Retour sur «Kanata»

Merci pour l’entrevue avec le coauteur de Kanata, Michel Nadeau. Malgré ses éclaircissements, les responsables de la situation restent principalement et toujours les créateurs de cette oeuvre pour…

… ne pas avoir explicité dès le début que la compagnie en est une de répertoire, donc une « banque » permanente de comédiens qui ne changent pas quelle que soit la pièce qui leur tombe sous la main ;

… ne pas avoir impliqué des Autochtones dans le processus de création collective dès le départ — nous savons à quel point les Européens sont véritablement et volontairement ignorants de la situation culturelle et historique de l’Amérique du Nord, en particulier des Premières Nations.

En voulant bien faire, les créateurs sont tombés dans le piège d’un certain provincialisme et d’une inconscience qui sont périmés — quoi qu’on pense du courant « politiquement correct ».

7 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 août 2018 02 h 29

    Je suis fier d’être provincialiste

    Si refuser la ségrégation culturelle préconisée par les protestataires blancs et anglophones devant le TNM, c’est du provincialisme, je suis provincialiste.

    S’il est provincialiste de croire que l’art de l’interprétation consiste précisément à faire croire qu’on est quelqu'un d’autre, eh bien je suis provincialiste.

    S’il est provincialiste de savoir qu’une troupe, c’est une troupe et donc de ne pas partager l’abyssal manque de culture des Anglo-saxons qui l’igorent, je suis provincialiste.

    S’il est provincialiste d’exprimer sa solidarité avec d’autres peuples sans avoir à s’en justifier, je suis provincialiste.

    Si refuser de nous soumettre au racisme anglo-saxon et sa manie de créer des ghettos en ville comme sur scène, c’est provincialisme, j’en suis.

    Et j’espère que tous les provincialistes comme moi s’en rappelleront le jour des prochaines élections ‘provincialistes’.

  • Claude Bariteau - Abonné 8 août 2018 07 h 13

    Ah ! bon.

    Ah ! bon

    Comme « politiquement canadien correct », je n'imaginais pas autant de bassesse.

    L'erreur, grotesque et impardonnable à vos yeux, serait le silence des co-auteurs Nadeau-Lepage sur une troupe de répertoire de comédiens qui ne changent pas pour jouer des pièces qui leur tombent sous la main.

    Avancer de tels propos est d’un mépris incommensurable envers des comédiens qui choisissent les pièces qu’ils présentent et font du théâtre engagé depuis des lunes. Vous devriez plutôt faire mea culpa de ne pas le savoir et de ne pas vous êtee informé sur le WEB.

    Dire en plus que tout le monde sait que les Européens sont ignorants de l’histoire de l’Amérique du Nord en particulier celles des Premières Nations est totalement dérisoire. Les Français savent ce qui s'est passé et auraient appréciés en apprendre d'avantage, témoignant de leur ouverture.

    Ainsi, nn trois paragraphes, vous dépréciez les co-auteurs, une troupe de comédiens chevronnés internationalement reconnue et le public européen alors que la pièce visait à informer un public français et européen de l’histoire raciste qui s’est déroulée en Amérique du Nord précisément au Canada.

    Puis le bouquet de votre courte logorrhée : les co-auteurs, en plus d’être impardonnables de s’être associés à la Troupe du Soleil, seraient tombés dans le piège d'un certain provincialisme révélant une inconscience périmée.

    Vraiment, vous vous élevez bien bas pour révéler bien haut l’étroitesse d'esprit de votre « politiquement canadien correct ».

    Que de telles ignominies paraissent dans les pages du Devoir alors qu’ils siéent mieux dans des médias de bas étages et des radios-poubelles m’insulte comme abonnés habitués à plus de circonspections.

  • Cyril Dionne - Abonné 8 août 2018 07 h 59

    Nous aussi on veut notre « Safe Space »

    Ah! ben. Les responsables de la situation restent principalement et toujours les créateurs de cette œuvre. Bon. Mais, excusez notre ignorance, n’est-ce pas la Couronne britannique et les Anglais par surcroît qui sont responsables du mauvais traitement infligé non seulement aux Autochtones, mais aux peuples partout dans le monde avec leur empire hégémonique colonialiste d’où le soleil ne se couchait jamais?

    Ah! ben. Ariane Mnouchkine et Robert Lepage n’ont pas expliqué dès le début que la compagnie en est une de répertoire. Premièrement, est-ce qu’ils avaient besoin de la faire? Deuxièmement, c’est à eux de choisir les acteurs qu’ils veulent pour la pièce. Troisièmement, est-ce que nous allons dire maintenant au « Globe Theatre » de Londres ce qu’ils doivent dire dans leurs pièces de Shakespeare et qui devraient les jouer?

    Cette censure immonde qui prend sa source des jeunes Américains universitaires qui ont inventé des expressions comme le « Safe Space » est tellement ridicule qu’il faut-il en rire ou en pleurer? On imagine aussi que les membres des jeunes générations se sentent frustrés parce qu’ils ne sont plus dans le coup des innovations humaines. La technologie les dépasse puisqu’ils ne sont que des vulgaires « utilisateurs » et non pas des « créateurs » de ce mouvement scientifique qui est sans ampleur. Toutes ces générations à laquelle on n’a jamais dit non et tout ce qu’ils faisaient étaient supposément génial, se buttent aujourd’hui à un mur qui s’appelle travail acharné, résilience, et adversité. Il aurait fallu leur expliqué que le courage est caractérisé non pas sur le nombre de fois qu’on tombe, mais par le nombre de fois qu’on se relève.

    Et n’avez-vous pas remarqué que la plupart des critiques de M. Lepage sont des Anglais? Ils semblent qu’ils ont une certaine difficulté à accepter qu’un francophone soit meilleur qu’eux. C’est « ben » pour dire.

  • François Beaulne - Abonné 8 août 2018 11 h 30

    Quelle complaisance

    Si vous pensiez ajouter quelque chose de positif à ce débat où commence à dépasser un peu trop la tentative multiculturaliste téléguidée du Canada anglais de réduire les 'Canadiens-français' à une simple composante ethnique comme les autres du territoire canadien, vous avez magnifiquement raté votre coup.
    Ce n'est pas une coincidence si tout ce tapage, qui sent la censure à plein nez, survient dans une conjoncture où les autorités fédérales, avec la complicité de leurs faire valoir provinciaux cherchent à minimiser le rôle des premiers Français et leurs descendants, nous, comme peuple fondateurs du Canada.
    Vos propos, monsieur, auraient été plus crédibles si vous dénonciez avec le même empressement la représentation caricaturale, lessivée, et réductrice de l'histoire du Canada que nous a présenté CBC/Radio-Canada l'an dernier pour souligner les 150 ans. Où étiez vous lorsque dans cette fresque propagandiste de la majorité anglo-canadienne on passa délibérément sous silence la Déportation des Acadiens, pourtant le premier génocide culturel perpétré en Amérique du Nord par les anglais.
    Poussez, mais poussez égal!

  • Gilles Théberge - Abonné 8 août 2018 12 h 09

    Quelle pédanterie !