«Kanata»: lettre à Simon Brault

Monsieur Brault,

Je suis avec un certain intérêt et à distance, puisque je n’habite pas au Canada depuis plus de 20 ans, tout ce débat qui entoure l’annulation de Kanata à Montréal. Je viens de lire vos commentaires, à titre de directeur du Conseil des arts du Canada, dans l’article de Mario Girard dans La Presse.

L’appropriation culturelle, à mon avis, est un phénomène non seulement normal, mais c’est l’histoire de l’humanité. Tous les peuples, vaincus ou vainqueurs, se sont livrés à ce recyclage des moeurs, des traditions, d’identités, etc. Les anciens Grecs ont largement puisé chez leurs voisins phéniciens et crétois ; les Romains ont fait de même et, plus près de nous, les anciens Canadiens (lire : habitants de la Nouvelle-France) se sont approprié certaines coutumes des Autochtones dès le début de la colonie (par exemple, la tradition de la cabane à sucre et du sirop d’érable). Il suffit de relire les auteurs Bacqueville de la Potherie, Lafiteau, Charlevoix et les autres pour le constater.

Mais l’exemple le plus patent d’appropriation culturelle au Canada demeure celui des Britanniques ou loyalistes américains qui, après la Conquête, se sont graduellement approprié l’identité des Canadiens, c’est-à-dire des vaincus restés sur place après la perte de la Nouvelle-France.

Les immigrants britanniques sont progressivement devenus « canadian », puis l’hymne national composé par Calixa Lavallée et la feuille d’érable (arbre absent des provinces de l’Ouest) ont suivi, jusqu’au point où les anciens habitants de la Nouvelle-France ont cherché à se doter d’une nouvelle identité dans les années 1970-1980 pour s’identifier comme Québécois. Devrait-on obliger les Canadiens anglais à inviter systématiquement les Québécois pour parler de l’histoire du Canada, dans le but d’éviter l’appropriation culturelle du patrimoine de ceux que j’appelle les anciens Canadiens ? Non, ce serait ridicule…

L’histoire des Amérindiens au Canada n’est que tristesse, déchéance, acculturation. J’en conviens. Et je comprends aussi la mission du Conseil des arts du Canada. Cependant, je pense que la liberté d’expression des artistes devrait l’emporter, quitte à subir des protestations de vive voix lors des représentations. Seuls les débats font avancer les idées.

42 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 7 août 2018 01 h 24

    Financer et propager notre assimilation culturelle

    L’auteur a parfaitement raison de soutenir que l’appropriation culturelle est la conséquence inéluctable de la coexistence des peuples.

    Son contraire, la ségrégation culturelle, est un moyen de limiter le nombre de ceux habilités à traiter de sujets dits sensibles.

    Dans le cas des politiques génocidaires du gouvernement colonial canadian, moins de cinq pour cent de la population canadienne pourra en discuter librement, les autre étant soumis à l’imprimatur des premiers.

    Si beaucoup de Québécois ont découvert le concept d’appropriation culturelle avec l’annulation récente de deux spectacles, l’application aberrante de ce concept aux arts de la scène a fait la conquête foudroyante du monde anglo-saxon depuis 2015.

    Si bien que pour l’instant, personne ne sera peut remettre en question ce concept ni au Canada anglais ni aux Etats-Unis ni en Grande Bretagne sans devoir affronter des milliers de message haineux exigeant sa démission ou le boycottage de son entreprise.

    Bref, le président du Conseil des Arts n’a d’autres choix que d’être le collabo du monde anglo-saxon et sa manie d’imposer brutalement ses valeurs aux autres peuples.

    Quant à nous, francoQuébécois, notre seul choix est d’affronter l’adversité. Toute tentative de dialogue et de compris ne peut mener qu’à notre capitulation puisque nous faisons face à des adversaires déterminés à nous imposer leur façon de voir les choses.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 09 h 34

      « le collabo du monde anglo-saxon et sa manie d’imposer brutalement ses valeurs aux autres peuples. »

      Une outrance verbale ne rend pas un propos haineux, sans doute...

