aux valeurs sûres, comme par exemple l’accessibilité et le développement du transport en commun, le bonus-malus contre les grosses cylindrées. On peut aussi financer par une lourde taxe sur la consommation d’essence pour aider à financer tout cela. Triste à dire, mais le haut prix de l’essence est un facteur important pour inciter à réduire la consommation – mais sans accès accru au transport en commun, c’est inutile.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 août 2018 12 h 08

      « Dans le doute, mieux vaut tout consacrer les montants destinés à combattre les GES aux valeurs sûres » Rien ne nous force à rester dans ce doute. Toutefois, pour déterminer si investir dans la subvention à l’achat de voitures électriques demande à examiner l’interaction de plusieurs variables et ça n’est pas si simple. M. Richard et moi-même en avons mentionné quelques-unes, et il y en a peut-être d’autres. Parmi une variable plus particulière au Québec : notre électricité est d’origine hydro-électrique et nous avons une capacité de produire, sans créer de nouveaux barrages, au-delà de nos besoins de consommation.

      Au mieux, la voiture électrique serait un bon remplacement à la voiture individuelle à essence, à condition de diminuer le plus possible l’utilisation de la voiture individuelle.

      Quoiqu’il en soit, en tout cas quand on présente des programmes gouvernementaux ou de partis politiques pour subventionner l’achat de voitures électriques, on semble se limiter au fait qu’une voiture électrique ne prend pas d’essence sans mentionner que d’autres variables sont en cause. Or, ça n’est pas simple et il faudrait, avant d’appliquer un tel programme de subvention, assez coûteux, tirer ça au clair.

  • Michel Lebel - Abonné 30 août 2018 07 h 04

    De la politique...

    Monsieur Hulot n'était tout simplement pas à sa place dans un gouvernement. Ce dernier ne peut fonctionner comme un groupe militant.
    Ne voulant pas comprendre cela, les jours de Nicolas Hulot étaient comptés depuis longtemps. Sa façon de quitter son poste, sans avertir au préalable le premier ministre ou le président, manquait pour le moins de classe.

    Une grande et grave question demeure: jusqu'où un gouvernement doit aller pour protéger l'environnement, voire contribuer à ''sauver'' la planète. Le départ de Hulot nous dit au moins très clairement que la réponse n'est pas simple. Une question de vision, de courage, et de volonté politique! Que dire de plus?

    M.L.

    • Raymond Labelle - Abonné 30 août 2018 13 h 00

      Un parti qui proposerait les mesures à adopter se ferait-il élire? Sinon, tous les partis devraient s'entendre pour mettre en oeuvre celles-ci.

  • Patrick Boulanger - Abonné 30 août 2018 07 h 42

    Vidéo

    Pour ceux que cela intéresse, voici une vidéo ou (sic) M. Huot révèle à la télévison qu'il se retire du gouvernement Macron : https://www.ledevoir.com/monde/europe/535482/demission-surprise-du-ministre-francais-nicolas-hulot

  • Mario Tremblay - Abonné 30 août 2018 07 h 54

    Il faut être bien naïf ou faire fi de l'histoire ...

    Il faut être naïf ou amnésique pour croire qu'un système économique prédominant va s'orienter dans une direction qui ne lui est pas favorable ou naturelle. Le changement se faisant sans heurts, sans guerres, sans révolutions, dans une transition toute en douceur.
    Notre système actuel en est un de croissance perpétuelle ... jusqu'à l'éclatement. Il reste à parier sur la catastrophe qui arrivera en premier : l'éclatement de notre système économique ou l'éclatement de notre environnement.

    • Daniel Bérubé - Abonné 31 août 2018 21 h 00

      ... l'éclatement de notre système économique ou l'éclatement de notre environnement.

      Je crois malheureusement que l'un n'ira pas sans l'autre... l'éclatement de notre système environnemental provoquera l'éclatement de l'économie, et... l'éclatement de l'économie incitera les politiques en place à couper dans TOUT ce qui nuit à l'économie, dont les efforts pour combattre la pollution.

      Il est plus que difficile de voir une solution possible... tout notre système politico-social est construit sur l'économie. C'est ce que disait d'ailleurs Mr. Huot quand il disait qu'il n'en voulait pas au président Macron: le gouvernement doit continuer a offrir les même services de base, et pour ce, l'économie en bonne santé est essentiel. Nous sommes comme dans un cul de sac, où il ne semble pas possible de se revirer, et l'immobilisme n'est pas une solution selon moi... considérant que ce sont les fondements même de nos sociétés qui sont responsable de la chose, il est plus que difficile de changer les fondements sans affecter la structure elle-même... j'ai de fortes craintes que les changements (qui se feront sans doute trop tard) s'imposeront d'eux-même, et devant être radicaux pour être efficaces, c'est un chambardement complet de notre mode de vie qui nous attend. Voir même, je ne serais pas surpris que ceux qui en seront le moins affecté seront ceux qui seront resté loin du style de vie moderne et de consommation dans lequel nous nous trouvons...

  • Claude Saint-Jarre - Inscrit 30 août 2018 08 h 35

    Propositions

    Monsieur Dionne, je suis curieux de solutions que vous proposez. Merci.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 août 2018 09 h 28

      Cher inscrit,

      Il faut lire tout le texte: « C’est l’ensemble de la planète qui doit s’unir pour essayer d’enrayer l’inévitable ».

      La Terre est un organisme et les changements climatiques ne connaissent point les frontières géopolitiques. La journée que la Chine, l’Inde, les États-Unis (ils produisent à eux trois, les deux tiers des gaz à effet de serre de la planète) et les autres comme eux feront un effort, eh bien, peut-être que les choses vont changer. Si vous attendez seulement pour la mobilisation citoyenne du Québec, vous risquez de manquer le bateau.

      Ceci étant dit, on parle beaucoup des gaz à effet de serre mais presque jamais des écosystèmes végétal et animal qui sont détruits à tous les jours. Le Québec ne fait pas très bonne figure dans ce domaine.

    • Patrick Boulanger - Abonné 30 août 2018 22 h 18

      @ M. Dionne

      M. Dionne, les opposants du Québec aux GES font ce qu'ils peuvent. Il faut lutter à tous les niveaux (ex. : local; national; international) et le Québec en fait partie.