Un mode de scrutin archaïque

Dans son éditorial du 18 juillet, Jean-Robert Sanfaçon se questionne sur le fait que les Ontariens, « ces Canadiens si raisonnables, politiquement toujours si corrects et financièrement si rationnels », aient voté pour Doug Ford. Or, les Ontariens n’ont pas voté majoritairement pour M. Ford. Encore une fois, les déformations de notre mode de scrutin sont à la source du problème, car selon les résultats, 60 % des Ontariens qui ont exprimé leur vote, soit la grande majorité, n’ont pas voté pour Ford. Sans oublier que seulement 58 % ont voté. Donc, ces Ontariens habituellement si raisonnables sont loin d’avoir donné majoritairement leur vote à M. Ford, bien que celui-ci ait obtenu une majorité de sièges et tout le pouvoir. Ils sont simplement les victimes d’un mode de scrutin dépassé qui depuis longtemps, autant au provincial qu’au fédéral, ne reflète plus la volonté populaire.

16 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 20 juillet 2018 08 h 01

    Duh! Nous vivons dans un système de monarchie constitutionnelle

    Vous critiquez le mode scrutin en Ontario alors qu’il est le même partout au Canada? Les conservateurs ont gagné avec un gouvernement majoritaire tout comme les libéraux de Justin Trudeau avec seulement 40% des voix. En Ontario, de toute façon, les gens voulaient un changement et celui-ci ne s’appelait pas le NPD.

    Nous vivons dans un système de monarchie constitutionnelle où les gouvernements majoritaires ont les pleins pouvoirs législatifs et exécutifs. On pourrait même jusqu’aller aux pouvoirs judiciaires parce c’est le premier ministre qui nomme les juges de la Cour suprême à sa guise en faisant fi du Parlement. Idem pour les juges « Post-it » dans les provinces par les premiers ministres.

    Notre roi élu, Justin, peut passer les projets de lois qu’il veut parce qu’il n’existe aucun contre-pouvoir. Ceux qui mentionnent la Cour suprême se trompent. Elle ne peut pas légiférer ; elle peut seulement dire si le projet de loi est constitutionnel ou pas. Comme remède, il y a le système électoral proportionnel ou on peut élire les sénateurs et que le Sénat soit véritablement issu de la volonté du peuple et non pas une maison de pacotille. On peut aussi tout simplement changer de système électoral ; du parlementarisme au système républicain. Pourtant, notre adolescent aux demains ensoleillés, licornes incluses, en avait fait une promesse électorale de premier plan pour changer notre mode de scrutin. Elle a été reléguée aux oubliettes une fois l’élection passée.

    De toute façon, lorsqu’on envisagera un système republicain, il est préférable d’avoir notre propre pays.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 juillet 2018 09 h 43

      @Cyril Dionne,

      "Notre adolescent aux demains ensoleillés, licornes incluses, en avait fait une promesse électorale de premier plan pour changer notre mode de scrutin.." - Cyril Dionne

      Mieux vaut être sourd que d'entendre ça.

      — Est-il nécessaire de rappeler que votre PQ a non seulement évacué le scrutin proportionnel de son programme en 2011, mais qu'il l'avait eu durant des décennie à son programme sans jamais l'avoir adopté?

      Christian Montmarquette

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 juillet 2018 12 h 58

      Monsieur Montmarquette,

      Votre acharnement obsessionnel à "varger" sur le PQ, alors que le combat devrait manifestement se porter ailleurs, me fait bien sourire. Vous êtes tellement prévisible qu'on n'a plus aucun mérite à vous voir venir.

      Si, comme tous le prédisent, le PQ disparaît de l'écran radar au prochain scrutin, vous ne saurez plus désormais sur quel clou taper. Je tiens néanmoins à vous assurer de tout mon soutien moral dans ces moments pénibles que vous aurez alors à traverser.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 juillet 2018 13 h 57

      Est-il nécessaire de rappeler que votre parti, Québec solidaire, devrait évacuer le scrutin proportionnel de son programme de 2018 et le remettre qu’à l’an 3 000 parce que vous ne serez jamais élu comme gouvernement, 8% oblige.