    • Gilles Bousquet - Abonné 7 août 2018 12 h 06

      La Canada nous a pris le O'Canada et la feuille d'érable en la colorant rouge anglais mais nous pouvons installer cette feuille d'érable (pas de couleur rouge) au centre de notre drapeau fleurdelysé, pour le rendre plus...inclusif, comme l'a fait la Ville de Montréal, qui a placé un pin indien au centre de son drapeau, pour inclure nos Premières nations. Pour ce qui est de l'hymne national québécois, faudrait nous en choisir un, dès que possible.

  • Serge Pelletier - Abonné 7 août 2018 02 h 20

    Ouais, impossible de sortir de la repentance...

    Monsieur Mandeville, votre texte est très bien sauf pour cette phrase: " L’histoire des Amérindiens au Canada n’est que tristesse, déchéance, acculturation". En fait, dans cette phrase, vous reprenez les colportages des uns et des autres. colportages où les "mauvais traitements" des autochtones en pensionnat (ou autre) sont montés en épingles. Il devient "à la mode" d'avoir été martyrisé, aggressé sexuellement et ou agressé tout court - non pas qu'il n'y ait point eu des gestes fortement réprobatoires - ou carrément criminels - mais que cela était systématique est faux. Tout comme certains sévices y sont augmentés de telles manières qu'ils en deviennent ridicules: "l'une des élèves rappelle comment les religieuses lui ont tiré les oreilles au point de lui arracher", ou mieux encore comme supplice de pensionnat pour les classes et dortoirs: "les gars avec les gars et les filles avec les filles"... (Kapi icit abatc / ce qu'ils ont fait - Éditions Carte Blanche).
    Quant aux coutumes, la lecture des "Les relations" des Jésuites en Nouvelle-France/Canada, relève que le canibalisme était de rigueur, que l'esclavage était coutume chez les perdants des razias chez le voisin, que les pères et mères âgés étaient soit abandonnés en forêt pour y mourrir de faim, soit ils/elles étaient tués par leurs descendances (et dans certains cas déguster). La torture des prisonniers, avant des tuer, était aussi une norme sociale "normale"et acceptée de tous, etc.
    Conséquemment...

    • Serge Lamarche - Abonné 7 août 2018 15 h 07

      Avec ces détails, il semble normal que les amérindiens soient enclins à appuyer leurs semblables, les anglais. :-)

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 7 août 2018 03 h 59

    « L’appropriation culturelle (…) est un phénomène non seulement normal, mais c’est l’histoire de l’humanité.»(François Mandeville)

    Justement, depuis le temps qu'elle dure cette humanité, il est grand temps que ça change et qu'au lieu de parler de l'autre, ce qui somme toute est du commérage, il est grand temps, dis-je, que l'on parle de soi, de ses joies, de ses goûts et de ses dégoûts, de ses peines, de ses ambitions, de ses tracas, de ses gains et de ses revers. L'humanité est une somme d'individus ; afin qu'ils tiennent le crachoir, faisons table rase de cet affligeant passé révolu et tournons notre regard vers l'avenir, vers ces lendemains qui chantent.

    Par exemple, lorsque j'exécute une recette de Jehanne Benoît, serait-ce que je m'appropriate sa culture culinaire ? L’humanité a débuté son existence avant même que n'existe l'histoire… Il n'y avait alors aucun livre de recettes pour apprêter le mammouth ; l'humanité y allait au pif, dans ces temps bénis elle ne pratiquait pas l'apropospriation culturelle parce qu'il n'y en avait pas. Ce sont les classificateurs qui sont venus plus tard qui ont défini, catalogué et imposé une étiquette culturelle aux événements du passé révolu.

    Alors, innovons ! Il est temps que l'humanité revienne au passé en devenir !

    • Raymond Labelle - Abonné 8 août 2018 13 h 59

      "Ce sont les classificateurs qui sont venus plus tard qui ont défini, catalogué et imposé une étiquette culturelle aux événements du passé révolu."

