Le fiasco de l’éolien

Avec le projet parrainé par les Innus de la Côte-Nord, le dossier de l’éolien refait surface. Il est malheureux que les Innus se retrouvent désormais en plein coeur d’une controverse. Lancée sans grande réflexion et sans véritable analyse quant à sa pertinence chez nous, la filière éolienne n’aurait jamais dû y voir le jour. Notamment dans le sud du territoire, comme c’est le cas. Allez rencontrer les citoyens qui ont des moulins à vent plantés à quelques centaines de mètres derrière leur maison, et vous verrez que l’accueil est loin d’être positif. Le dossier de l’éolien est un fiasco sur toute la ligne. Financier d’abord : il va nous coûter des milliards à terme, comme on le sait avec certitude depuis le rapport de la Vérificatrice générale. Social ensuite : on a érigé ces structures dans les régions habitées, le plus souvent au mépris des citoyens. Sauf de rares exceptions, les retombées économiques sont insignifiantes et les emplois directs rares. À l’origine de la mise en oeuvre de l’éolien, on a invoqué la nécessité de diversifier les sources d’énergie. Diversifier pourquoi ? Rien ne le justifiait. Au royaume de l’hydro-électricité, il était inutile de recourir à d’autres sources d’énergie. Dehors le nucléaire comme on l’a fait avec Gentilly, pas de centrales au gaz ni au charbon. L’éolien oui, mais pour des communautés très isolées, loin des lignes de transport, ou pour des mines du Grand Nord, par exemple. Un des endroits où des éoliennes auraient été pleinement utiles, c’est aux îles de la Madeleine : l’archipel n’est pas desservi par le réseau conventionnel et, c’est bien connu, le vent y est constant toute l’année. Or, une vieille éolienne rouille dans le décor, et ce sera, semble-t-il, le dernier endroit où on en érigera deux nouvelles sous peu. En matière d’énergie, il faut prioriser les options. D’abord, l’économie. L’énergie non produite et non consommée restera toujours la moins chère et la plus écologique. Ensuite, l’hydro-électricité si la ressource eau est disponible : sécuritaire et propre, la moins dommageable à l’environnement. C’est le cas au Québec. Ensuite, le solaire et l’éolien, ou les deux, selon le contexte climatique. Ultimement, les énergies fossiles et le nucléaire. En ayant recours à l’éolien, le Québec a fait fausse route sur toute la ligne, tant du point de vue proprement énergétique, environnemental que social.

9 commentaires
  • Ginette Couture - Abonnée 20 août 2018 07 h 04

    L'Éolien, un échec et plus

    Nous vivons dans une région où de éoliennes géantes ont été implantées en 2010. Elles se situent parfois à 300 mètres des maisons, parfois à 500 mètres. Lorsque le vent souffle vers ces maisons, les habitants ressentent des vibrations, sans oublier l'effet sonore durant la nuit et des mouvements d'ombres stroscopiques avec le soleil couchant. Nous avions présenté des mémoires ainsi que manifesté pour que ces engins, de dimension industrielle, soient placés à au moins un kilomètre des zones habitées. Les règles internationnales suggéraient 2 kilomètres des maisons. Tant qu'aux redevances pour la Municipalité et les organismes communautaires, plusieurs citoyens s'en accomodent poliement. Question de « bonne entente » entre nous. Mais les dommages demeurent élevés, tant du point de vue de la santé (physique et mentale) que de l'environnement ( oubliez nos paysages et les effets sur le sol agricole et forestier).Nous avons été les « cobayes » d'une industrie, avec la complicité du Gouvernement et de notre Conseil Municipal. De plus, Hydro Québec doit payer un surplus de 4 cents du Kilowatt/hre, selon le contrat établi par ces compagnies Albertaines. Cette « non-rentabilité » se réflète sur l'augmetation récurrente des tarifs par Hydro Québec. Gérald Tremblay

  • Daniel Grant - Abonné 20 août 2018 07 h 25

    Ménagez votre indignation pour les vraies problèmes M. Landry

    L’éolien fait partie du futur, et c’est de la création d’emplois valorisants, et crée de la richesse collective quand c’est fait chez nous. Comme pour le soleil on a pas besoin d’aller en guerre pour ces énergies de flux.

