Visa le rouge, tua le bleu

Où êtes-vous, membres et sympathisants du PQ ? Selon les sondages, bon nombre d’entre vous sont égarés dans les méandres de la CAQ. Pour combattre les libéraux, vous êtes en train de mettre en danger la survie même du parti auquel l’on doit des législations majeures dans les domaines politique, économique, social et culturel du Québec moderne. Le désir de changement vous aveugle-t-il à ce point ? Si oui, le réveil sera amer au lendemain du 1er octobre, lorsque vous découvrirez que, dans les faits, le discours de votre nouvelle maîtresse caquiste était aux antipodes de vos convictions profondes.

En effet, alors que vous avez toujours soutenu que l’indépendance du Québec constituait la solution à l’émergence d’une spécificité québécoise, la position nationaliste et fédéraliste de Legault conduit vers un cul-de-sac. De plus, fidèles à un partage équitable des ressources autour d’un État fort qui veut maintenir les services publics, vous constaterez que la CAQ prône des baisses d’impôt qui risquent de compromettre de tels services tout en ouvrant la porte au privé dans une approche à deux vitesses selon la grosseur du portefeuille.

Vous désirez battre les libéraux usés pour les remplacer par une formation politique dont l’usure prématurée se fera sentir rapidement. La solution réside dans les valeurs profondes d’un Québec généreux qui a su partager au lieu de diviser. Je vous invite donc à reconsidérer votre choix et à revenir au sein d’un parti qui a su gouverner pour l’ensemble, en plaçant le bien commun en avant-plan de ses choix. Pour moi, le PQ reflète bien cette vision d’un Québec où la compassion a toujours été au centre de ses convictions.

6 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 29 août 2018 08 h 42

    L’insoutenable légèreté de certains indépendantiste me sidère.

    Mais celle des jeunes encore plus.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 août 2018 10 h 49

      Ne vous en faites pas M. Théberge, les jeunes ne votent pas. Pour les autres, rien n’est encore décidé. Le désir de changement est fort et puissant, mais les gens ne se renieront pas. Jean François Lisée mène une très bonne campagne. Les négociations commerciales en cour avec les États-Unis et le fiasco annoncé pour les producteurs de lait et l'UPA avec un premier ministre qui ne s’est pas rallié à une cause commune, le ciment est loin d’être pris.

  • Paul Gagnon - Inscrit 29 août 2018 09 h 58

    @Gilles Théberge
    Pour les plus vieux, interrogez l'histore du PQ, particulièrement depuis 1995.
    Pour les plus jeunes, interrogez l'école, particuli;erement depuis 1995.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 29 août 2018 10 h 46

    le PQ est responsable de son propre malheur

    En remettant constamment l'indépendance aux calendres grecques comme l'avait dit René Lévesque lorsqu'il a opté pour le 'Beau risque' (donner une chance au système fédéral canadien), le PQ nuit à la fois à l'idée de l'indépendance, et il creuse sa propre tombe. Si la tendance se maintient, il y a des chance que cette fois-ci, il ne soit même plus un parti reconnu à l'assemblée nationale. Ceux qui seraient normalement tentés de voter PQ vont voir ailleurs parce que l'indépendance n'est pas à l'ordre du jour. Le PQ aura payé cher de tourner le dos à son option de base et tant pis pour lui. Le PQ n'est qu'un véhicule pour l'Indépendance, mais cette idée ne mourra pas avec la mort du PQ. Celle-ci sera toujours vivante et poura prendre d'autres formes dans l'avenir. Il aurait fallu battre le fer quand il etait chaud, tout de suite après la quasi-victoire de 1995.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 août 2018 11 h 08

    Et les convictions?

    Monsieur Perron, j’espère que votre commentaire dessillera les yeux de bien des Québécois.

    Dans la prochaine élection, les jeux ne sont pas faits. Si les gens votent selon leur conscience et leurs convictions profondes, on pourrait obtenir un gouvernement minoritaire, ce qui serait le plus démocratique.

    Votre article m'a convaincu de voter selon mes convictions. Si tout le monde le fait, les résultats des élections reflèteront les convictions des voteurs. Et surtout, pas d'abstentions.

    Je voterai PQ.

    • Sylvie Paré - Abonnée 29 août 2018 17 h 49

      Sauf qu'entretemps, les fédéralistes creusent notre tombe et lave la cervelle des jeunes. Ce qui explique la Louisianisation presque inévitable du Québec. Je veux bien décrier le PQ mais sinon; on se suicide collectivement?