      C'est vrai, et il y a aussi des classificateurs de groupes réels ou imaginaires présents. Ce qui complique, c'est que la classification ou l'auto-classification imaginaire comme membre d'un groupe fait aussi partie de ce qui fait qu'un groupe peut être réel.

      Et, qu'on le veuille ou non, notre cerveau en quête de sens, quête venant aussi de ce qui a assuré la survie de l'espèce, tient à se raconter une histoire, un récit, expliquant sa présence, l'existence de son groupe, réel et/ou imaginaire, d'appartenance. Ce qui implique d'imaginer/voir les rapports avec d'autres groupes réels/imaginaires. Et classifier d'autres groupes.

      D'une certaine façon, nous sommes tous des classificateurs qui, comme M. Jourdain faisait de la prose, classifions sans le savoir.

      Mieux vaut le faire en le sachant et essayer de se tromper le moins possible, s'éloigner de ses biais cognitifs.

    • Raymond Labelle - Abonné 8 août 2018 16 h 58

      La classification par groupe est un exercice en effet périlleux.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 06 h 54

    Désappropriation

    On peut bien entendu trouver « normal » qu'une culture fasse siens les us et coutumes d'une autre culture. C'est ainsi qu'elle reste vivante. Ainsi par exemple des emprunts faits aux autres langues. Mais l'enjeu premier n'est pas là. Ce qui est en cause, c'est la manière dont, coupés de leur origine, les signes d'une culture deviennent à l'envers ceux de sa disparition, à la faveur d'une désappropriation qui les réduisent au rang de curiosités folkloriques. Cela, qu'on peut aussi trouver « normal » si l'on veut, ne se passe pas du tout de façon naturelle. Cela ne peut se produire que par une désappropriaton active opérée par ceux qui détiennent les positions dominantes dans les rapports sociaux, qu'il soient tantôt Blancs, Cisgenres, Anglophones ou plus simplement de leur point de vue : Civilisés. Au secours de la Civilisation et d'un Universel avec lequel il entretient un rapport particulier et privilégié, le genre d'occultation dont l'essai de monsieur Mandeville donne « à distance » un nouvel exemple.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 août 2018 08 h 38

      Comme vous dites, M. Maltais Desjardins : "désappropriaton active opérée par ceux qui détiennent les positions dominantes dans les rapports sociaux".

      C'est précisément la question. On parle d'une minorité, francophone, qui parle d'une autre minorité, autochtone.

      "À distance", hein ?
      Je n'y puis rien, " de l'intéreur", vous vous cantonnez dans des positions négationnistes. À vous d'y voir¸ il n'est pas trop tard pour vous réaligner sur la réalité. Enfin, avec un peu de bonne foi. En avez-vous ?

      Les Québécois sont une minorité au Canada. Jusque là vous suivez ?
      Les Québécois sont une minorité au Québec.
      Ont-ils le contrôle sur le capital ? Non.
      Ont-ils le contrôle sur la culture ? Non.
      Le multiculturalisme que vous vantez tant, dans un bel esprit internationaliste de "winner", fait que la loi 101 a été fractionnée de ses dispositions les plus importantes.
      D'autre part, lorsque les journaux étrangers cherchent une quelconque réaction en provenance du Québec, ils lisent The Gazette. Frileux sinon racistes, sans "vraie" culture démocratique, gentils mais incohérents, c'est le portrait qui ressort de The Gazette.
      Quand ils ne lisent pas The Gazette, ils se fient au réseaux sociaux. La lourdeur des préjugés envers les Québécois dans les réseaux sociaux anglophones n'est pas que risible. Elle est inquiétante.
      Surtout et contrairement aux fables propagées par le PLQ , QS et vous en particulier, les Québécois sont dans leur ensemble terriblement démunis.

      50% de la population au Québec est analphabète fonctionnelle.
      Ne jouons pas aux idiots (ça vous changera un peu), ce sont dans une immense proportion des francophones. 50% de la popoulation distribués sur 80% de celle-ci, c'est 60% des francophones analphabètes fonctionnels.