    Si c’est l’économie qui vous inquiète attaquez vous plutôt à la loi sur les hydrocarbures que le PLQ nous a concocté, qui en plus de siphonner l’argent publique en subventions et en indemnités que ces parasites du fossile vont nous réclamer par le tribunal d’arbitrage (ALENA) quand ils ne pourront pas trouer et polluer le Québec où ils veulent (comme on l’a déjà vu avec Pétrolia et ses acolytes)

    Et si c’est l’écologie qui vous intéresse, nous devons nous rappeler que l’économie de l’énergie comme vous dites n’a jamais fait baisser la consommation d’énergie nulle part dans le monde, au contraire c’est l’effet de rebond qui entre en jeux (paradoxe de Jevons).

    Vous savez que si on ne fait que rendre les hydrocarbures plus efficaces nous en consommerons plus en bout de ligne et aggraveront le problème pour l’humanité.

    Non il faut changer pour les sources d’énergie renouvelables pcq notre demande en énergie ne fait qu’augmenter même si on devient très efficace dans notre utilisation, donc il faut aller où les sources d’énergie sont illimités et propres.

    M. Landry combattez plutôt ceux qui font de l’aveuglement volontaire (pour leurs bénéfices personnels) devant le désastre écologique que le fossile fait subir à l’humanité et à l’écosystème.

    SI vous pensez qu'une éolienne est laide comparez ça aux raffineries déficientes de pétrole (15 raffineries canadiennes polluent 62% plus que 127 raffineries chez nos voisins du sud).
    Pour en savoir plus;
    https://www.nationalobserver.com/2018/05/02/news/pollution-canadian-refineries-embarrassment-compared-us

    • Cyril Dionne - Abonné 20 août 2018 13 h 06

      Cher M. Grant,

      L’éolien, tout comme pour le solaire, feront partis du futur lorsqu’on pourra emmagasiner l’énergie produite dans des piles avec des pertes négligeables. Produire de l’énergie entre 20 et 25% du temps sous-entend que l’on doit palier avec une autre qui est disponible à 100%. Sinon, tout cela n’est que du vent lorsque vous parlez du futur.

      Vous parlez aussi d’hydrocarbures alors que le Québec nage dans l’hydroélectricité (il essaie de vendre des contrats aux Américains à 4 ou 5 sous du kWh). L’empreinte carbone des Québécois est la plus petite au Canada. Vous savez que ces moulins à vent sont fabriqués à partir des dérivés du pétrole et ont une durée de vie de 20 ans? Alors, pour l’écologie, on repassera.

      L’autre fait inusité, c’est l’appauvrissement des terres arables lorsque ces mastodontes du vent se trouvent à proximité. Les vibrations engendrées font fuir les vers de terre et donc, la terre n’est pas aérée adéquatement. De cela, on n’en parle jamais mais les fermiers californiens et du sud de l’Ontario ont découvert cela à leurs dépens.

      Maintenant, on veut payer des promoteurs des milliards alors que les retombées économiques seront minimes pour les Innus de la région. 4 millions par année pour chaque emploi est tout simplement ridicule. Et combien d’autochtones travailleront sur ce projet? Si on veut faire du développement économique, on pourrait faire mieux ailleurs il nous semble.

    • Daniel Grant - Abonné 20 août 2018 18 h 08

      M. Dionne

      Pensez vous sérieusement que les industries solaires et éoliennes n’ont pas déjà des solutions pour accumuler l’énergie?
      Allez dire ça aux Hollandais qui ont vécu avec le vent pendant des siècles.

