Félix aujourd’hui

On a rappelé dernièrement que notre barde national, Félix Leclerc, nous avait quittés il y a 30 ans.

Dans tous les commentaires lus sur Félix, on peut facilement noter son amour pour notre langue et sa magie avec les mots, mais Félix serait sûrement triste d’entendre parler aujourd’hui les jeunes artistes de chez nous (chanteurs et comédiens), qui ne semblent pas être capables d’utiliser la langue qui les fait vivre sans avoir recours à des mots anglais, comme ces mots entendus lors des derniers jours dans des émissions de télévision ou de radio (backstage, live, dark side, bucket list, être miké, soundman, fan based, data, that’s it, lead role, kick et j’en passe, car la liste pourrait être très longue.)

Est-ce pour se démarquer de leurs aînés que ces mots en anglais leur viennent alors que des mots en français existent ? Est-ce pour être soi-disant à la mode ? Est-ce pour montrer, à nous le peuple, qu’ils sont plus intelligents en utilisant des termes anglais ou sont-ils, malgré eux et à leur insu, victimes d’une contamination linguistique ? Je me demande même si certains ne sont pas gênés d’utiliser les termes en français, de peur d’être exclus de leur groupe. […]

Est-ce qu’il y a des artistes qui ont encore le goût de travailler en français ?

12 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 16 août 2018 07 h 06

    Fierté disparue


    René Lévesque ne pourrait plus dire « aujourd’hui » être fier de son peuple.

  • Raynald Goudreau - Abonné 16 août 2018 07 h 54

    Peuple conquis.

    L'assimilation est en marche depuis 1759 , elle n'est que plus rapide et evidente aujpurd'hui , c'est tout .

  • Robert Morin - Abonné 16 août 2018 09 h 01

    C'est le retour en force...

    de l'attitude de colonisé que l'on observait avant la Révolution tranquille. Sauf qu'aujourd'hui, la grande noirceur, la mainmise sur les esprits n'est plus le fait de l'Église catholique, mais plutôt celle de la monoculture étasunienne dominante et de sa puissance colonisatrice, fondée sur le monopole des géants étasuniens du numérique (Google, Apple, Amazone, Facebook, Instagram, Netflix, etc.) qui occupent toute la place et uniformisent les cultures à la grandeur de la planète...

  • Cyril Dionne - Abonné 16 août 2018 09 h 26

    La langue de Don Cherry

    Cette contamination linguistique s'appelle l'assimilation. Le Quebec entame la premiere étape. Ailleurs, dans le monde merveilleux du ROC, les francophones hors Québec ont terminé la phase finale; ils sont assimilés. "It's not too hard to understand how the process works", Don Cherry oblige.

  • Michel Bibeau - Abonné 16 août 2018 10 h 13

    Bonjour Hi! Monsieur Leclerc

    Bonjour Hi!

    À Montréal, à tout le moins, le français normalisé agonise : une nouvelle langue le remplace le «bilingue french», que l’ensemble des jeunes pratiquent avec fierté. Cette nouvelle langue a pour principale caractéristique un constant aller retour entre l’anglais et le français dans une même phrase ou dans un même discours : parfois, dans ses formes légères, quelques mots d’anglais parsèment la phrase française : au summum de cette déviance, des phrases entières d’anglais écrasent quelques mots de français. Vous retrouvez de beaux exemples de ce «bilingue french» à la radio française de Radio-Canada, dans les cégeps et université francophones de Montréal ou simplement dans les propos de la vie courante… Avec des nuances importantes, les dévots du «bilingue french» ont aussi leurs prosélytes en France : les publicitaires français affichent bravement une anglophile vaniteuse.

    «Il faut être de son temps!», m’a-t-on dit… Et le temps est à la mondialisation anglo-américaine.

    Interdire la langue française au Québec
    Texte de Félix Leclerc, mai 1987

    « La langue française devrait disparaître du Québec,
    s’en aller et ne plus revenir comme une mère qui s’en va.
    L’interdire pour un an.
    Puisqu’on n’en veut pas. Qu’on en a honte.
    Et qu’on la traite avec ses trois siècles sur le même pied
    qu’une autre langue avec ses trois ans.
    Nous méritons tous qu’elle s’en aille.
    Plus de français nulle part, (...) »

    • Robert Morin - Abonné 17 août 2018 07 h 34

      Merci Michel Bibeau pour ce texte hyper lucide!