Vanité…

Ainsi pourrait-on dire de ma prose, mais, un brin sarcastique, je vais pourfendre un autre. J’ai fait mon cours classique, été un élève du frère Untel en Philo 1, obtenu une maîtrise à l’Université Laval et fait quatre années au doctorat. Pour autant, je peine à comprendre pleinement le texte de Joel Des Rosiers sur la mésaventure de Robert Lepage, parue dans Le Devoir du samedi 25 août dernier. Ce ne sont pas les mots, dont je comprends le sens, mais leur mise en relation, qui rend la compréhension plus difficile. Par exemple : « comme si l’écriture théâtrale garantissait la réciprocité constitutive et nécessaire des acteurs et des spectateurs », « désabusé qu’une sorte de mise en abyme parodique et exténué ait dévoyé son intention poétique », « Entre SLĀV et Kanata subsistent une homogénéité thématique inscrite dans la longue durée, une réversibilité des discours dont la lisibilité immédiate prévaut sur les couleurs de la peau, les convictions religieuses et les particularismes culturels, qu’il s’agit de neutraliser pour atteindre l’homme idéal, celui qui vit entre deux aéroports ». Selon le registre du discours, une écriture est concrète, abstraite, poétique… celle de Joel Des Rosiers est sublimée. Je n’ai rien contre cette écriture, mais a-t-elle sa place dans l’analyse d’un événement, si ce n’est que, par vanité, elle met en évidence l’érudition de son auteur ? J’en doute.

12 commentaires
  • Jean-Charles Morin - Abonné 30 août 2018 06 h 17

    La prose obscure de Monsieur Des Rosiers.

    Normalement les mots sont faits pour éclairer la pensée, non pour la brouiller par un discours ampoulé et jargonneux. L'écriture devient alors un exercice futile et même nuisible à la cause qu'elle prétend défendre. Monsieur Des Rosiers, digne émule de Mallarmé, ferait bien de s'en souvenir la prochaine fois. Robert Lepage ne s'en portera que mieux.

  • Bernard Terreault - Abonné 30 août 2018 08 h 46

    Bravo

    J'ai fait mon 'classique' dans le meilleur collège de Montréal, j'ai un Ph.D. d'une grande université américaine, fait une carrière de chercheur, depuis ma retraite je fais plein de lectures sérieuses sur tous les sujets, je comprends les écrits des Prix Nobel, mais je n'arrive toujours pas à voir un sens dans les écrits de certains soi-disant penseurs, comme celui dont on parle ici.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 août 2018 09 h 01

    C'est plate à dire, mais j'ai remarqué que ce que soulève

    M. Jean Fournier est coutumier de bien des prosateurs haïtiens ou d'origine haïtienne. Je ne sais pas ce qui les pousse trop souvent à jouer les Héraclite l'Obscur.

    • Loyola Leroux - Abonné 30 août 2018 16 h 55

      Pour avoir lu beaucoup de journaux, revues et romans haitiens, j'avoue que cet étalage de culture générale, surprend le québécois que je suis, mais je considerre que cela est positiv et donne une bonne idée de la formation recue par les quelques haitiens qui ont eu la chance de se faire instruite. Au lieu de faire comme nous au Québec, ou tout le monde est également ignorant, en Haiti avoir un diplome signifie beaucoup. N'oubnlions pas qu'en Haiti ce qui ressemble a notre défunt college classique existe encore.

  • Loyola Leroux - Abonné 30 août 2018 09 h 07

    Un texte difficile a comprendre même pour un lecteur assidu du Devoir

    Monsieur Fournier je pense que vous n’êtes pas le seul a avoir eu des difficultés a comprendre les arguments de monsieur Des Rosiers. Il me semble que ce texte aurait du paraître dans la section des Lettres. Il évoque des images difficiles a comprendre, mais j'intuitionne des idées intéressantes sous le fatras des formules alambiquées. Dommage.

  • Paul Gagnon - Inscrit 30 août 2018 09 h 11

    Peut-être a-t-il fait un "stage" au Ministère de l'éducation, du SPort et des LOISIRS?