      La pire des misères est de savoir qu'on ne s'en sortira jamais, ni maintenant, ni dans 3 générations. C'est ça l'analphabétisme.

      Elle est où, votre hypothétique position dominante ?

      Ah oui! Dans le Dogme. Ah! Le Dogme!

    • Gilles Théberge - Abonné 7 août 2018 09 h 13

      Exactement, comme on nous a volé notre nationalité, et notre hymne national, en le dénaturant en plus ! C’est ainsi que notre particularité deviendra une «  particularité folklorique « ... !

    • Fréchette Gilles - Abonné 7 août 2018 09 h 17

      Encore du grand n'importe quoi de votre part.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 16 h 47

      Monsieur Trottier,

      vous répétez encore cette ânerie concernant l'analphabétisme fonctionnel présumé des québécois. Vous aimez manifestement mieux cette idée (et quelques autres) que la réalité. Je ne dirai pas que le reste de votre propos est à l'avenant: ce serait céder au facile procédé que vous m'opposez en me faisant le complice de tout ce que vous désapprouvez simplement parce que je ne souscris pas à votre lecture. Quoi que vous en disiez, cependant, je ne suis pas du tout aveugle au fait que nous soyons nous-mêmes, québécois francophones, dans une situation analogue à celle des autres minorisés. Si vous voulez appeler négationniste la position multiculturaliste où vous avez décrété que je me tiens, libre à vous. Vous êtes dans votre monde et vous n'y êtes pas seul. Vous avez donc raison, comme ce monsieur Fréchette, tiens, qui se signale à nouveau par la justesse lapidaire avec laquelle il ne dit en somme rien du tout.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 août 2018 18 h 58

      M. Maltais Desjardins,

      J'hésite entre parthétique et pathologoque.

      Les âneries, on sait d'où elles viennent.

      Le plus terrible est qu'à part nier en bloc et à l'infini vous êtes incapable de démontrer quoi que ce soit. Évidemment, y a pas un sociologue sensé qui vous rejoindrait dans vos aberrations.

      Les contradictions forment un immense paquet informe dans votre idéologie. Mais bien sûr elles n'apparaissent nulle part, la belle unanimité très absolue qui règne chez les esprits sectaires lave plus vertueux que vertueux.

      L'exclusion pour raisons de langue est une évidence au Québec, tout autant que l'apartheid a existé et qu'on en voit encore les résultats en Afrique du Sud. Encore faut-il se servir de ses yeux.

      Au Québec le résultat est précisément ce que vous niez en bloc selon une lâcheté intellectuelle qui serait rigolote dans le fond d'un bar à 3 heures du matin. Pas ici.
      Mais comment s'étonner de ça avec des sociailstes purs et durs qui ont le front de se dire socio-démocrates ? N'importe quoi n'importe comment pour foutre la pagaille dans les esprits. Pour vous, détester tout ce qui n'est pas "vertueux" ressemble bien à une profession de foi. Les cathos aussi sont extrêmement cohérents. Bof.

      Faut vraiment avoir la foi "vertueuse" quand tout le reste dit le contraire.

      Vos belles images d'Épinal qui mettaient les gens dans des cases sociales uniquement pour raisons économiques et financières, faut être trippeux rare pour les remplir automatiquenmtnet sans se poser de question. Paresse crasse.

      Je suis bien obligé de vous mettre en garde. Votre approche et vos dénégations frôlent le racisme des cons.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 21 h 14

      https://jeanneemard.wordpress.com/2014/11/19/litteratie-et-numeratie/

  • Cyril Dionne - Abonné 7 août 2018 08 h 22

    Merci

    Merci M. Mandeville. Puisse votre lucidité sociale et artistique transpirer chez nos apôtres de l'appropriation culturelle qui prient et communient à l'autel de la très Sainte rectitude politique, multiculturalisme oblige. Amen.

