Verdissement… responsable!

Il fait chaud. Ça va continuer. Il faut combattre les îlots de chaleur. Il faut verdir. Ça, on le sait. Mais il est grand temps que Montréal s’engage dans un verdissement responsable.

Lundi soir, au conseil d’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, en réponse à deux interventions sur l’herbe à poux, une plante responsable de 75 % des allergies saisonnières, la mairesse suppléante, Christine Gosselin, s’est réfugiée derrière l’argument de la biodiversité (qui veut être contre la vertu ?) et celui que « nous n’avons pas les effectifs » requis pour justifier l’inaction de ses services sur les terrains publics, dont une piste cyclable envahie.

Cette attitude défaitiste s’accompagne de l’ignorance, chez les élus, de la disponibilité d’un soutien financier pour le déploiement d’une stratégie de réduction des pollens allergènes (SQRPA-Fonds vert) dans les arrondissements. Ni vues, ni connues non plus les initiatives en cours dans Villeray (une première corvée avec l’Éco-Quartier) et dans CDN-NDG (éradication de l’herbe à poux dans les parcs avec la SOCENV), toutes deux à l’initiative de citoyennes.

En plus, on ignore que les villes nord-américaines, y compris Montréal, plantent en grande majorité des arbres mâles qui, s’ils sont plus « propres » parce qu’exempts de fruits à ramasser, émettent du pollen. Ce sont des mâles, pas des arbres stériles !

Avec le pelletage dans la cour du provincial des coûts de santé générés au niveau local par un verdissement irresponsable, ce sont tous les contribuables, et pas seulement les personnes allergiques, qui sont concernés.

Il est révolu le temps où nos élus pouvaient donner une p’tite tape dans le dos des citoyens engagés pour les encourager à continuer leur travail invisible d’arrachage d’herbe à poux alors que les services des arrondissements continuent à utiliser les deniers publics pour verdir, oui, mais de manière irresponsable. Élus, assumez vos responsabilités !

1 commentaire
  • Jean-Luc Malo - Abonné 11 août 2018 13 h 23

    Vous avez tout à fait raison

    Mme Bonneau, co-citoyenne de l'arrondissement Rosemont-La Petite Patrie,
    J'aurais aimé assiter à cette assemblée d'arrondissement. Le problème est ainsi: l'arrondissement a tellement créé de saillies végétalisées partout qu'elle ne dispose plus de suffisamment de jardiniers pour non seulement les entretenir mais entretenir ses traditionnels espaces verts que sont les parcs. Je demeure devant le parc Marc-Durand, créé il y a deux ans. Or, en juillet, j'ai dû envoyer un message courriel à l'arrondissement parce que l'on n'avait pas encore nettoyé le parc après l'hiver. Inutile de vous dire qu'il y avait déjà plein de plans d'herbe à poux. Le responsable, quelqu'un d'expérience qui comprenait bien les enjeux, m'a appelé et il m'a presque dit au téléphone: "maudites saillies!" Avez-vous remarqué dans le journal publié par l'arrondissement, livraison été 2017, que l'on encourageait même les citoyens à devenir des jardiniers et à entretenir les saillies!
    Les arrondissements et municipalités organisent après l'hiver des corvées pour nettoyer les lieux après l'hiver. Pourquoi ne pas organiser de la même façon, avec l'aide des jardiniers de l'arrondissement, des corvées de désherbage d'herbe à poux (un reportage à RC disait cette semaine que certaines municipalités le font)? De plus, savez-vous qu'il existe des réglements municipaux et des amendes pour laisser pousser sur son terrain de l'herbe à poux? Or, les municipalités sont au dessus des lois et on ne peut les poursuivre.
    Pour le moment, triste que les citoyens souffrant de rhinoconjonctivité (comme moi) et d'asthme saisonniers pâtissent malheureusement...
    Jean-Luc Malo
    abonné