Dialogue recherché

Il semble bien qu’une attitude commune réunisse les libéraux tant au Québec qu’au Canada. Et cette attitude, c’est le refus d’accepter que des citoyennes et citoyens émettent des objections ou posent des questions sur certains sujets particulièrement délicats, en les qualifiant d’intolérants ou de racistes. Ce faisant, le dialogue ne va pas très loin. Et la cohésion sociale tant recherchée par ces (ir)responsables peut difficilement se solidifier.

Je rappellerai que ce n’est pas une preuve d’allégeance à quelque parti d’extrême droite que de poser des questions sur la façon d’accueillir les réfugiés irréguliers, et encore moins de demander au fédéral quand il paiera les 146 millions au Québec, qui a assumé la grosse partie des frais engagés il y a quelques mois lors de l’arrivée massive de réfugiés au chemin Roxham.

Par ailleurs, on n’est pas tenu d’appartenir à un groupuscule d’extrême gauche pour plaider en faveur d’un accueil solidaire à l’endroit des nouveaux arrivants et manifester ainsi l’ouverture traditionnelle qui nous caractérise. [...]

Ce serait prudent de la part du monde ordinaire de ne pas imiter les chefs des partis libéraux et de ne pas recourir à ces catégorisations extrêmes lorsqu’on aborde des questions importantes, controversées et qui peuvent comporter leur lot d’inquiétudes et de questionnements légitimes.

13 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 23 août 2018 02 h 02

    L'hypocrisie de la bien-pensance.

    On parle de démocratie et d'une diversité d'opinions, mais on a peur des discussions et des débats. Certains sujets comme le port du voile intégral sont devenus tabou. On nous accuse de xénophobie et d'intolérance dès que l'on parle de valeurs communes. Comment peut-on se réclamer de démocratie si l'on n'accepte même pas la discussion? Je pense que les bien pensants sont en train de jeter les citoyens paisibles dans les mains de l'extrême droite.

    • Pierre Desautels - Abonné 23 août 2018 09 h 22


      Au contraire, jamais la parole et les opinions contraires n'ont jamais été si libérées, réseau sociaux aidants. Par contre, il faut aussi s'attendre à une réplique et ne pas s'en offusquer, comme vous le faites. Ce n'est rien de tabou si des répliques, parfois cinglantes, s'expriment. Si quelqu'un a l'épiderme trop sensible pour recevoir ces répliques, il faut s'en retirer. Mais il ne faut pas en blâmer les autres et assumer sa propre responsabilté.

      Les accusations de xénophobie et d'intolérance sont parfois exagérées, mais ce sont des choses qui existent vraiment ici, au Québec. Et c'est simpliste de croire que la gauche et les bien pensants "sont en train de jeter les citoyens dans les mains de l'extrême droite." Cette extrême droite n'a pas besoin de la gauche pour répandre sa haine. Elle le fait très bien toute seule. Vous faites leur jeu si vous dénoncez une gauche modérée plutôt que ces répandeurs de haine.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 août 2018 15 h 53

      M. Desautels, vous parlez toujours de l'extrême droite mais jamais de l'extrême gauche. Pourquoi? C’est toujours l’extrême gauche qui cause les ravages au Québec. Et de quelle gauche modérée parlez-vous? Celle qui est violente? Oui, dénonçons les extrêmes en commençant par l’extrême gauche et les groupuscules de partis politiques qui s'y trouvent.

    • Pierre Desautels - Abonné 24 août 2018 09 h 30


      @Cyril Dionne

      J'ai souvent dénoncé l'extrême gauche et les antifas, ce qui ne m'a pas fait d'amis. Et vous, à quand remonte votre dénonciation des groupes d'extrême droite au Québec et ailleurs?

  • Loraine King - Abonnée 23 août 2018 06 h 49

    Perspective

    Je pense qu’au contraire, ce qu’on constate ici c’est que les libéraux ACCEPTENT que des citoyennes et citoyens émettent des objections ou posent des questions sur certains sujets particulièrement délicat.

