Sauver le monarque

Depuis des années maintenant, on ne cesse d’organiser des campagnes pour la sauvegarde du monarque, ce papillon originaire du Mexique qui une fois l’an traverse le continent pour retrouver la seule plante hôte pour sa chenille, l’asclépiade. Ces campagnes sont gentilles, elles nourrissent l’intérêt pour la bête. Mais il faut plus que cela.

Lundi matin, qui se présente devant chez moi, dans mon rang et dans mon entrée, un monarque. J’en suis bien heureux. Sans tarder, je cours chercher ma caméra. Au retour, je découvre qu’on vient tout juste de tondre les deux côtés du chemin, au sud comme au nord. Or, dans ces fossés, je le sais depuis longtemps, on trouve de l’asclépiade en abondance.

L’an passé, je suis passé à ma municipalité pour savoir de qui relève le tondeur de fossé dans nos campagnes. On m’a répondu que ce sont les municipalités rurales, et non le ministère des Transports du Québec, qui donnent le mandat à un tondeur pour leur coin du monde. Or, pour un tondeur, il est possible, assez facilement, d’apercevoir même le feuillage de l’asclépiade qui diffère vraiment de tout le reste [...].

J’avais l’air d’un Martien pour la jeune fille et la dame de 50 ans qui étaient derrière le comptoir.

Mon monarque, lui, tout comme moi, a constaté que l’asclépiade, comme le reste d’ailleurs, avait été tondue. Il ne restait plus qu’un petit bout d’asclépiade qui avait échappé à la tonte. [...]

Écoutez, nous pouvons mener toutes les campagnes du monde pour la sauvegarde du monarque, ce sera toujours fort gentil et nous aurons bonne conscience.

Mais tant que nous n’obtiendrons pas l’engagement du ministère des Transports du Québec et des municipalités rurales d’éviter la tonte de l’asclépiade le long des chemins de campagne, nous n’arriverons à rien de sérieux.

6 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 août 2018 02 h 10

    La conclusion…

    …c’est qu’il nous incombe d’en faire pousser sur nos terrains à nous et de sensibiliser nos municipalités pour qu’elles en laissent pousser çà et là dans les espaces publics.

  • Brigitte Garneau - Abonnée 8 août 2018 07 h 39

    Protégeons ce trésor qu'est l'asclépiade et donnons une chance au monarque

    Merci M. Provencher pour ce texte qui fait grandement réfléchir. Encore une fois c'est l'ignorance ( manque d'éducation) et le profit (argent) qui dominent. Non seulement l'asclépiade est essentielle aux monarques, mais elle a de nombreuses autres vertus. C'est, entre autres, un isolant extraordinaire. C'est un cadeau de la nature et tout ce que la bête humaine trouve à faire c'est de la faire disparaître de son champ de vision pour ne pas "nuire" à son beau gazon...

  • Hélène Paulette - Abonnée 8 août 2018 13 h 09

    Je vous comprends monsieur Provencher...

    J'ai les mêmes préoccuaptions que vous et surtout ne comprends pas pourquoi on tond maintenant les bords de chemin deux fois dans l'été, alors qu'on ne le faisait qu'à l'automne précedemment. Maintenant, j'ai moi-même semé de l'asclépiade sur mon terrain il y a qelques années, sans que les monarques reviennent. Le round-up qu"on utilise abondamment en milieu rural avec la complicité intéressée des agronomes y serait-il pour quelque chose?

    • Jacques Patenaude - Abonné 8 août 2018 16 h 24

      Si on tond les bords de route c'est pour limiter la propagation de l'herbe à poux qui pose de sérieux problèmes à de nombreuses personnes.
      Si vous êtes préoccupée par la survie des monarque un conseil simple: ça fait une très belle fleur qui a sa place dans une plate bande.
      Nous devrions tous être encouragé à le faire.

    • Hélène Paulette - Abonnée 8 août 2018 17 h 58

      Monsieur Patenaude, vous arrive-t-il de lire un commentaire au complet?

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 8 août 2018 14 h 49

    Deux monarques...

    Jusqu'à maintenant cet été, j'ai aperçu deux monarques à quelques jours d'intervalle à Trois-Rivières, dans deux secteurs de la ville où poussent quelques asclépiades aux abords de la rue.

    Peut-être que la mémoire me joue des tours, mais il me semble avoir lu dans l'hebdo local que la municipalité avait décidé de ne plus couper les asclépiades.

    Dire que j'en voyais tant de ces jolis papillons-là lorsque j'étais jeune. Rendu à notre époque, j'ai eu de la veine d'en voir deux durant l'été...

    Pour ce qui est de l'asclépiade, n'oublions pas le délicat parfum qu'exhalent ses fleurs.