      Ceci étant dit M. Montmarquette, vous savez que le Parti libéral du Canada rime avec le Parti libéral du Québec et Québec solidaire. Tous trois sont des partis de multiculturalistes endurcis et ne se gênent pas pour monter aux barricades afin de dénoncer tous les Québécois de souche parce qu’ils sont supposément des privilégiés qui pratiquent une discrimination rampante. Ceux qui osent s’opposer à leurs dictats sont certainement des racistes à leurs yeux. Vous voulez une p’tite « SLĀV » ou une p’tite « Kanata » avec votre cocktail nocif d’appropriation culturelle?

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 juillet 2018 15 h 32

      "8% oblige." - Cyril Dionne

      QS n'est pas à 8%, mais oscille entre 11% et 12%, soit à 3 points de différence avec votre parti (PQ 14%) selon le dernier sondage Mainstreet L'actualité. Et ceci, alors que la campagne n'est même pas encore commencée et que QS a déjà atteint 18% à la grandeur du Québec et 21% dans la grande région de Montréal.

      Si vous espérez gagner des votes, commencez donc par être honnête et par respecter le public en donnant les justes informations.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 juillet 2018 16 h 10

      @ Cyril Dionne,

      - Qu'est-ce que le multiculturalisme et SLAV ont à voir avec le changement mode de scrutin?

      - RIEN.

      À court d'arguments, vous changez de sujet.

      Y'a rien d'autre à retenir dans une réponse aussi insignifiante que celle-là.

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 21 juillet 2018 00 h 02

      Cher M. Montmarquette,

      Vous citez un sondage suspect de Recherche Mainstreet du 15 avril 2018. Maintenant, lorsqu’on cite celui de Léger-Le Journal/Le Devoir du 12 mai 2018, le PQ reçoit 22% des intentions de vote contre seulement 10% ou 9% pour QS (ce sera 8% ou moins le 1er octobre 2018 si vous êtes chanceux). Et votre chef, Manon Massé, reçoit seulement 5% d’appuis pour la meilleure Premier-ministre. Seulement 1% croit que QS va gagner les élections. Trop drôle. Demeurer dans votre ghetto de Montréal et vos deux ou peut-être trois circonscriptions.

      Qu'est-ce que le multiculturalisme et SLAV ont à voir avec votre parti? Eh bien, vous allez le réaliser encore une fois le 1er octobre prochain.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 juillet 2018 11 h 27

      @ Cyril Dionne,

      "Vous citez un sondage suspect de Recherche Mainstreet du 15 avril 2018. Maintenant, lorsqu’on cite celui de Léger-Le Journal/Le Devoir du 12 mai 2018, le PQ reçoit 22% " - Cyril Dionne,

      Mainstreet n'a rien de suspect, puisqu'il calcule au contraire "une moyenne" des divers sondage plutôt que de mettre l'accent sur un seul.

      L'article de référence est daté du 11 juillet et reflète donc une tendance générale de juin 2017 à juin 2018. Sans compter que le dernier CROP de juin n'accordait plus que 11% au PQ.

      Référence:

      "Ce que nous disent les sondages" - L'actualité, 11 juillet 2018, Philippe J. Fournier

      Christian Montmarquette

      .

  • Gilles Bonin - Abonné 20 juillet 2018 08 h 23

    Cela appelle

    à une sérieuse réflexion sur les modes de scrutin et les constitutions. Les modes de scrutins varient beaucoup et font trop souvent l'objet de tripotage (ex. en France, Mitterrand en établissant une porportionnelles en 1985 a permis à LePen de gagner de nombreux sièges). Le mode angalis que nous avons a donné René Lévesque et donne aujourd'hui Doug Ford. Je ne sais quel système exactement avait l'Allemagne en 1933, mais Hitler a pu prendre le pouvoir avec 33% des voies et la proportionnelle absolue en Israël en fait un état soumis aux extrémistes religieux et vient de donner une loi inique «instituant l'apratheid». Et les constitutions, elles, sont souvent trop maléables au gré des gens au pouvoir à certains moment (voir ces présidents qui trafiquent leurs constitutions pour garder le pouvoir à vie) ou sont figées de par les nominations à leur Cour suprême (voir les USA) et ici au Canada par un mode de modification trop contraignan; et même le recours au référendum n'est pas une solution qui sauve la démocratie(voir récemment en Truquie). Misère et long casse-tête...

  • Christian Montmarquette - Abonné 20 juillet 2018 08 h 51

    Un mode de scrutin aussi aliénant qu'inéquitable

    Quand on sait qu'avec le mode de scrutin actuel, le Parti libéral n'a besoin que de 25,000 votes pour faire élire un député, alors qu'il en faut 105,000 à Québec solidaire. C'est dire à quel point ce mode de scrutin archaïque est aussi antidémocratique, non représentatif qu'inéquitable.