    Stephen Harper n’a jamais été prit dans de telles situations pour la simple raison qu’on ne laissait jamais les citoyens approcher ce premier ministre. On ne laissait même pas un journaliste attitré poser librement une question à ce premier ministre - lors de la dernière campagne électorale le PCC limitait à cinq le nombres de questions de la part des média.

    J’observe Justin Trudeau avec grand plaisir, même - surtout - quand il se met le doigt dans le nez.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 août 2018 09 h 23

      Madame King, moi aussi j'aime le théâtre. Au théâtre.

      En politique, bof.

      L'image de Trudeau exige qu'il soit "près des gens". Selfies, sourire béat, Mais est-il à leur écoute ? On vient de voir comment : à la moindre question il accuse une dame de racisme, se fiant sur les préjugés des gens pour gagner cette petite bataille médiatique.
      Hé! Si on est contre lui, DONC on est raciste. Je suis persuadé que dans le ROC, où il est sain de penser que les Québécois sont racistes, le message a passé comme une balle. Il sera repris ici par une certaine extrême-gauche colonisée.

      Les trois dernières années de Trudeau sont un copié-collé de la Trudeaumanie dans les années soixante : tout le monde le trouvait si cool, si beau, si amusant, si souriant! Je parle de P E, pas de Justin! Ensuite on l'a vu à l'oeuvre, démolir tout ce qui n'était pas dans son orthodoxie citoyenne.

      En matière d'image "jeunesse", P E Trudeau dépassait à l'international l'effet Kennedy du début de la décennie, faut le faire!
      Justin a suivi exactement le même parcours, ce qui m'a fait dire il y a 3 ans qu'il était la bête politique la plus redoutable sur la scène fédérale.
      Pour préciser, Justin suit le parcours de papa mais suit à la lettre les conseils de son parrain politique, Chrétien­. Il joue à l'imbécile, promet des masses et ne livre rien. Chrétien aussi prenait des bains de foule, question d'image, et une fois il a voulu étrangler un manifestant.
      Le coeur sur la main pour les gens, arrogant et idéologue, le portrait serait incomplet si on n'ajoutait qu'il a un téléphone rouge branché directement sur les banques de Toronto.
      Les gens? Tant qu'ils sont gentillets et polis, ça va. Hop un p'tit selfie. Sinon, on voit vite les griffes de la bête politique.
      S'en fout des gens, tout autant que son snob de père.

      Ceci dit, vous avez le droit de le trouver so cute, hein. Il l'est!

  • Michel Lebel - Abonné 23 août 2018 06 h 50

    Une question internationale fort complexe

    Il est bien difficile de parler serainement d'immigration de nos jours dans la plupart des pays occidentaux. La peur, et la xénophobie qui s'ensuit, font partie du débat et certains politiciens les exploitent plus ou moins subtilement. La question est très complexe et ne pourra pas être réglée rapidement.

    Les populations de pays pauvres, souvent en guerre, veulent aller vers les pays riches. Rien de plus normal. Ce n'est que par des décisions à l'échelon international que des vraies et justes solutions pouront être trouvées. Tout un défi pour un monde qui tant à se recroqueviller, chaque État défendant son territoire contre ''l'intrus''. Le repli sur soi ne peut amener que plus de tensions entre pays.

    Un sain principe reconnu de gouvernance veut que les populations restent dans leur pays d'origine, l'immigration ou le refuge demeurant rare. Encore faut-il qu'il y ait des bonnes perspectives d'avenir pour ces populations. Ce qui hélas n'est souvent pas le cas. Concluons au moins par ceci: le sujet est trop grave pour devenir le lieu de propos démagogiques.

    M.L.

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 août 2018 10 h 56

      Les immigrants sont les biens venus pourvu qu'ils fassent l'effort de s'intégrer aux valeurs universelles des Lumières. Le problème provient du fait qu'ils préfèrent se replier sur eux-mêmes en vivant dans leurs communautés respectives et en refusant de délaisser leurs pratiques traditionnelles derrière eux.
      Le multiculturalisme est une pratique de l'apartheid des cultures et puis la rectitude politique nous accuse de xénophobie et de racisme. Ça n'a pas de sens.

