Des Bixi électriques?

De tous les vélos circulant dans les rues, les Bixi sont les plus indisciplinés. Souvent conduits par des touristes ou des gens peu familiarisés avec le vélo urbain, peu de Bixi respectent les règles de partage de la route dans les rues, les carrefours et les pistes cyclables, constituant un danger et une nuisance notoires à l’endroit des autres usagers de la route. Tout cela est toléré au nom du vélo en libre partage, qui vient gonfler la part modale du vélo, mais doit-on maintenant permettre à ces gros vélos lourds de se déplacer jusqu’à 32 km/h grâce à une assistance électrique ? Le danger sera aussi grand qu’avec les scooters électriques, pourtant interdits dans les pistes cyclables (même si la Ville tarde à appliquer sa propre réglementation). Il est urgent de revoir cette décision.

8 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 26 juillet 2018 00 h 56

    Des vélos à 32 km/h ?

    M. Le Blanc, vos jugements à l'emporte-pièce sont sans doute alimentés par autre chose que l'observation réelle de la circulation cycliste, et vos conclusions nous laissent croire que vous ne connaissez pas grand chose au VAE (vélo à assistance électrique).

    L'assistance électrique des VAE ne sert pas à aller plus vite, sinon en montant une pente ou en circulant avec un fort vent de face. Si on ne voit guère de vélo Bixi rouler actuellement à 32 km/h, sinon en descendant des pentes, c'est que les rapports ont été choisis pour rouler moins vite, en particulier sur ceux à 3 vitesses (la majorité). Pour rouler à une telle vitesse, il faut mouliner un peu vite.

    Il y a deux types d'assistance sur les VAE : celle qui réagit à l'effort au pédalier et celle qui réagit à la cadence du pédalage. J'ignore la technologie retenue pour les 40 vélos que Bixi entend déployer.

    Pour que l'assistance électrique se manifeste jusqu'à 32 km/h, il faudrait que les rapports soient plus longs que sur les vélos actuels. Est-ce que ce sera le cas ? Vous n'en savez probablement rien. On peut toutefois deviner que l'assistance sera très discrète et pour une bonne raison : il n'y aura pas de recharges aux stations et on procèdera par échange de batteries. On aura donc intérêt à utiliser un mode économique pour augmenter l'autonomie. Ceux qui s'attendent à avoir des Tesla à deux roues seront déçus.

    Le plus gros problème des VAE ne viendra pas de Bixi, mais des propriétaires privés de ces engins qui bidouillent (assez facilement) ces engins. Ainsi, on voit parfois des vélos accélérer sans que le cycliste pédale. C'est impossible sur un VAE. On voit ces mêmes vélos rouler assez vite (sur le plat ou en montant) sans que le cycliste pédale, ce qui est impossible sur un VAE. Les abonnés de Bixi n'auront pas le loisir de transformer illégalement les VAE qui leur seront offerts.

  • Anne Sarrasin - Abonnée 26 juillet 2018 07 h 45

    Question de sécurité

    Je pense que le commentaire du lecteur faisait aussi référence au danger que représente la présence sur les pistes cyclables de vélos beaucoup plus lourds, vu qu'ils sont équipés d'une batterie, d'un moteur, et d'un cadre plus costaud pour supporter cette surcharge. Un face à face avec un VAE représente un risque beaucoup plus élevé qu'avec un vélo normal.

    • Jean Richard - Abonné 26 juillet 2018 10 h 30

      Visiblement, il y a des mises au point à faire avant que trop d'idées fausses se propagent.

      Nous en sommes à la dixième saison de Bixi. La grande majorité des vélos qui étaient là en 2009 sont encore sur la route aujourd'hui, même s'ils ont encaissé les conséquences d'un usage pas toujours exemplaire. Or, s'ils tiennent bien la route après tant d'années d'usage parfois abusif, c'est qu'ils ont été conçus avec un impératif en tête, la robustesse. Ils doivent supporter un cycliste de 50 kg et 5 minutes plus tard, un autre de 130 kg. Et ils sont munis d'un porte-bagages capable de supporter 20 kg.

      Les vélos Bixi ont-ils besoin d'être renforcis au point d'un ajout sensible de poids ? Non, ils sont déjà très robustes. Et la question à laquelle bien peu de gens peuvent répondre : combien de kg l'assistance électrique ajoutera-t-elle au vélo ? Réponse : de 5 à 8 kg selon la puissance et l'autonomie choisies. Au Québec, la puissance maximale autorisée est de 500 watts – à peine plus qu'une petite perceuse électrique et moins qu'un aspirateur. Il n'y a pas de limite d'autonomie imposée, mais comme Bixi vise les 100 km, on pourrait avoir recours à une batterie légèrement surdimensionnée, ce qui fait que dans le pire des cas, on ajoutera 10 kg au vélo.

