Réponse à Nancy Huston

Réponse à la lettre de Nancy Houston, parue dans Le Devoir le 22 août 2018, concernant les scandales pédophiles des prêtres catholiques.

Je me joins à vous, Mme Huston, pour réclamer une action ferme de la part de François, pape actuel d’une Église corrompue par un nombre effarant de crimes à l’égard de nos enfants, filles comme garçons. La source des perversions ne laisse plus de doute, quant à moi, et ce, depuis longtemps, sur l’origine de ces scandales à grande échelle.

Je retiens de votre dénonciation des commentaires que je tiens à souligner, considérant leurs caractères fondamentaux : la plupart des prêtres ne sont pas chastes. Ils n’arrivent pas à l’être tout simplement. Il faut en prendre acte et enterrer une fois pour toutes ce dogme inique. Le problème est que l’on demande à des individus normaux une chose anormale. La preuve a été faite et refaite. Le célibat obligatoire des prêtres ne marche pas. Le rôle de l’Église est de protéger les faibles, non les forts. Les innocents et non les coupables. L’Église doit cesser de cautionner des crimes qui, à travers le monde et les âges, ont bousillé des vies sans nombre.

Je souhaite la création d’une action planétaire pour éclairer sans équivoque des gestes d’une inhumanité sans nom perpétrés et perpétués au nom de la vertu.

6 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 27 août 2018 06 h 54

    Excommunication

    Tout religieux reconnu coupable de pédophilie doit être excommunié. Point.
    Reconnu coupable de ce crime le plus honteux et le plus bas, ce religieux doit être poursuivi en Justice. Point.

    Quant aux complices du silence et de la dissimilation, les peines se doivent d'être des plus sévères.

    Il y a place pour tellement de pardon dans l'Église. C'est un PLUS. SAUF pour la pédophilie.

    • André Joyal - Abonné 27 août 2018 08 h 55

      Menacés d'excommunication, les religieux aux tendances pédophiles vont s'abstenir vous croyez M.Bureau?

  • Jean-François Trottier - Abonné 27 août 2018 08 h 36

    Pourquoi seulement le mariage ?

    Bien d'accord, Madame Lemieux.

    En fait, en restant dans la logiquye judéo-chrétienne, la chasteté est un péché grave, pas une vertu.

    Je ne veux pas obliger tous les prêtres à se marier et copuler "dans les normes", pas du tout.
    Mais dès que l'absence de sexualité devient une privation, étant entendu que l'on parle d'humains, il y a un immense problème.

    Cette idée fixe autour de la sexualité nous vient directement de Paul de Tarse, dont la pensée rejoignait celle des Éphésiens de l'époque, où tous les hommes sont aptes à célébrer, font partie d'un groupe de 12 en conseil, et où les femmes servent, rien de plus.

    On est loin de Jésus pas à peu près!

    Je me demande comment il se fait que l'on ne réclame pas à grands cris la présence de prêtres femmes dans l'Église. Tout ceci est directement relié.
    C'est d'une maladive peur de la nature, de la volonté de s'en différencier, que vient cette horreur de la sexualité et des femmes, pour causes de "malpropreté" une semaine par mois. Les femmes étant trop proches de la nature, i.e. de la partie bestiale de l'humain, elle ne peuvent être admises au saint des saint, voilà la "logique"!

    C'est ça l'ecclesia des apôtres. Une bande de Zélotes qui ont délibérément modifié le message de celui qu'ils prétendaient honorer, selon leur vision étriquée.

    Mariage des prêtres ET femmes à la prêtrise. Tout de suite. C'est bien le moins.

  • Cyril Dionne - Abonné 27 août 2018 09 h 52

    Non!

    Dire que c’est à cause du problème de chasteté et même si la sexualité est un besoin fondamental de l’être humain, c’est de prendre un raccourci intellectuel et perpétuer ce qui est évident. Toute personne en autorité, deviendra corrompue parce que le pouvoir absolu corrompt absolument. La pédophilie est une maladie psychiatrique selon le DSM IV. Cette présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d'impulsions sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et intense, impliquant une activité sexuelle avec un enfant ou des enfants prépubères n’est pas seulement patente dans l’église catholique, mais partout et dans toutes les sociétés. Or, ce n’est pas le cas ici dans 90% des situations où les religieux se sont retrouvés et ont commis des crimes. C’est un abus de pouvoir tout simplement. Si les gens en autorité n’abusaient pas de leur pouvoir, il y aurait moins de crimes, de guerres et d’abus d’enfants.

    Ce qui nous a été dit récemment ne représente que la pointe de l’iceberg. Rien ne pourra pardonner ce crime contre l’humanité qui s’est échelonné à travers les siècles et qui continu aujourd’hui encore, surtout dans les pays en voie de développement. C’est la multinationale religieuse au complet qui devrait disparaître. La spiritualité n’a nul besoin d’infrastructure physique.

    Comme le disait si bien John Lennon, c’est plus facile d’imaginer qu’il n'y a aucun paradis, aucun enfer en-dessous de nous, au dessus de nous, seulement le ciel, vivant pour aujourd'hui...

  • Serge Sokolski - Abonné 27 août 2018 10 h 09

    À quand une poursuite au TPI?

    Quand les associations de victimes vont-elles poursuivre les Églises (on pourrait inclure toutes les religions...) pour crimes contre l'Humanité? Le tribunal qui devrait les entendre est le Tribunal pénal international, le même qui entend les causes de génocide, de crimes de guerre, etc. Rien de moins! Ce que les Églises ont fait au cours des siècles ne peut être puni. Les acteurs sont morts. Mais leurs représentants actuels qui continuent à détruire des vies innocentes doivent répondre de leurs actes. L'impunité, ça suffit!

  • Rodrigo J. Mendoza T. - Abonné 27 août 2018 23 h 11

    La cruxifixion pour tous?

    Il est fréquemment signalé en droit que c'est préférable avoir dix coupables libres qu'un innocent prisonnier.

    L'abomination des crimes commis par des individus en condition de pouvoir ou d'autorité contre des mineurs fragilisés, ne convertit pas en bien le mal de jeter la honte sur des hommes et des femmes qui ont dédié leur vies au service d'autrui; ni convertit en vérité la caricature d'une institution dont les contributions à l'histoire de la civilisation ne peuvent pas être négligées.

    Déblatérer n'amène guère à percevoir les nuances des choses. L'atrocité de prêtres pédophiles est vécu comme calvaire pour des religieux et
    des religieuses qui comprennent leur foi à travers de la charité et le service. Tout mélanger n'est pas non plus un acte de justice.