Le vide politique

Ce nouvel affichage humoristique de la part du Parti québécois n’augure rien de bon pour nous, citoyens. Cette tendance à utiliser de plus en plus des spécialistes en communication, pour ne pas dire des boîtes de publicité, démontre une chose : le vide astronomique de contenu du discours politique. Cette publicité, dont l’objectif, pour la plupart du temps, est de nous faire avaler des couleuvres, prend la place de ce qui devrait nous servir de repères pour évaluer des projets sociétaux promus par des partis politiques.

On veut nous embobiner avec des blagues en se disant, avec raison probablement, que le peuple aime bien rigoler et aime bien aussi ceux qui avouent leurs faiblesses pour montrer qu’ils font, eux aussi, partie du vrai monde quand il s’agirait de nous proposer des avenues sur des questions aussi urgentes que le rapport entre la croissance économique et l’impératif environnemental, par exemple. Mais non, d’un côté, on fera en sorte que le peuple puisse décompresser du stress de la vie en fumant un bon joint et de l’autre on le fera rire.

S’il vous plaît, la politique ne devrait jamais être un show de boucane, nous avons besoin d’y voir clair plus que jamais !

16 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 9 août 2018 06 h 59

    Vos dix-huit lignes de texte monsieur Boucher sont....

    ....d'une profonde richesse. C'est mon humble avis. Je retiens « vide astronomique de contenu » Faire appel à l'humour m'en est désolante référence. Pourquoi ce vide ? Comment, comme peuple, comme population, comme payeurs de taxes et d'impôts en sommes-nous arrivés à être « à l'aise » avec le vide alors que la Nature en a horreur ?
    Il semble que l'érosion a frappé partout...nos berges, nos valeurs, nos esprits.
    Et si nous demandions au « vide » s'il a quelque chose à nous dire ?
    Merci monsieur Boucher pour votre invitation à un rendez-vous avec la conscience, la mienne, la nôtre, la vôtre.
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

    • Cyril Dionne - Abonné 9 août 2018 11 h 28

      Cher M. Bourdages,

      En moyenne, seulement 60% des citoyens votent durant les élections. Chez les jeunes, c’est pire parce que la plupart du temps c’est dans les 40% si on est chanceux. Ceci n’a rien à voir avec le cynisme des électeurs, mais bien plus de l’effort requis pour participer activement à la démocratie. La plupart des gens ne connaissent même le nom de leur premier ministre et encore moins les politiques qu’il met de l’avant.

      Combien de gens qui votent s’investissent dans les programmes politiques pour avoir une meilleure compréhension des enjeux? 10%, et là encore on est chanceux. Si plusieurs prenaient la peine de lire le programme économique de QS, ils s’assureraient de voter pour n’importe qui sauf eux. C’est bien beaux les idéaux mais personne ne vit d’amour et d’eau fraîche et l’argent ne pousse pas dans les arbres.

      Promettre toute sortes de programmes alors que le Québec est endetté jusqu’aux oreilles est d’une imbécillité sans nom. La meilleure, c’est quand on dit qu’on va faire payer les riches. Il n’y a pas beaucoup de personnes riches au Québec et ceux qui le sont, vont partir vers des cieux plus cléments monétairement si on commence à exagérer. Les contribuables québécois paient le plus d’impôts au Canada. Les riches n’ont pas besoin de vivre dans un endroit spécifique, la richesse leur assure une grande mobilité. En plus, seulement 60% des gens au Québec paient des impôts et c’est la classe moyenne avec des revenus supérieurs qui paient presque la totalité des argents.

      Ce qui ne fait aucun sens, les gens veulent avoir plus de services et en plus, payer moins d’impôts. Et ce sont toujours ceux qui n’en paient pas ou presque pas qui se plaignent des manques de service. Il n’y a pas beaucoup de politiciens qui ne jouent pas à ce jeu afin d’être élu.

      Alors, préférez-vous l’humour ou bien les promesses vides qui sont en train d’hypothéquer les générations à venir? Personnellement, je préfère l’humour aux mensonges.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 9 août 2018 11 h 43

      Si M. Boucher s'était donné la peine, il aurait pu lire le programme du Parti québécois qui a été révélé depuis plusieurs semaines déjà! Au moins les propos de M. Boucher semblent démontrer que cette campagne a eu de l'effet. Et était aussi une invitation à aller plus loin afin de connaître les idées du parti: avec Internet aujourd'hui, nul ne peut ignorer les propositions des partis.