      Les énergies renouvelables existent maintenant et sont disponibles et de moins en moins chères et de plus en plus performantes, tout ce qui manque est la volonté politique pour sortir des griffes du fossile et faire avancer les choses.

      Je vous invite à vous informer sur ce qui se passe partout dans le monde, voir http://www.irena.org.

      Le Canada brille par son absence dans la liste des pays membres mais ça n’empêche pas d’aller voir ce que les pays avec une vision saine de l’avenir sont en train de bâtir.

      Ne répétez pas le catéchisme des Marchands de Doute qui veulent nous faire croire que nous ne sommes pas prêt pour les énergies du futur.

      L’emplacement des éoliennes ça se discute je vous l’accorde mais commençons par régler le problème par le bon bout, l’éolien est une des solutions pour le problème du fossile qui menace l’humanité.

      GES; à 2°C, de grands changements modifieront nos comportements, à 3°C ce sera à chacun pour soi et seuls les plus munis survivront, à 5°C il n’y aura plus de terres arabes ni humanité et les vers de terre, bonne chance. Alors jusqu’où pouvons-nous se permettre de continuer dans le fossile?

      Cessons de subventionner le fossile à coup de milliards et investissons cet argent dans les énergies renouvelables.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 août 2018 14 h 17

      M. Grant,

      Non, les industries solaires et éoliennes n’ont pas des solutions pour accumuler l’énergie. En fait pour les accumulateurs, ils sont encore à des années lumières. Pour le prix du kWh, il est de 20 sous aux Pays-Bas. La moyenne européenne se situe à 30 sous. Nous payons 6 à 7 sous au Québec.

      Le seul avantage des énergies dites vertes, l’éolien et le solaire, réside dans la capacité d’accumuler et de stocker l’énergie. Une des façons ingénieuses est de pomper l’eau du haut de grandes citernes durant le temps ou la production dépasse la consommation de façon à réutiliser cette énergie potentielle pour la convertir en hydroélectricité via la gravité naturelle. Ils utilisent ce processus à Niagara Falls entre autre.

      Mais les deux solutions aujourd’hui ne résident pas dans l’utilisation d’une technologie très sophistiquée. On peut commencer à réduire notre consommation d’énergie et à l’utiliser plus judicieusement. Mais la solution la plus plausible à court, moyen et long terme est contrôler les niveaux de population dans le monde par l’éducation et les moyens de contraception. La surpopulation est l’éléphant dans la pièce. Même si demain les Québécois devenaient les champions de l’écologie, il faut que tous emboîtent le pas. Il n’y a qu’une seule terre et le climat est interconnecté.

  • Raynald Goudreau - Abonné 20 août 2018 07 h 47

    Duplessis n'est pas mort .

    M. Landry a un discours logique , les decideurs un discours interesse .

  • Bernard Terreault - Abonné 20 août 2018 09 h 12

    priorité pour Hydro

    Il me semble que le plus grand enjeu des prochaines années, pour Hydro-Québec, il se trouve en Ontario! J'espère que, aussi bien en public qu'en coulisse, Hydro discute fort avec cette grosse voisine de plus de 13 millions d'habitants pour savoir où elle veut aller. En effet, elle abandonne la filière nucléaire sur laquelle elle comptait en bonne proportion depuis des dizaines d'années. Un accord à long terme entre Hydro et l'Ontario pour lui vendre une quantité fixe de nos surplus serait logique et économiquement souhaitable pour les deux provinces. Mais c'est peut-être politiquement impopulaire en Ontario.

  • Cristian Moldovan - Inscrit 20 août 2018 10 h 37

    Intrigue

    On dirait qu'on a fait notre mieux (dans quelques cas) pour tâcher l'image de l'éolien... Comment peut-on accepter payer pour des projets sans une étude fondée sur les couloirs de vents et sans acceptabilité sociale?!