La bourde du pape

Qu’est-il arrivé au pape François pour faire une réponse inacceptable à la question d’un journaliste qui, dans l’avion qui le ramenait à Rome, lui a demandé ce qu’il recommanderait aux parents qui constatent l’orientation homosexuelle de leur enfant : le confier à la psychiatrie ? Qu’est-ce qui s’est passé dans son esprit pour dire une telle chose, lui dont l’attitude philosophique est humanisante, aimable, pleine d’humour et de subtilité ? J’ai trouvé une réponse en me souvenant de la confession qu’il a faite à l’intellectuel Dominique Wolton : « Je n’ai jamais éprouvé d’angoisse, mais quand je monte dans l’avion avec les journalistes, j’ai l’impression de descendre dans la fosse aux lions. Et là je commence par prier, puis j’essaie d’être très précis. Il y a beaucoup de pression. Mais il y a eu quelques dérapages. »

12 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 29 août 2018 08 h 39

    Le silence est souvent d'or.

    Qui ne fait pas bourdes! À ce que je sache, le pape n'est pas infaillible en matière de pyschiatrie! Ce cher François devrait finalement comprendre qu'il est préférable pour lui de rester silencieux lors de ses retours de voyage par avion. La fatigue peut faire déparler. L'intendance corrige, mais...

    M.L.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 août 2018 10 h 29

      Il a dit cela en réponse à une question de journaliste après un voyage fatigant et éprouvant. C'était très improvisé. La question n'était pas reliée au voyage ou à un sujet prévisible. Les déclarations quant à cette bourde et l'attribuant à un calcul ou à un autre sont franchement ridicules.

      De plus, même la citation elle-même pourrait permettre une autre interprétation (on a choisi l'interprétation possible, parmi d'autres, la plus malveillante, et on n'a même pas envisagé la possibilité qu'il y en ait d'autres). On peut consulter de façon préventive pour faire face aux difficultés prévisibles que d'être homosexuel peuvent causer, et non pas nécessairement pour "guérir" de l'homosexualité.

      Les groupes gay, et des individus, mentionnent combien ça peut être difficile pour certains d'être homosexuel, parlent du harcèlement dans les écoles, du taux de suicide plus élevé à l'adolescence par rapport à la population en général, etc. Se demander s'il y a lieu de regarder s'il vaut la peine de faire quelque chose de façon préventive en fonction de ces difficultés n'est pas une idée si scandaleuse.

    • Michel Lebel - Abonné 29 août 2018 17 h 34

      Ajout:

      Disons les choses simplement. Comme tout bon jésuite qui aime faire du discernement, on peut dire que ce brave François en a manqué en parlant d'un sujet aussi délicat à bord d'un avion, suite à un voyage exténuant. N'en faisons pas tout un plat. C'est tout.

      Michel Lebel

  • Gilbert Talbot - Abonné 29 août 2018 09 h 28

    Bourde ou prise de position

    La psychiâtrie ne considère plus l'homosexualité comme une maladie mentale depuis 1975, je crois. Cependant, quelle est la position réelle de l'Église sur cette question? Est-ce toujours un péché mortel? Les homosexuels peuvent-ils devenir prêtres? Avec François, la position de l'Église s'est-elle modifiée substantiellement ou est-elle juste plus compatissante, moins dure dans les relations avec ces personnes? C'est du moins cette dernière position que laisse entendre cette opinion.

  • André Labelle - Abonné 29 août 2018 10 h 29

    Chassez le naturel ...

    Le pape François est à la tête d'une organisation à 100 % machiste, rétrograde et historiquement entachée des pires crimes contre l'humanité. Ceux qui l'ont nommé à la tête de cette organisation savaient très bien ce qu'ils faisaient.
    En fait François a révélé le fond de sa pensée. Voila la réalité !

    «Les hypocrites, comme les abeilles, ont le miel à la bouche et l'aiguillon caché.»
    [Jacques Delille]

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 août 2018 11 h 03

    Aggiorniamento

    L’Église catholique a un grand aggiornamento à faire concernant son approche concernant la sexualité, celle de la population en général, et surtout celle de ses ministres du culte.

    L'Église catholique est de plus en plus prise à partie par le secret entourant la pédophilie.

    Le droit canon doit être révisé en ce qui concerne le fameux « secret pontifical » qui empêche la dénonciation de crimes sexuels par les ministres du culte.

  • Daniel Gagnon - Abonné 29 août 2018 11 h 17

    Un ballon dirigé plutôt qu'une bourde

    Le Pape a-t-il fait cette déclaration dans l'avion, en sachant qu'il pourrait donner ce type d'excuse après coup?
    Un ballon d'essai, c’est souvent le truc utilisé par les grands manipulateurs tels que le président Trump : on voit les réactions, on se rétracte plus ou moins, sans s’excuser vraiment.
    Mais c'est dit, et ce qui est dit est dit, reste dit: le venin est passé dans l’opinion publique, le poison de la désinformation agit. C’est malheureux et cela fait du tort.
    N’est-ce pas honteux, surtout dans les circonstances horribles de ces milliers et milliers d'enfants qui ont souffert des abus des prêtres, n’est-ce pas là une ignominieuse manipulation de l'information de la part du chef de l'Église, évitant ainsi de prendre ses responsabilités et surtout de prendre des mesures concrètes pour l’avenir de nos enfants?