    L’appropriation culturelle est le médium utilisé depuis que l’homme est homme pour se développer et évoluer. Mais il ne faudrait pas que ce processus qui a été long et pénible, partant de nos ancêtres, les primates, aboutissent à celui de l’imbécillité collective. L’évolution n’est possible que dans un cadre de liberté.

    L’art a toujours eu cette capacité de s’approprier une cause mais il ne faut pas que cela devienne transparent et crève les yeux. Sinon, c’est tout simplement un discours politique. Et s’approprier d’une cause parce que le combat est facile tout en occultant le véritable combat qui se trouve dans l’odieux concept de l’apartheid, oui les réserves et l’infâme Loi sur les Indiens, créées et entretenues par les néocolonialistes, les rebelles sans cause et les éternelles victimes est plus qu’indécent, c’est immoral.

    N’en déplaise à tous nos bien-pensants et donneurs de leçons, personne ne parle de l’appropriation scientifique et technologique. Pourquoi? Parce que les gens qui se sont dépassés l’ont fait pour le bien de tous. On aimerait savoir ce que pensent Michael Faraday (force électromagnétique) et William Shockley (le transistor) de l’appropriation culturelle s’ils pouvaient être ici aujourd’hui? Lorsque vous lisez ce commentaire, c’est de l’appropriation scientifique et technologique à partir de deux inventions scientifiques qui ont été rendues possible par nos deux scientifiques.

    C’est « ben » pour dire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 09 h 42

      Vos exemples d'appropriation, en matière de sciences, sont très instructifs. Le savoir constitue un capital qui n'est pas automatiquement versé au patrimoine commun. Sa possession, son contrôle, son utilisation non seulement au bénéfice de ceux qui le possèdent mais au détriment de ceux qui en sont dépouillés, tout cela existe. On ne peut pas faire comme si l'appropriation, culturelle ou scientifique étaient a priori vertueux.

    • Serge Pelletier - Abonné 7 août 2018 10 h 19

      Monsieur Dionne, vous avez parfaitement raison (sauf pour les autochtones). De plus, vous pouvez ajouter à votre liste les progrès de la médecine, de l'hygiène, de la vaccination, de la scolarisation, de l'agriculture, etc.
      Quant aux réserves indiennes (et la Loi sur les indiens), quand Jean Chrétien, sous le gouvernement Trudeau père, a voulu les abolir au début des années 1970 ce fut tolés et crises d'hystéries des diverses communautés qui étaient mises en cause. Chrétien recula. De plus, il est plus que tendancieux de comparer le principe d'apartheid qui sévissait en Afrique du Sud et la Loi sur les indiens du Canada.
      J'ajoute que la Loi sur les indiens ne s'applique pas aux Inuits (anciennement eskimos). ILS NE SONT PAS CONCERÉS PAR CETTE LOI. Ça la majorité des "blancs" du Sud ne le savent pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 août 2018 10 h 20

      Bien oui M. Desjardins. Personne n’a de téléphone intelligent en Afrique, sur les réserves autochtones et dans tous les pays en voie de développement. Dans les téléphones modernes, les transistors mesurent maintenant seulement que 9 nanomètres et on déplace presqu’un électron un à la fois. L'appropriation, culturelle ou scientifique, a priori ou a posteriori, dans les arts comme dans la science, n'a rien de vertueux, mais seulement nécessaire. Tous les gens intelligents comprennent ce dilemme social.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 août 2018 10 h 24

      Pas "vertueux" mais inévitable, M. Maltais Desjardins.
      Et, quand il s'agit de minorités comme les Québécois francophones, souhaitable.

      On doit d'ailleurs examiner la définition de "vertueux" dans ce contexte. Sous votre plume il prend une forme acerbe, sinon accusatrice qui me déplaît au plus haut point.

      Si le but de la vie est d'être un saint, je vous laisse la palme immédiatement. S'il s'agirt de vitupérer contre les "riches" ou les "dominants", encore une fois vous aurez une belle étoile sur votre devoir. Vous démontrez votre haine avec acuité. Reste-t-il autre chose chez vous ?

