Politique repoussoir

Une soirée politique axée sur la génération des 18-35 ans donnait récemment l’occasion aux quatre chefs de partis de réclamer l’implication des jeunes en politique. Mais faire en sorte que les jeunes s’impliquent en politique demande que l’image de la politique et des politiciens soit remise à neuf et offre un vernis de respectabilité qui rejoigne leurs idéaux. Pour la jeunesse, refaire le monde est un objectif noble et sincère qui n’accepte ni le mensonge ni l’opportunisme. Le cirque politique et ses contraintes en rebuteront aussi plus d’un. Et le peu de place et d’influence réelles qui leur seront accordées à l’intérieur de partis menés de mains de fer par des mentors plus âgés fera le reste.

2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 20 août 2018 09 h 18

    Notre discours est tonitruant lorsqu’on vote

    Les jeunes ne s’impliquent plus en politique. Ce n’est pas le peu de place et d’influences réelles qui leur sont accordées qui priment, mais bien l’effort requis qui les désintéressent. C’est la culture hyper-individualiste qui fait rage présentement chez nos générations d’enfants rois.

    Triste, puisque c’est la jeunesse qui est souvent le moteur du changement sociétal. C’est pourtant une jeunesse portée vers l’avenir mais qui rejette le passé sans proposer de solutions plausibles et pragmatiques. Et tous savent que ce sont les faits de l’histoire et les traditions qui ont façonnées le monde présent et qu’on voit toujours plus loin sur les épaules des autres. Leur idéal, la solidarité humaine, se construit toujours par une mondialisation qui les touche seulement à distance dans leur quotidien. Ils vont parler des changements climatiques comme si c’était une abstraction et quand c’est le temps d’agir, on ne les voit plus. Les jeunes ont rouspéter durant la dernière élection aux États-Unis et pourtant ils n’ont pas voté. C’était le résultat le plus bas jamais enregistré durant les élections américaines depuis 50 ans chez les 18 à 30 ans.

    Mais on imagine que l’indifférence donne un air de supériorité, ce qui est totalement faux.

  • Jean-François Trottier - Abonné 20 août 2018 09 h 26

    Faut bien s'y faire, un peu!

    Je vais prendre mon ton le plus mononc' possible. Mon jeune, moi aussi j'ai été jeune! Tu sauras que...

    Suis-je obligé de continuer ? Malheureusement oui.

    Je me souviens avoir eu une discussion avec des amis autour d'une bière. J'étais le seul à ne pas être membre du Parti Communiste (PCCML) à table.
    Tous avaient hâte de voir les "vieux" politiciens disparaître, tous les présentaient comme des menteurs à la solde de je-vous-laisse-deviner, et tous prétendaient que NOTRE génération allait faire le ménage!

    Ce à quoi j'ai répondu, parce qu'à force de les écouter j'avais réalisé la vanité de leurs propos, que notre génération ferait probablement bien pire.
    Ce qui est arrivé, c'est que pour la plupart nous sommes restés profondément humanistes, écologiques et croyons tout autant à l'égalité des chances.
    Mais quelques meneurs d'opinion, très forts en slogans et incapables de voir plus loin que leur nez, ont pris le pouvoir. Gates, Jobs, les marketeux de tout poil...

    La grande chance des années '70 au Québec a été, non pas ceux qui voulaient du neuf à tout prix, mais une grande alliance entre générations. Ceux qui avaient fait la révolution tranquille, la génération précédente quoi, et le baby-boom ont travaillé ensemble.
    Et le PCCML a pour ainsi dire disparu... quoiqu'on revoit ses idées maintenant.

    Les uns souhaitaient depuis 30 ans une société égalitaire, les autres parlaient d'écologie et pensaient "local", le tout concordait autour de la nécessité de créer un État fort (et indépendant) qui servait de courroie de transmission. C'est ainsi que le PQ est arrivé et qu'il a pu donner un réel coup de barre dans la façon de faire de la politique au Québec.
    La réaction d'Ottawa a été "normale", les barbares restant des barbares.

    C'est parce que le PQ n'a pas voulu tout changer qu'il a changé la donne : agir dans le respect, sans condamner, et écouter.

    Aujourd'hui le baby-boom est un "monstre", le passé aussi.
    Rien ne se passera. You bet.