Agir pour le vivre-ensemble

La chronique de Josée Blanchette du vendredi 13 juillet dernier au sujet de Fred Pellerin exigeait lecture… et relecture. Parce que celle-ci était archiriche.

« Le Fred », comme Josée Blanchette le surnomme ici et là dans son texte, s’emploie, dit-elle, à sauver le pays « une personne à la fois » et l’on se prend à croire réellement à cette méthode qui consiste à quêter le meilleur dans chaque personne en échange du meilleur de soi ; comme par effet de miroir.

Ce n’est pas sans raison que « le Fred » parle à un moment donné d’urbanité et j’ai alors pensé à cette délicieuse chose émise un jour par Giraudoux qui dit que l’urbanité rêvée se résume par le « respect d’autrui et de soi-même ».

Bref, on sort du texte de madame Blanchette rasséréné, assuré que chacun, dans son milieu, a le devoir de constamment faire quelque chose pour le vivre-ensemble ; le devoir de manifester résolument sa façon d’être en vie afin de semer sinon de la fierté, du moins de l’espoir. Fred Pellerin constate que « le sens est rare » si personne ne donne un peu de « swing au quotidien »…

6 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 19 juillet 2018 10 h 28

    Vieilles et nouvelles racines

    M. Martin, je vous lis et, étrangement, une certaine colère monte en moi.

    Beaucoup parmi ceux qui parlent le plus de tolérance sont les plus intolérants pour ceux qui ont de la difficulté à s'ajuster aux nouvelles réalités de notre société.

    Ceux-là ont la condamnation facile, parlent d'inclusion... à l'exclusion de tout ce qui n'est pas "autre", sont solidaires de tout ce qui diffère du passé... Et alors je pense aux gens qui sont enracinés ici depuis plus des siècles. J'en braillerais.

    Des siècles de semi-esclavage économique et de totale oblitération mentale.Un peuple qui existe malgré lui et qui s'en excuse presque.
    Des gens dont la majorité est encore analphabète, qui devraient automatiquement accueillir des immigrants dont hier ils ne connaissaient même pas l'existence.

    Analphabète, c'est ça!
    Aujourd'hui, ça signifie être le plus démuni des démunis face aux changements. Ne détenir aucun levier sur sa vie, c'est dur. Sur des générations, c'est dévastateur.

    On parle de 50% de la population québécoise, presque tous francophones unilingues.

    Selon mes propres racines, voisines des leurs, je suis révolté par la façon dont "on" traite ces gens. "On" parle en leur nom, "on" dit que leur problème est économique, "on" les confond avec les nouveaux arrivants comme formant une masse que l'on ose qualifier de classe sociale, ce qui ne serait pas faux si l'analyse n'en restait pas là.
    Or elle reste là, infecte de médiocrité intellectuelle voulue.

    Au détour "on" les traite de mononc', d'attardés, de non-inclusifs.

    Ce sont eux, dans leur culture héritée puisque non transmise, qui ont besoin de soutien et surtout pas de condamnations hystériques. Soutien ? Écoute d'abord.

    Ce message pas nébuleux du tout s'adresse aux vendeurs de minounes usagées "inclusifs".
    Couillard.
    Leitao.
    Massé.
    Nadeau-Dubois.

    Et leurs sbires.

    Chantres d'un "Nouvel Ordre", curés coincés, faux intellectuels sans âme, gestionnaires de la misère et traîtres pour les plu

    • André Joyal - Abonné 19 juillet 2018 11 h 59

      Monsieur Trottier : mille mercis pour cette mise au point.
      Pour dire vrai, suite à la lecture de la chronique de J. Blanchet, je ne savais trop ce que je
      devais en dégager, comment la comprendre vraiment.
      Or, si la lecture qu'en fait R. Martin est juste, je vous donne tout à fait raison.

      Ce qui m'étonne, c'est que j'ai toujours dégagé des commentaires de M.martin, fréquents dans ces pages, une identité de vue avec les miennes, moi qui m'identifie comme étant un identitaire. On comprendra que, pour moi, être identitaire n'a rien de péjoratif comme l
      l'estiment les bien-pensants du vivre-ensemble, très portés sur les bisounours. Etre identitaire, c'est connaître ses racines, en être fiers, en souhaitant les préserver à travers les générations futures. Ceci, tout en en respectant «l'Autre» (quel affreux terme!), que l'on invite à se joindre à notre destin collectif plutôt que de contribuer à le modifier radicalement.

      En conséquence, j'invite M.Martin à nous revenir afin de nous expliquer en quoi il diffère (s'il y a lieu) de vous et de moi sur notre avenir collectif.

  • Réjean Martin - Abonné 19 juillet 2018 11 h 49

    pas nébuleux, vous dites ?

    ce que je comprends, Monsieur Trottier, c'est que vous appelez à plus de révolte; révolte contre nos conditions?

    • André Joyal - Abonné 19 juillet 2018 15 h 04

      Tant qu'à y être, pourquoi ne pas donner la réponse fournie à Louis XIV le jour de la prise de la Bastille
      alors qu'il croyait en une possible révolte. «Non sire» lui a-t-on répondu: «C'est une révolution!»

    • Jean-François Trottier - Abonné 19 juillet 2018 22 h 42

      Pas du tout, M. Martin.

      Je dis que ceux qui prétendent offrir des solutions extraordinaires oublient au passage d'aimer ces gens, aussi petits qu'ils puissent sembler.

      Ils les "gèrent" ou "prennent leur défense" pour des raisons plus idéologiques qu'autre chose. Ils parlent en leur nom et à leur place mais leur interdisent de nommer leurs malaises selon leur morale de bien-pensants.

      Tous parlent d'une nouvelle ère pleine de promesses... à la condition d'avoir les pleins pouvoirs. Et le pire est qu'en effet ils risquent d'y arriver.

      Vous remarquerez que je dis à qui je m'adresse, ce qui est fichtrement plus honnête que certaines autres accusations de traîtrise ces derniers temps. 4 personnes et ceux qui les suivent aveuglément ou par intérêt. On est un peu loin de la révolte, non ?

  • Réjean Martin - Abonné 19 juillet 2018 16 h 02

    mon cher André


    Mon cher André (que je n'ai jamais revu depuis son passage à T-rivières), je me vois en parfait accord avec ce que tu dis: «Etre identitaire, c'est connaître ses racines, en être fiers, en souhaitant les préserver à travers les générations futures. Ceci, tout en en respectant «l'Autre» (quel affreux terme!), que l'on invite à se joindre à notre destin collectif plutôt que de contribuer à le modifier radicalement». Et je ne crois pas , dans ma lettre, m'être trompé en saluant Fred qui tâche de mettre du sens dans cette «société de l'ennui» (selon mon expression coutumière), tâche de faire quelque chose invite à en faire autant; chacun de ce qu'il maîtrise...