    • André Labelle - Abonné 9 août 2018 12 h 11

      Évidemment le snobisme n'a pas d'âge. Que voilà un outrage impardonnable : s'adresser aux citoyens avec humour ! Je trouve désolant de constater que vous mélangiez, car sans doute cela vous convient, le fond et la forme. J'ose espérer que votre intelligence comprend qu'on ne vous a pas présenté là le programme et les objectifs du parti. Si ce n'est pas le cas je vois mal comment je pourrais vous l'expliquer.
      «Analyser l'humour c'est comme disséquer une grenouille. Il y en a que ça intéresse et les grenouilles en meurent.»
      [Elwyn Brooks White]

    • Marc Therrien - Abonné 9 août 2018 16 h 38

      Je suis bien d'accord avec vous M. Labelle qu'il est effectivement à espérer que l'enthousiasme de la foule pour le programme et les objectifs du PQ l’emporte sur celui de ses publicités humoristiques, car on pourrait alors appuyer le propos de M. Boucher en ajoutant celui de Mouna Ayoub à l'effet que «quand le rire devient trop bruyant, c’est qu’il résonne sur du vide.»

      Marc Therrien

  • Marc Therrien - Abonné 9 août 2018 07 h 02

    Voter pour le fun


    Va pour l’humour et la dérision en autant que ça soit drôle. Les jeux de mots et les devinettes sont du niveau d’un enfant de l’école primaire. Est-ce que ça nous révèle comment J-F Lisée, cet être d’intelligence supérieure, perçoit ses futurs commettants. N’est pas Coluche qui veut. S’il persiste dans cette voie, je propose à J-F Lisée de recycler cette blague de Coluche en la transformant pour se l’approprier : «Je ferai aimablement remarquer aux hommes politiques qui me prennent pour un rigolo que c’est effectivement moi qui ai commencé.»

    Et qui sait si J-F Lisée et le PQ n’iront pas jusqu’à s’inspirer de la campagne publicitaire de La Brasserie Labatt qui lors des élections fédérales de l’été 2004 avait profité de la campagne électorale pour lancer une campagne publicitaire calquée sur la campagne électorale. Ils pourraient s’associer avec la Brasserie Labatt et nous ramener l’équipe de supporteurs du Parti Bleue et nous encourager à «Voter pour le FUN.»

    Marc Therrien

  • Gilbert Talbot - Abonné 9 août 2018 08 h 44

    Des jokes de mononc'

    , Si le PQ pense attirer les jeunes et les femmes avec ce genre de farces de vieux mononc' ils se sont gourés royalement. L'humous de la publicité de Valérie, "l'homme de la situation" était elle, féministe et progressiste et á effectivement attiré les femmes et les jeunes, contre mononc' Coderre.
    Il faut s'attendre aussi à ce que les autres partis utilisent l'humour, bien à la mode chez nous. Espérons que ce sera de meilleurs goût.

  • Jean Richard - Abonné 9 août 2018 09 h 00

    Un petit mot de quatre lettres

    Il y a un petit mot de quatre lettre qui décrit on ne peut mieux le contenu de la pensée politique non seulement du PQ, mais de ses deux petits cousins, le PLQ et la CAQ. Ce petit mot, c'est « vide ». Et si la campagne électorale se poursuit sur ce fond de vacuité, ce sera facile de trouver dans quelle case il faudra mettre son petit X en octobre prochain.

    • Gaston Bourdages - Abonné 9 août 2018 09 h 27

      Merci à vous monsieur Richard de nous partager votre réflexion pouvant contribuer à combler un vide que je cherche à combler.
      Gaston Bourdages,
      Saint-Mathieu-de-Rioux.
      P.S. J'essaie au maximum de me prémunir de cette vide invitation à voter « contre » au lieu de voter « pour. »

  • Ian Murchison - Abonné 9 août 2018 09 h 51

    Humour désespéré

    J'interprète cette campagne comme un acte désespéré. On se dit qu'on n'a plus rien à perdre, alors pourquoi faire l'économie d'une autodérision délétère ! Je doute que la population, même en période estivale, se laisse bercer par des blagues au demeurant pas très drôles. Pas du tout du calibre du PQ d'une autre époque, que les citoyens considéraient non seulement comme une solution de rechange, mais comme le parti principal. L'eau a coulé sous les ponts !