Un bouclier qui s’effrite…

Je vous demanderais d’avoir une petite pensée pour nous… les artistes dont les créations s’adressent aux écoliers. Notre vie n’est pas facile. Au cours de la dernière décennie, nous avons vécu trois boycottages de nos créations, utilisés comme moyens de pression par les enseignants. Ces actions peu courtoises ont occasionné des dommages considérables dans notre travail et, par conséquent, dans nos vies de famille.

Voici maintenant que le ministère de l’Éducation décide, semble-t-il, d’autoriser un gel ou encore des coupes draconiennes dans les budgets consacrés aux activités culturelles destinées aux écoles. Cependant, les raisons me sont obscures et, à la limite, injustifiables.

Comme 80 % des revenus de mon théâtre de marionnettes dépendent du milieu scolaire, encore une fois, mon théâtre se retrouve dans une situation critique.

C’est à se demander si les artistes ne sont pas les boucs émissaires des errances que vit notre société. Pourtant, c’est nous qui apportons cet accès à l’invisible, la fantaisie, l’imaginaire, et c’est nous qui avons cette responsabilité d’émerveillement.

J’aime bien l’accueillant service gouvernemental qui se nomme « aide sociale », car j’anticipe un avenir sombre pour nous, les quelques milliers d’artistes jeunesse d’un Québec irréfléchi qui auront à frapper à cette porte.

2 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 25 août 2018 06 h 59

    Bien triste


    Nos politiciens ne sont pas friands de l'imaginaire et de l'invisible! Électoralement et au plan médiatique, ça ne rapporte pas beaucoup. Et les petits Mozart qui ne voient pas le jour, ça les préoccupe peu. Hélas.

    M.L.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 25 août 2018 21 h 52

    Une tendance lourde, malheureusement.

    Dans ce siècle d'inculture galopante, la culture est appelée à prendre le bord, hélas! Et dans l'indifférence quasi-générale, comme le petit nombre de commentaires vus ici en témoigne.

    Merci néanmoins à vous-même et à Monsieur Lebel de s'être manifestés et de se montrer sensibles à cet état de choses.