Notre premier ministre est-il «Philou»?

Sur les planches du Zoofest, où l’on reçoit même les bêtes curieuses, Marie-Lyne Joncas, humoriste à ses heures, sera passée du vouvoiement au tutoiement, puis de Philippe à Phil, et de Phil à Philou, dans le cadre d’une heure d’entrevue avec le premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard. Voici donc notre premier ministre devenu « Philou ». On imagine les grands titres au lendemain d’une autre victoire libérale : « Philou, quatre ans de plus. » Ou encore la réaction des libéraux célébrant leur victoire : « Notre Philou à la tête du gouvernement. » Et que dire ensuite des cris d’indignation jetés à la face du pouvoir quand les habituelles promesses électorales se transforment une fois de plus en inévitables compressions budgétaires : « Philou un jour, toujours Philou. » Le premier ministre du Québec n’est pas « Philou ». Que l’on soit libéral ou non importe peu. Il n’est « Philou » que dans l’ombre. À l’abri des regards du public. Entre « Philou » du même milieu. Pour les autres, simples citoyens et citoyennes du Québec, la fonction de premier ministre exige un minimum de respect, d’honneur, d’intégrité, où un « Philou » n’a pas sa place. Ne serait-ce que pour éviter d’horribles malentendus.

8 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 16 juillet 2018 05 h 55

    Le respect...


    Un premier ministre qui respecte sa fonction ne doit pas se prêter à ce genre d'exercice. L'approche du scrutin électoral n'autorise pas tout. Il est vrai que la notion de respect semble tomber en désuétude dans notre société du tout-va. Stephen Harper, dont je n'étais pas un admirateur, avait au moins la décence et le bon jugement, lorsqu'il était premier ministre, de ne pas faire pareille pitrerie.

    M.L.

  • Bernard Terreault - Abonné 16 juillet 2018 08 h 12

    Philou ou filou ?

    Philou, ça se prononce filou. Y a-t-il un rapport entre les deux ?

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 16 juillet 2018 09 h 04

    Les surnoms de nos politiciens: une question d’estime... ou de mépris


    Les Québécois savent rire ou se moquer quand il s’agit de définir ceux qui les respectent de ceux qui les trompent, avec affection quelquefois, avec cynisme d’autrefois.

    Maurice Duplessis: le Chef
    Daniel Johnson: Danny Boy
    Bourassa: Boubou, le mangeur de hot-dog
    Charest: Patapouf, le Frisé, Johnny Boy
    Lévesque: Ti-Poil
    Parizeau: Monsieur
    Couillard: Cocouille, Phil-Flop, Philou (homophone Philou pour Filou?)
    Lesage: Ti-Jean-la-Taxe
    Pauline Marois: la Castafiore
    Amir Khadir: Godasse Khadir
    Lucien Bouchard: Lulu
    Mario Dumont: Super Mario, la Girouette
    Pierre-Elliot Trudeau: Ti-Pet
    Justin Trudeau: Justintin, Petit-Pet, Petite Patate ("xiao tudou" en mandarin)
    Etc...

  • Jana Havrankova - Abonnée 16 juillet 2018 10 h 42

    Glorifier l'image ou respecter la fonction ?

    Un politicien, en particulier un premier ministre, qui ne veut pas participer aux événements populaires, passera pour hautain, insensible, détaché du peuple. S’il y participe, il sera accusé d’abaisser sa fonction. Dilemme…

    À notre époque, accro aux images, peu préoccupée par le respect pour la fonction d’un individu, il est sans doute préférable de se montrer, quitte à faire le clown. Les clowns peuvent — hélas! — gagner les élections, contrairement aux politiciens invisibles.

  • André Labelle - Abonné 16 juillet 2018 11 h 11

    C'est à nous de choisir !

    Philou : diminutif affectueux. Personnellement rien à voir avec le presonnage politique québécois.
    Filou : là le terme me rejoint plus et j'ai tendance à y voir un rapprochement.

    Mais à chacun de choisir. La langue française est vraiment subtile et ... réaliste.

    «La réputation est un préjugé vain et fallacieux : souvent gagnée sans mérite et perdue sans justice !»
    [William Shakespeare]

    • Marc Therrien - Abonné 16 juillet 2018 16 h 35

      Ah! La réputation! Cet aspect de l’identité personnelle qui nous indique que celle-ci dépend des autres pour être confirmée et qui faisait dire à Paul Valéry : «Ma réputation, n’est-ce pas le triste effort que je suis obligé de faire pour imiter l’image fausse que vous vous faites de moi ?»

      Marc Therrien