Société lisse

Les récents événements qui ont marqué l’actualité culturelle n’augurent rien de bon pour l’avenir de la société. Dans leur poursuite frénétique d’un univers parfait, certaines factions n’hésitent pas à fouler aux pieds des valeurs que les collectivités occidentales tiennent pour fondamentales, voire sacrées : droit à la dissidence, liberté de penser et de parler, droit à la création.

Le paradoxe, c’est qu’au nom de revendications légitimes, on divise au lieu d’unir. Sous prétexte d’inclusion, on exclut. Au motif de favoriser le métissage des cultures, on obtient précisément l’effet inverse par des manifestations, des insultes et des menaces : on relègue chacun dans son ghetto, interdisant aux uns de parler des autres. C’est ainsi qu’un Blanc ne peut plus aborder de sujets noirs ou autochtones sans risque de lynchage public, qu’un homme ne peut plus parler de viol ou d’agressions sexuelles sans encourir les foudres de quelques féministes enragées, qu’une comédienne hétérosexuelle ne peut plus jouer le rôle d’un transgenre.

Cela heurte, choque et indispose, toutes choses interdites dans un monde qui se veut parfaitement lisse et irréprochable. Ces dérives, parfaitement prévisibles depuis l’avènement de la bienséance politique il y a quelques décennies, sont le plus souvent le fait de minorités qui ont compris que parler haut donne l’illusion du nombre. La majorité, elle, se tait. Elle ne s’aperçoit pas que les dérives des forts en gueule nous mènent tout droit vers un univers étouffant ou le masque d’une condescendante bienveillance cache le visage d’un autoritarisme draconien.

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