    Christian Montmarquette

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 juillet 2018 13 h 03

      Vos lamentations me laissent de marbre. Les procédés du PLQ pour faire élire un député avec 25,000 votes sont bien connus. Rien n'empèche Québec solidaire de faire pareil, si bien sûr tel est son désir.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 juillet 2018 15 h 08

      @ Jean-Charles Morin,

      "Les procédés du PLQ pour faire élire un député avec 25,000 votes sont bien connus (...) Rien n'empèche Québec solidaire de faire pareil" - Jean-Charles Morin

      Ce procédé antidémocratique endossé autant par les libéraux que les péquistes est le scrutin majoritaire; ce n'est pas QS qui va endosser ça.

      QS défend le scrutin proportionnel comme le proposait René Lévesque lui-même qui qualifiait notre mode de scrutin "d'infect", alors que vous proposez de l'endosser.. C'est tout dire..!

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Mode de scrutin proportionnel - Antidote à la division du vote souverainiste" - Le Devoir

      "Le PQ n’a plus de position sur la question cruciale de la réforme du mode de scrutin. Il a en effet biffé, à son congrès de 2011, son appui au scrutin proportionnel que son programme préconisait pourtant depuis 1969. Ce dernier a, en quelque sorte, fait partie de l’ADN du PQ lorsqu’il était sous la direction de son fondateur, René Lévesque, qui a d’ailleurs dénoncé le scrutin majoritaire comme « démocratiquement infect »."

      https://www.ledevoir.com/opinion/idees/359168/antidote-a-la-division-du-vote-souverainiste

      .

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 juillet 2018 21 h 55

      @Christian Montmarquette:

      Je constate que l'on ne s'est pas vraiment compris.

      Dans le scrutin majoritaire actuel, pour faire élire un député, il suffit de convaincre plus d'électeurs à voter pour vous que chacun de vos adversaires pris séparément. C'est là le "truc" trouvé par les autres partis. Il n'y a rien de sorcier là-dedans. La simplicité du procédé constitue sa plus grande qualité.

      Avec la brochette de candidats exceptionnels dont dispose Qs et le programme formidable qu'elle propose, le défi ne devrait pas être trop difficile à relever. En fait un balayage dans ces conditions ne devrait être qu'une pure formalité. Alors, dites-moi, pourquoi cela n'arrive-t-il pas? Qu'est-ce qui vous retient? Pourquoi ce manque de confiance dans vos capacités? Pourquoi tenir tant faire entrer des députés au parlement d'après des listes dressées de manière arbitraire au moyen de formules compliquées alors que ces derniers n'ont pas réussi à obtenir la confiance d'une pluralité d'électeurs sur le terrain? Et on ne parle même pas ici de majorité absolue.

      Dans les faits, les candidats de Qs n'ont obtenu à date que des scores anémiques en dehors des limites du ghetto francophone sur l'île de Montréal. Il faudrait se demander sérieusement pourquoi votre parti semble incapable de convaincre davantage de gens à sa cause. Il semble y avoir un problème quelque part. Lors de leur tournée "Faut s'parler", GND et son copain Aussant n'ont sans doute pas visité les bonnes cuisines...

      Vous vous plaisez à citer René Lévesque qui aurait, semble-t-il, dénoncé le système actuel comme "démocratiquement infect". Pourtant, en dix ans de pouvoir (1976-1985), il n'a pas cru bon de le changer alors qu'il le pouvait. Aurait-il alors compris quelque chose qui vous échappe? À moins bien sûr qu'il ne se soit fait "infecter". Allez savoir...

  • Jean-François Trottier - Abonné 20 juillet 2018 10 h 36

    Le pire n'est pas le mode de scrutin

    M. Gagné, même si l'on reconnaît que Doug Ford n'est pas élu majoritairement, il reste que la montée de la droite conservatrice, appuyée par le Bible Belt et des organisations pro-armes entre autres, est assez fulgurante un peu partout en Amérique.

    Sauf au Québec, probablement parce que nous avons connu la terreur religieuse merci. Quoique...
    Malheureusement il est de mode d'accepter, sous couvert de tolérance, que les religions prennent de plus en plus de place en politique. On recommence à confondre Foi et Religion, mélange faux, détonnant et dangereux. La Bête n'est jamais loin.

