Dictature rime avec censure

Dans la foulée de l’excellente chronique de Francine Pelletier sur SLĀV et le débat public qui s’en est suivi, j’aimerais ajouter que si certains des manifestants devant le TNM ont pu se targuer d’être des descendants d’esclaves, madame Bonifassi et monsieur Lepage pourraient, à juste titre, prétendre être les descendants de toutes ces personnes de race blanche qui ont combattu le racisme et l’esclavagisme. Et pour des milliers d’entre eux, ils l’ont payé de leur vie. Sans eux, l’esclavagisme, existerait peut-être encore.

En tout respect pour eux, s’il existe plusieurs « nuances de gris », il existe aussi plusieurs nuances de noir et plusieurs nuances de blanc. Ce que nos ancêtres ont subi, toutes couleurs de peau confondues, ne nous qualifie nullement pour réclamer l’exclusivité d’opinion sur quel que sujet que ce soit. La censure et l’intimidation sont de la même eau que l’esclavage, à savoir la négation des droits fondamentaux des êtres humains.

Pour ceux qui l’ignorent, Lincoln, ce n’est pas seulement une marque d’automobiles. Si on peut déplorer certains comportements de nos ancêtres, nous n’en sommes pas responsables et nous ne les approuvons pas du tout. Corrigeons ce qui peut l’être, mais pas au point de s’autoflageller et de nous nier nous-mêmes. On dénonce le racisme haut et fort et on n’a pas à s’en excuser ni à s’en expliquer à qui que ce soit. Prétendre à l’exclusivité de la connaissance et de la pensée, ça s’appelle de la dictature et ça rime avec censure.

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