L’éthique en mal de moralité

Au sujet de la querelle entre Courville et XYZ, j’aimerais attirer l’attention des lecteurs sur un point passé inaperçu. Outre le fait que Mme Courville a investi les pages du Devoir, et deux fois plutôt qu’une, pour évoquer des faits et conflits qui ne concernaient pas le grand public a priori (la nouvelle en litige n’étant même pas publiée), son appel à l’éthique me semble illégitime.

Prendre la plume pour dénoncer ses collègues dans les journaux ne fait pas la preuve d’un sens élevé de l’éthique. D’autres moyens, plus humains, de traiter l’affaire existaient sans doute. Mme Courville a préféré crier au scandale et s’attirer des faveurs en se posant comme victime d’une situation somme toute fort courante dans tous les conseils d’administration et comités : la discorde. Celle-ci se solde généralement en toute collégialité par l’entente, le compromis ou une séparation à l’amiable.

Peut-on vraiment considérer Mme Courville comme ayant l’autorité morale pour donner des leçons d’éthique à ses collègues ou à ses détracteurs ? Salir publiquement la réputation de nos pairs (dans un milieu précaire et compétitif, qui plus est) me paraît injustifié en soi et même suspect quant aux motivations sous-jacentes. En l’occurrence, le chapeau de la vertu a les bords bien larges.

4 commentaires
  • Irène Durand - Abonnée 3 août 2018 08 h 45

    Bien dit.

    Il est temps que l'on mette les freins à la victimite qui s'institutionnalise.

  • Christian Roy - Abonné 3 août 2018 14 h 46

    La vertu de l'autocensure

    Si je comprends bien, monsieur Laverdière, madame Courville aurait fait preuve d'un sens élevé de l'éthique en ne prenant pas la plume pour dénoncer ses collègues dans les journaux. Elle aurait dû éviter de s'accorder l'autorité morale pour donner des leçons d'éthique en public à ses collègues (ex ?) ou à ses détracteurs. Elle a fait quelque chose d'injustifiable.

    Madame Courville aurait dû s'autocensurer "deux fois plutôt qu'une"... C'est ben pour dire.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 août 2018 19 h 00

      Et si je comprends bien M. Roy, personne n'a entendu parler de XYZ et encore moins de Mme Courville. Nous sommes en période estivale et la plupart des gens sont en vacances. Si tout le monde prenait la plume et serait publié dans le Devoir pour leurs doléances personnelles, ce journal compterait 1 000 pages au lieu d'une vingtaine.

      Comme le vieil adage le dit si bien, si un arbre tombe dans la forêt et personne n'est là pour écouter, est-ce que fait un bruit?

  • Vincent Collard - Inscrit 3 août 2018 15 h 44

    Grande Noirceur 2.0

    Les Québécois de 1960 ont remis le clergé à sa place.
    Il est plus que temps de faire de même avec ces nouveaux curés qui voudraient nous rendre coupables d'être libres.