    Il est vrai que notre mode de scrutin est faussé. Mais tant qu'un seul dirigeant sera d'un coup chef des pouvoirs législatif ET exécutif, je ne vois même pas l'intérêt de le modifier.
    Remarquez, je ne suis pas contre. Je trouve simplement qu'on vise à côté.

    Proportionnelle ou pas, on finit toujours par élire un fou manipulateur qui aura dès lors droit de vie et de mort sur tout le monde. Je n'exagère en rien. Sous certaines précautions le premier ministre du Canada peut faire à peu près n'importe quoi sans être inquiété, sauf crainte de ne pas être réélu si jamais ses actions les moins jolies sont connues.

    Même si Trump a le gros bout du bâton parce qu'il est chef de l'exécutif, il n'a pas tous les pouvoirs. S'il fallait qu'il puisse agir comme un PM du Canada, ce serait l'horreur pure.

    D'autre part, pour M. Bonin, Hitler a été élu avec 43% des votes, pas 33. L'Allemagne avait un système de comtés à l'intérieur desquels le vote était proportionnel mais je ne sais pas combien de représentants étaient élus dans chaque comté.

    Le mode de scruitin, c'est bien. L'équilibre des pouvoirs, c'est essentiel. Sinon Trump, sinon Hitler, sinon des illuminés sûrs d'avoir raison.

    La vraie démocratie passe par une remise en question de tous les jours... et pas de pleins pouvoirs!

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 juillet 2018 19 h 40

      @ Jean-François Trottier,

      "Tant qu'un seul dirigeant sera d'un coup chef des pouvoirs législatif ET exécutif, je ne vois même pas l'intérêt de le modifier..." - Jean-François Trottier

      L'intérêt étant d'augmenter le droit de parole de l'opposition et que cette opposition soit ainsi mieux financée; faire circuler des idées et des valeurs; changer les mentalités; faire fonctionner la démocratie; donner une chance aux tiers partis de progresser et avoir une meilleure représentation générale de l'opinion publique.

      Incroyable que ce genres de "détails" aient pu vous échapper.

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 21 juillet 2018 18 h 48

      Certaines choses ne m'échappent pas. M. Montmarquette.

      Tout d'abord votre ton provocateur et désagréable, rageur et revanchard.
      Ensuite le besoin que vous sentez de bien isoler le sujet sur une SEULE ligne bien précise, qui concerne uniquement le vote proportionnel, alors que tout en étant en faveur je fais remarquer que ce n'est pas une panacée universelle, tant s'en faut.

      Vous croyez parler de façon rigoureuse alors qu'en fait votre discours est restrictif. Il est ÉVIDENT qu'il y a un lien entre les élections et le pouvoir qui en découle, vous ne saviez pas ou bien vous jouez à l'imbécile?
      Pour le moment tout ce que vous démontrez est que vous souhaitez, quand votre Parti arrivera "comme prévu" enfin à sa place, il aura tous les pouvoirs.
      Votre refus d'élargir le débat est hautement anti-démocratique. Vos oeillères, elles sont confortables ?

      Dans le même ordre d'idée, selon ce qu'on devine dans le brouillard idéologique de QS sa seule motivation pour l'indépendance est d'avoir les pleins pouvoirs, seul.
      Parce que sinon, ben faudrait expliquer un peu, non ? En 12 ans pas une SEULE explication... Wow!

      Votre absolutisme dépasse largement sous le jupon, tant par la censure que vous tentez de m'imposer selon une très cocasse rigueur, que dans une vision hallucinée selon laquelle avoir le pouvoir, c'est avoir les pleins pouvoirs.

      Évidemment pour vous le Programme du Parti est Parole d'Évangile. Qu'une seule personne sur la terre puisse en ajouter à cette Oeuvre Parfaite est inacceptable et mérite des quolibets.
      Serais-je un sociopathe dangereux qui mérite de se faire fermer la gueule ? Vous le pensez en tout cas.

      Vous vous posez en représentant officiel de la Cause et c'est selon cette impression que j'ai décidé de rejoindre le PQ. C'est ça QS? Au secours!

      Si vous trouvez à redire sur mon ton, sachez que je le réserve à ceux qui le méritent. Par exemple ceux qui font de la restriction mentale et de la petite manipulation ordinaire.