    • Michel Lebel - Abonné 23 août 2018 12 h 21

      @Nadia Alexan,

      Le problème est démographique, économique et politique. Qu'on le veuille ou non, les gens du sud, de la pauvreté, et de la guerre, poussent et immigrent vers le nord, riche et prospère. Ce n'est pas une question qui sera vite réglée. Et une question qui créera toujours des tensions. À traiter donc avec jugement et compassion. Le repli sur soi, de part et d'autre, n'est pas une bonne solution.

      M.L.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 août 2018 16 h 02

      Aie les crédules. Il y a présentement 3 milliards de gens qui changeraient de pays demain matin. Si on demandait aux Cubains, aux Haïtiens et combien d’autres ressortissants de changer de pays, ils demanderaient que le dernier citoyen qui quitte leur pays ferme les lumières.

      Lorsque la situation au pays deviendra aussi pire que celle des nos migrants économiques ont quitté, où irons-nous? Les barrières et les clôtures font les meilleurs voisins. Nous ne sommes pas la conscience du monde.

  • Cyril Dionne - Abonné 23 août 2018 10 h 56

    « Fuddle duddle » revisité

    C’est le « fuddle duddle » du fils en ce qui a trait à l’immigration illégale pour ceux qui osent le questionner sur le sujet. Notre adolescent en chef manipule les millions et les milliards comme si ce n’était pas son argent. En fait, ce n’est pas son argent puisque le sien est bien placé dans des paradis fiscaux, Stephen Bronfman oblige. Nous ne sommes pas responsables de la misère du monde et faudrait-il le rappeler, que nos ancêtres en ont bavé un coup avant de produire la société québécoise d’aujourd’hui.

    Ceci étant dit, après visionné la vidéo, ce n’est pas de cette façon qu’on doit poser des questions, même à notre petit prince. Il y a eu quelques mots regrettables pour un premier ministre, de la part de notre Justin dit de « Bieber » adoré (not), mais que voulez-vous? Il fait ce qu’il peut avec ce que la nature lui a donné. Vous voulez donner une réponse claire à notre bambin en chef, ne votez plus pour lui. Pas besoin de le questionner.

  • André Labelle - Inscrit 23 août 2018 11 h 33

    Le phénomène migratoire : un test pour les nations

    Trump favorise l'utilisation du charbon. Trudeau favorise l'extraction du pétrole. On encourage l'utilisation des voitures à forte cylindrée. Bref, malgré la catastrophe annoncée par les sommités scientifiques d'un bout à l'autre de la planète on laisse le réchauffement de la planète s'installer. Moussons plus importantes, accroissement du niveau des océans sont annoncées pour demain, pas dans mille ans.

    Alors où iront les centaines de millions d'humains qui fuiront leurs terres submergées ? Les États ne pourront pas endiguer cette marrée humaine qui déferlera sur la planète à moins des massacrer littéralement ou des laisser se noyer ou mourir de faim ou de maladies.

    Si nous nous croyons toujours un peu humains, nous demanderons alors à nos gouvernements de faire quelque chose. Mais quoi ?
    Laisser ces vagues humaines envahir sans encadrement nos territoires, donc ne rien faire ? Bloquer hermétiquement nos frontières jusqu'à ce qu'elles cèdent sous la poussée inéluctable de ces millions d'humains qui ne veulent que survivre ?

    Nous avons aujourd’hui la possibilité de réfléchir à ce qui s’en vient et commencer à se concerter afin d’éviter l’improvisation qui coûtera la vie à des millions d’êtres humains et fort possiblement mettra en péril notre société.

    «Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.»
    [Rainer Maria Rilke]

    • Marc Therrien - Abonné 23 août 2018 17 h 22

      "Ce qui compte c'est de survivre", mais en même temps, il y a cet avis de Michel Tournier dont on peut tenir compte: "Survivre c'est mourir. Il faut patiemment et sans relâche construire, organiser, ordonner.".

      Marc Therrien