      S'il s'agit de donner un regard aux plus démunis et aux plus petits, disons qu'ici comme souvent vous vous étouffez dans votre Dogme très "prolétaire de tous les pays...".

      Disons-le, selon vos propos vous ignorez totalement ce qu'est une minorité pour n'en garder que l'arithmétique la plus bébête, celle qui fonctionnait peut-être il y a cent cinquante ans, et encore!
      Vous omettez le fait évident que le Canada fonctionne dans une ghettoïsation de toutes les cultures autres que la dominante, ce qui n'a rien d'étonnant puisque QS en fait son pain et son beurre. Défendre quatre personnes très visibles au détriment des millions de pauvres, pauvres PARCE QUE francophone, est l'unique chanson dont vous vous bercez.
      De la pauvreté vous ne connaissez que celle de votre analyse sociale bourrée d'omissions grotesques.

      Même si, "à distance". vous direz que l'apartheid était détestable, vous niez que la culture ait joué ici un rôle raciste qui laisse des traces indélébiles sur les gens de la nation Québécoise, dont l'analphabétisme, la pire des pauvretés. Le négationnisme est en effet votre (pauvre) force.

      Une fois que vous avez démontré être un excellent scout de la Cause, reste à affiner vos analyses, ne serait-ce que pour tenir compte de la réalité. C'est ça, cellle sous votre nez.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 16 h 54

      Monsieur Trottier, je ne vois pas pourquoi vous donnez la peine de répondre à des propos aussi ineptes que les miens. Craignez-vous, si vous ne le faisiez pas, que quelque esprit un peu confus se laisse convaincre par mon si pauvre négationnisme? Continuez à vous donner le beau rôle, monsieur. C'est bien dommage, parce qu'à l'usage, j'ai souvent eu l'occasion de constater que vous étiez capable de bien mieux que de rosser les imbéciles.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 août 2018 18 h 59

      M. Pelletier, j’aime bien vos commentaires. Aussi, il faut laisser M. Desjardins de côté parce qu’il aime se faire l’avocat du diable. Il est encore dans l’âge du « non » intellectuel, vous savez cette période qu’on retrouve chez les enfants même si sa prose trahi une grande intelligence. La position qu’il défend est inversement proportionnelle au carré de la distance de la réalité.

      Ceci étant dit, pour les Autochtones, abolissez la Loi sur les Indiens et les réserves indiennes, et là, vous allez voir leurs problèmes de pauvreté, de sous-scolarisation, de problèmes de consommation de drogues, de violence conjugale, de suicide, de logement inadéquat, d’accès à l’eau potable et j’en passe diminuer comme une peau de chagrin. Et la Loi sur les Indiens ne s’applique peut-être pas aux Inuits, mais leurs revenus dépendent aussi de la manne des contribuables. Ils sont tous sur le BS à la différence près qu’il le reçoive directement indépendamment des chefs de leurs tribus. Dans les réserves, ce sont les chefs autochtones qui distribuent les chèques et bonjour abus de confiance.

      Et oui vous avez raison. Les chefs autochtones forment une opposition féroce vis-à-vis l’élimination des réserves parce que plusieurs deviennent très riches avec ce stratagème. Theresa Spence, l’ancienne chef autochtone d’Attawapiskat, avait un portfolio d’actions coté en bourse de Toronto qui valait plus d’un million de dollars alors que ses concitoyens vivaient dans une pauvreté extrême. Son mari travaillait pour la tribu et était payé plus de 80 000$ sans impôts, taxes ou cotisations SVP. Le salaire de la chef si situait dans les 100 000$ et plus.

      J’ai enseigné à plusieurs de ces enfants autochtones dans le nord pendant des années et donc, modestement, disons que j’ai certaines connaissances de la situation. Et ces jeunes étaient aussi brillants que les autres mais leur culture représentait presqu’un obstacle insurmontable afin d’acquérir une éducation de qualité. Triste, mais vrai.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 août 2018 19 h 04

      Je vais vous dire pourquoi.

