Les bien-pensants

Dans la saga entourant les deux créations de Robert Lepage, SLĀV et Kanata, et qui a conduit à leur annulation, l’antagonisme entre les termes « appropriation culturelle » et « liberté d’expression artistique » a certes joué un rôle dominant.

Toutefois, à mes yeux, le facteur lié au conformisme des bien-pensants est loin d’avoir reçu toute la couverture médiatique à laquelle il avait droit. En effet, l’acharnement quasi systémique des « possesseurs tranquilles de la vérité » a réussi à infiltrer sournoisement les médias qui, eux, ont influé directement sur la pensée populaire.

Pour Robert Lepage en particulier et les créateurs en général, cette saga ne fait qu’encarcaner la liberté d’expression artistique [...].

Une situation dramatique, voire suicidaire, qui risque de créer un exode de nos grands créateurs si le gros bon sens ne remet pas les pendules à l’heure !

9 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 août 2018 02 h 05

    La capitulation, seule alternative à la capitulation .

    Si nous laissons la ségrégation culturelle être imposée à nos créateurs, cela ne provoquera pas l’exode de ces derniers.

    Ceux-ci ne feront qu’éviter de traiter de sujets dits sensibles, ceux qui concernent l’asservissement des autres peuples victimes du colonialisme anglo-saxon.

    Pendant des décennies, Ottawa a sévèrement limité l’immigration des Noirs états-uniens. Si on exclu la diaspora haïtienne au Québec, les descendants d’esclaves des Etats-Unis ne comptent que pour deux pour cent de la population canadienne.

    Les peuples autochtones, décimés par les politiques génocidaires du gouvernement canadian, comptent pour moins de cinq pour cent de la population d’un territoire qu’ils peuplaient autrefois à 100%.

    Par la ségrégation culturelle, les organismes qui supportent la création artistique inciteront les créateurs ‘Blancs’ à se mêler de leurs affaires.

    Le peuple francoQuébécois possède une longue tradition de solidarité avec les peuples opprimés.

    Nous aurons bientôt le choix entre élire des partis politiques qui, sous le prétexte du dialogue, veulent que nos créateurs capitulent au racisme anglo-saxon. Ou un parti nationaliste qui fera en sorte que le Québec se tienne debout.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 août 2018 11 h 42

      Ce titre incohérent aurait dû se lire ‘L’affrontement, seule alternative à la capitulation’.

  • Yves Côté - Abonné 8 août 2018 06 h 00

    Pour contrôler efficacement un peuple...

    Pour contrôler efficacement un peuple, la puissance et les puissants au pouvoir doivent s'attacher et s'investir à entraver et détourner à chaque fois que la chose est possible, et aussi souvent que cela est possible, la liberté de circulation de toutes les idées qui diffèrent des leurs.
    Et c'est bien ce à quoi sous nos yeux, le Canada "moderne" s'affaire depuis des années auprès et autour peuples pré-britanniques de "son" territoire.

  • Mario Jodoin - Abonné 8 août 2018 06 h 50

    Attaques ad hominem

    Je ne comprends pas cette lettre qui contient peu d'arguments, mais essentiellement des attaques ad hominem (des insultes comme «bien-pensants» et « possesseurs tranquilles de la vérité ») envers les gens qui ne pensent pas son auteur.

  • Marc Therrien - Abonné 8 août 2018 07 h 43

    Le gros bon sens: des gens ou des choses?


    Quand tout un chacun s’inquiète du conformisme des bien-pensants qui pourrait créer «une situation dramatique, voire suicidaire» pour la liberté d’expression, je me demande si on doit conclure qu'il se situe lui-même en dehors et au-dessus de la mêlée qu'il dénonce en pointant du doigt et s’il se positionne dans sa vie quotidienne comme un contestataire dissident anarchique menaçant l'ordre établi? Il y aurait donc parmi nous, citoyens obéissants, une foule de rebelles anticonformistes qui sommeillent, prêts à se révolter n'attendant qu'un chef révolutionnaire pour les galvaniser. Pour le reste, je ne sais pas si l’auteur fait du gros bon sens un principe absolu objectivant. J’espère que non, car il me semble que pour discuter du gros bons sens à partager, il faut se tenir davantage du côté du perspectivisme et de la relation entre sujets occupant différents points de vue sur le monde. On aurait peut-être intérêt à retenir cet avis de Raoul Vaneigem dans son «Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations» : «Le bon sens de la société de consommation a porté la vieille expression voir les choses en face à son aboutissement logique : ne plus voir en face de soi que des choses».

    Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 8 août 2018 12 h 40

      Bon M. Therrien. Si quelqu’un invoquait le principe du « Safe Space » au nom d’une très Sainte rectitude politique et contraignait votre droit de parole, que diriez-vous? C’est ce qui arrivé dans le cas de SLĀV et Kanata. Si on part de ce principe que sont les espaces sécurisés, plus aucun artiste ne pourra se produire et la dissidence sera portée au niveau d’un crime de lèse-majesté. Et cela fait effet de boule de neige une fois que vous désignez certains espaces comme sûrs parce que cela sous-entend que les autres sont dangereux. Utiliser l’appropriation culturelle comme une arme pour recourir à l'intimidation ou initier une agression psychologique pour violer les droits d'autrui et limiter la liberté d’expression en insinuant que vous vous sentez menacé est tout simplement ridicule. On infantilise la liberté d’expression. Cette nouvelle morale de la part des minorités est une tyrannie qui ne porte qu’à exclure le discours des autres et à stériliser et uniformiser les paroles dissidentes selon un schème de pensée dictatorial.

      On n’a pas besoin de citer mille et un philosophes pour comprendre le danger de la dynamique qui est en jeu. Les espaces sécurisés n’existent pas dans la réalité et le vrai monde. Ces espaces neutres existent seulement dans les sociétés occidentales où certains énergumènes utilisent les principes des autres durement gagnés à travers les siècles qui nous ont conduits à un système démocratique pour les travestir et se les approprier en excluant les autres. Il n’y a pas beaucoup d’endroits neutres en Syrie présentement. On imagine que la prochaine étape pour nos apôtres de la très Sainte rectitude politique sera de proscrire l’échec et la mort dans leur « Safe Space ».

  • Yves Côté - Abonné 8 août 2018 07 h 52

    Question...

    Mais au fait, 30 ans après son décès, où donc se trouve Félix aujourd'hui dans les pages de mon journal électronique !?!?