      C'est quoi 10 kg ajoutés ? C'est la masse d'un sac d'épicerie quand on revient du marché. C'est la différence entre un cycliste de 60 kg et un autre de 70. C'est moins qu'un enfant installé sur un siège approprié. C'est à peine plus que la masse du sac à dos d'un élève de 6e primaire. C'est moins que les 12 pizzas et les 12 bouteilles de pepsi de 2 litres s'en va livrer...

      Les pistes cyclables, qu'on aménage au compte-goutte, ne sont pas réservées aux pseudo-sportifs en sous-vêtements de lycra fluo mais elles sont et doivent rester des voies de circulation polyvalentes, sur lesquelles ont peut transporter des charges de 10 kg sans être pointé du doigt comme des menaces à la sécurité.

  • Louis Fortin - Abonné 26 juillet 2018 09 h 01

    Que des jugements

    Mon journal est-il tant en manque d'opinion pour publier parreil commentaire? Nous sommes ici dans le jugement pure et simple sans fondement autre que la méconaissance du vélo... Essayons comme ça pour voir:

    De toutes voitures circulant dans les rues, les voitures électriques sont les plus indisciplinées. Souvent conduites par des tourists ou des gens peu familiarisé avec la conduite urbaine, peu de voiture électrique respectent les règles de partage de la route...

    Je pense que vous voyez mon point...

  • Yves Roy - Abonné 26 juillet 2018 09 h 52

    précision nécessaire Monsieur Richard

    Le plus gros problème des VAE ne viendra pas de Bixi, mais des propriétaires privés de ces engins qui bidouillent (assez facilement) ces engins. On voit ces mêmes vélos rouler assez vite (sur le plat ou en montant) sans que le cycliste pédale, ce qui est impossible sur un VAE.
    Je possède un VAE de marque Velec depuis 2 ans et il y a sur cet engin une poignée pleine capacité sans que j'aie besoin de pédaler. Et je n'ai rien bedouillé. Cela dit, le danger sur les pistes cyclables ne viendra pas nécessairement davantage des Bixis électriques. Qu'il soit piéton, cycliste, motocycliste ou automobliliste, le danger réside dans le comportement du dangeureux.

    • Jean Richard - Abonné 26 juillet 2018 17 h 58

      Soit pour ce détail : j'ai confondu avec la législation européenne, où le principe au départ est « Si on ne pédale pas, on n'avance pas ».

      D'ailleurs, la législation européenne est plus stricte : puissance maximale 250 watts et vitesse maximale d'assistance 25 km/h. En revanche, le casque n'est pas obligatoire, du moins à l'échelle européenne (il est possible que des pays puisse légiférer là-dessus). Il existe une catégorie de vélos électriques plus rapides (25 à 45 km/h) et sans pédalage obligatoire. Pour ceux-là, le casque et l'immatriculation sont obligatoires.

      Il faudra voir le choix de Bixi. Pour obtenir une autonomie de 100 km, il faudra sans doute s'en tenir à l'assistance au pédalage. La pleine capacité ne le permettrait pas à moins de grossir la batterie (solution coûteuse). Chose certains, il y a des gens qui s'énervent inutilement. Il n'y aura que 40 VAE sur un réseau de plus de 6000 vélos. On n'en verra pas tous les jours...

      Enfin, vous le dites en d'autres termes : les lacunes d'éducation sont indifférentes au véhicule. Un comportement dangereux à pieds, à vélo, en moto, en voiture ou en camion, ça reste inacceptable.

  • Jean-Charles Vincent - Abonné 26 juillet 2018 11 h 34

    Pluie sur la parade

    Comme dit la chanson je vais ''envoyer un peu de pluie sur la parade'' des commentaires négatifs. Pourquoi à chaque fois que quelqu'un soulève un point légitime et important sur les ''vélocistes'' de tout acabit, comme le fait M. Le Blanc, les sentinelles de la bien pensance vélocipédiques montent au créneau? Je travaille avec un véhicule dans le centre ville de Montréal et je peux affirmer que les utilisateurs de Bixi sont beaucoup moins disciplinés que les vrais cyclistes réguliers et d'expérience. Ces derniers (presque tous) font leur arrêts coin Berri/Viger où il doivent freiner fort en direction sud et coin Maisonneuve/McGill College, et ailleurs aussi. En revanche les utilisateurs de Bixi par un espèce de dédouanement inversé, grace à leur effort à vélo, font souvent fi des règles sans compter qu'ils sont souvent mal protégé, ou comble, ont les écouteurs dans les deux oreilles. Mettez leurs un moteur électrique et une batterie et ont a là un cocktail dangereux. Je crois qu'il est tout a fait pertinent de bien réfléchir à cette nouvelle offred de Bixi . Une bonne idée les Bixi électriques? Pas sûr!!.