      Depuis 10 ans des partisans de QS vomissent sur le PQ avec uje hargne assez pénible merci, au moyen de mensonges si farfelus que, ben, personne n'a répondu.

      Maintenant qu'on voit comment le mensonge peut faire gagner des votes, cf Trump, on réalise que QS a gagné des rang à coup de désinformation et de propagande puérile.

      Vous êtes en plein au milieu de bain, M. Maltais Desjardins. Plus question de vous laisser répandre de venin, aussi vain puisse-t-il être.

      C'est avec regret que je fais cette job de bras en effet. Je ne mérite pas ça, mais vous, oui.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2018 22 h 26

      Monsieur Trottier, je vous ferai remarquer qu'en fait de venin, vous le répandez aujourd'hui avec un entrain qui m'aura convaincu de le signaler aux modérateurs de cette section, s'il s'en trouve encore. Je viens ici pour discuter. Comme monsieur Dionne et quelques autres, vous semblez penser que ce lieu est une espèce de club privé où les habitués pourraient venir se conforter dans leurs idées et chasser les importuns. Vous avez tort. Et tort d'insulter aussi platement ceux qui ne sont pas d'accord avec vous. Ce que vous appelez une « job de bras » n'a pas da place ici. Je ne crois pas non plus que vous le méritiez, mais c'est votre problème, pas le mien.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 août 2018 23 h 38

      SI vous ne faisiez que discuter vous cesseriez de mentir. Ce serait un bon début.

      C'est à votre sale job de bras que je réponds, parce que je me soucie de la réalité et des gens. Pas ma faute si vous pratiquez la malhonnêteté intellectuelle en continu, mais il est peu probable que je puisse la respecter en effet.

      Et si jamais vous lisez ce que j'écris dans ces pages, vous verrez que je me commets sur divers sujets mais que je réserve ce ton aux fiel de certains seulement. Ceux qui mentent du haut de leur chaire épiscopale par exemple. En toute pure vertu.

      Mais pourquoi répondez-vous vous-même, qui dites que j'émets des âneries ?
      Vos condamnations radicales et absolues ne condamnent que vous.

      Je reste extrêmement calme si je compare mon verbe à ce que Michel Chartrand pouvait dire de, par exemple, Trudeau. Je ne vois aucun problème. Pas de mon côté en tout cas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 août 2018 06 h 36

      J'espère que vous aurez lu les troix excellentes analyses de Mario Jodoin au sujet de la littératie. Je ne vous ai traité ni d'âne ni de menteur. J'ai seulement dit, une première fois, que ce verdict était faux, et une seconde fois que c'était une ânerie. À vous de voir. Je serai bien heureux d'être détrompé, le cas échéant.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 août 2018 10 h 32

      Monsieur Dionne, vous dites

      « la Loi sur les Indiens et les réserves indiennes, et là, vous allez voir leurs problèmes de pauvreté, de sous-scolarisation, de problèmes de consommation de drogues, de violence conjugale, de suicide, de logement inadéquat, d’accès à l’eau potable et j’en passe diminuer comme une peau de chagrin »

      Comme une peau de chagrin ? Cela m'étonnerait, mais pour le reste, vous avez parfaitement raison : c'est la Loi sur les Indiens qui les a placés collectivement dans cette situation, bien qu'il serait bien condescendant de prétendre que cela excuse tous les excès commis par les individus, notamment le genre d'aberrations que vous relevez concernant les chefs.

      Là où on pourrait être en désaccord, c'est sur le fait que cette nécessaire abolition serait une condition suffisante pour réparer les torts... et que, par conséquent, toute autre demande émanant de personnes se revendiquant d'une commune appartenance serait autrement illégitime. Sans se morfondre dans une repentance qui viendrait semble-t-il d'un vieux fond moraliste ni se faire prendre pour des valises par des manipulateurs comme il s'en trouve là comme ailleurs, il y a peut-être mieux à faire en termes de réparation que de seulement ranger les vieilles pratiques et de s'en féliciter mutuellement dans des shows mainstream.