Une nation éclatée et solidaire

J’ai eu beaucoup d’intérêt à comparer les articles de MM. Vil et Rioux sur la victoire de l’équipe de France. Nous avons eu une belle démonstration de deux visions opposées, ce qui est à la mode depuis les événements de SLĀV.

Néanmoins, je suis agacé par les « oublis » de ces deux visions appliquées au cas français. Il est vrai que le traitement des gens issus de l’immigration est loin d’être rose en France. C’est oublier que la fonction publique française, vue comme un tremplin social chez nos cousins, a des programmes pour favoriser l’embauche (PACTE) ou la préparation aux concours (CPI) qui s’adressent aux populations défavorisées, où les immigrants sont surreprésentés. Il est aussi vrai que le modèle républicain est un outil de cohésion sociale et qu’il se base sur le mérite. Cependant, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a certaines pratiques discriminatoires en France qui doivent être sérieusement combattues. J’ai une amie là-bas, de père égyptien et de mère française, qui doit utiliser le nom maternel pour maximiser ses chances de passer en entrevue. Ceci l’agace énormément, car elle se sent profondément française.

Je crois que la deuxième victoire de la France confirme sans aucun doute la place des Français d’adoption dans le rayonnement de l’Hexagone. Elle est dans la continuité du « black-blanc-beur » de 1998. La France montre ce qu’elle est, éclatée tout en étant solidaire, paradoxale comme elle sait si bien l’être. Je crois que c’est une belle inspiration pour le Québec. Une nation est la somme d’individualités qui forment la collectivité, ce qu’on oublie fréquemment. Cependant, il faut dépasser la méfiance perpétuelle des uns et la nonchalance aveugle des autres pour y arriver.

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